Éducation

Les défis auxquels fait face la nouvelle génération d’étudiants universitaires au Canada

«Je dois m’assurer de ne pas dépenser d’argent pour des choses inutiles.»

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A stock photo of students at a university campus. (Pexels/George Pak)
Une photo d'archive montrant des étudiants sur un campus universitaire. (Pexels/George Pak) Une photo d'archive montrant des étudiants sur un campus universitaire. (Pexels/George Pak)

Le début d’un nouveau semestre universitaire est une période passionnante pour de nombreux étudiants, mais l’engagement que cela implique peut présenter de nombreux obstacles.

«C’est comme devoir s’adapter à un tout nouvel environnement», a expliqué Eli Jones, 17 ans, qui commencera ses cours la semaine prochaine à l’Université Saint Mary’s, à Halifax.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Eli Jones a emménagé en résidence et vit seul pour la première fois.

«Si j’ai le mal du pays, ça pourrait me freiner», a-t-il dit, qui s’inquiète également de devoir maintenir l’autodiscipline nécessaire pour rester à jour dans ses études. «J’ai tendance à remettre [mes révisions] à la dernière minute, et je dois me défaire de cette habitude. Ça va être difficile de m’adapter.»

À quelques pâtés de maisons de là, Erica de Carolis se dit prête à relever un nouveau défi académique et se prépare à affronter les moments stressants qui l’attendent.

«Je suis un peu nerveuse et j’ai un peu peur», a confié la jeune femme de 20 ans, qui est inscrite à l’Université Dalhousie après avoir suivi des cours pendant deux ans dans la région de Montréal, dans le cadre du programme du Collège d’enseignement général et professionnel (CÉGEP) du Québec.

Erica de Carolis assise devant le bâtiment du syndicat étudiant de l'Université de Dalhousie (Paul Hollingsworth/CTV News) Erica de Carolis assise devant le bâtiment du syndicat étudiant de l'Université de Dalhousie (Paul Hollingsworth/CTV News)

Ces inquiétudes exprimées sont particulièrement courantes en Nouvelle-Écosse, une province qui compte la plus forte proportion d’étudiants universitaires et de diplômés provenant d’autres provinces au pays, selon Statistique Canada.

En tant qu’étudiante de première année vivant loin de chez elle, l’une des principales priorités d’Erica de Carolis est de rendre ses parents fiers alors qu’elle entame ce nouveau chapitre de sa vie par elle-même. «Je veux leur montrer que je suis très reconnaissante de l’occasion qui m’a été offerte», a-t-elle dit.

Hausse des pressions financières

Les pressions financières ne cessent de s’intensifier. Les frais de scolarité et les frais de subsistance pourraient s’élever à plus de 20 000$ tant pour Eli Jones que pour Erica de Carolis.

«Je dois m’assurer de ne pas dépenser d’argent pour des choses inutiles», a raconté Eli Jones.

Une récente visite à l’épicerie a laissé Erica de Carolis sous le choc face aux prix. Elle a réalisé que sa première année à l’université serait coûteuse, et que la gestion d’un budget, en plus de son horaire, est essentielle à sa réussite.

«Le logement, les emplois, les études, essayer de terminer tous mes devoirs à temps, obtenir une bonne moyenne», a-t-elle énuméré. «C’est vraiment un mélange de tout ça, et ça représente beaucoup de stress.»

Liza Zahid, présidente de l’Association des étudiants de l’Université Saint Mary’s (SMUSA), entend quotidiennement ces préoccupations de la part d’étudiants qui font face pour la première fois à des pressions financières écrasantes.

Alors que la crise du coût de la vie se poursuit au Canada, certains étudiants ont été forcés de choisir entre acheter de la nourriture ou du matériel scolaire.

«Le coût des manuels et du matériel de cours est devenu un problème», a rapporté Mme Zahid. «Et le coût du logement aussi, parce que les loyers sont tellement élevés.»

L’Université Dalhousie offre un soutien concret aux étudiants de première année qui vivent loin de chez eux pour la première fois.

«Il peut s’agir d’un pair, d’un leader étudiant, d’un mentor étudiant d’une année supérieure, d’un membre du personnel, d’un professeur ou d’un chargé de cours », a indiqué Melissa MacKay, vice-rectrice adjointe chargée du bien-être étudiant. «Ils peuvent aider les étudiants à prendre conscience qu’ils ont ce qu’il faut et qu’ils s’en sortiront très bien.»

Rentrée universitaire 2026: l'UQAC vient en aide à ses étudiants L'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) offre une station-service aux étudiants quelques jours avant la rentrée. Le but est de donner tous les outils nécessaires aux étudiants en vue du prochain trimestre.

L’université dispose également de conseillers financiers pour aider les étudiants à établir un budget de dépenses.

«Nous leur offrons un encadrement complet pour nous assurer qu’ils ont tout ce dont ils ont besoin», a ajouté Mme MacKay.

Les cours n’ont pas encore commencé, et Erica de Carolis a déjà rencontré un conseiller pédagogique. «Je lui ai beaucoup parlé de mon stress», a-t-elle avoué. «J’ai établi un plan d’étude avec lui, pour m’organiser.»

En plus des pressions financières et académiques écrasantes, les étudiants universitaires sont également confrontés à la réalité dérangeante que des possibilités d’emploi pourraient ne pas se présenter à la fin de leurs études.

Selon Erica de Carolis, la gestion des émotions liées aux futures possibilités d’emploi peut attendre plusieurs années. Pour l’instant, elle se concentre sur ses cours et sur l’année à venir.

«C’est certainement quelque chose qui me rend nerveuse, mais j’ai le sentiment que tant que je garde les idées claires et que je suis sur la bonne voie, tout ira bien», a-t-elle mentionné.

Ed McHugh enseigne à temps partiel dans trois universités et conseille les étudiants sur la façon de gérer leurs études tout en gardant espoir quant à leurs futures possibilités d’emploi.

«Quand j’étais étudiant, notre marché du travail offrait un peu plus de possibilités», a-t-il précisé. «Je leur dis de s’inscrire à un programme, d’essayer quelque chose et de voir si ça leur plaît ou non.»

M. McHugh a également ajouté que, lorsqu’il s’agit de chercher des conseils et de l’orientation ou de partager leurs préoccupations concernant leurs difficultés quotidiennes, tous les étudiants doivent savoir qu’ils ne sont pas seuls et que les conseillers universitaires et le personnel de soutien sont là pour les aider. «Ce n’est pas une faiblesse, et les étudiants devraient demander de l’aide», a-t-il souligné.