Éducation

Rentrée: la CSQ demande d'avoir le courage de dire que ça ne va pas bien en éducation

«C’est quoi avoir du courage en éducation? C’est être capable de se dire que ça ne va pas bien parce qu’il y a un problème de financement.»

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Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras, photographié lors d'une conférence de presse à Montréal, le 26 mars 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras, photographié lors d'une conférence de presse à Montréal, le 26 mars 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

À quelques jours de la rentrée scolaire et du déclenchement de la campagne électorale, le président de la CSQ, Éric Gingras, demande aux partis politiques d’avoir «le courage» de dire que «ça ne va pas bien» en éducation et d’y remédier en réinvestissant.

«C’est quoi avoir du courage en éducation? C’est être capable de se dire que ça ne va pas bien, que ça ne va pas bien parce qu’il y a un problème de financement. Ça ne va pas bien parce qu’il y a un problème de pénurie. Ça ne va pas bien parce que les tâches sont lourdes. Ça ne va pas bien, parce qu’il y a de la précarité, qui cause un problème de rétention et d’attraction du personnel», a lancé M. Gingras.

Le président de la Centrale des syndicats du Québec et ceux de ses trois fédérations, qui représentent les enseignants, les professionnels et les employés du soutien scolaire, ont rencontré la presse, lundi à Montréal, dans le cadre de la traditionnelle conférence pour la rentrée au primaire et au secondaire.

S’ajoutent à ces problèmes les questions de violence, du numérique, de l’intelligence artificielle et des infrastructures.

M. Gingras a indiqué avoir déjà rencontré les partis politiques. Invité à dire lequel, alors, a le «courage» qu’il demande en éducation, M. Gingras a répondu: «c’est une période où les partis politiques nous font tous un petit peu la cour. Ils sont toujours plus faciles à parler, à être écouté. Maintenant, est-ce qu’on va être entendu? Je n’ai pas de parti politique qui sont plus à l’écoute que d’autres. Je vous dirais que le fait de pouvoir les rencontrer, c’est une chose. Maintenant, on attend la campagne électorale et on sera en mesure de commenter».

La CSQ revient donc à la charge avec sa demande de tenir des états généraux sur l’éducation qui réuniraient les acteurs du réseau, afin d’établir un plan en éducation pour les 15 ou 20 prochaines années. La dernière grande réflexion en éducation remonte à 1995, a rappelé M. Gingras.

Professionnels, soutien

Le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire, Éric Pronovost, souligne qu’en avril dernier, il manquait 612 techniciennes en éducation spécialisée au Québec et 888 éducatrices en milieu scolaire.

«En 2016-2017, on était autour de 180 000, en 2024-2025, on est à 250 000 élèves avec des besoins particuliers», souligne M. Pronovost.

Pénurie d’enseignants: quelle est la situation dans les régions du Québec? On apprenait plus tôt cette semaine que plus de 3000 postes d’enseignants sont toujours à pourvoir en vue de la prochaine rentrée scolaire. On fait le point sur la situation en Estrie, en Mauricie et au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les professionnels de l’éducation également sont touchés: orthophonistes, psychologues, psychoéducateurs, par exemple. «On a eu 500 membres de moins en 2025», a relevé Caroline Desmarais, présidente de la Fédération du personnel professionnel de l’éducation. Absences non remplacées, postes laissés vacants et tâche plus lourde pour ceux qui restent, résume-t-elle.

Le président de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Richard Bergevin, insiste: les enseignants ont besoin d’aide.

Une consultation des enseignants, l’an dernier, a permis d’apprendre que «deux à trois élèves par classe n’avaient pas les acquis nécessaires pour être à ce niveau-là. Les élèves accumulent des retards et c’est évidemment un élément qui amène au décrochage scolaire ou aux parcours scolaires qui ne sont pas dans la réussite», rapporte M. Bergevin.

«Dans les deux dernières années, les budgets en éducation n’ont pas suivi l’inflation, n’ont pas suivi les coûts du système. Il y a eu des coupes. Évidemment, souvent on ne coupe pas les enseignants parce qu’on a besoin d’un enseignant dans la classe. Mais tout le personnel autour: les professionnels, le personnel de soutien, ont vécu des coupes. Ces gens-là, on en a besoin dans nos écoles et on en a besoin avec nous, les enseignants, pour être capable d’offrir les services aux élèves», conclut M. Bergevin.

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste