La Fédération des établissements d’enseignement privés du Québec (FEEP) a lancé mercredi matin une campagne de sensibilisation sous le thème Quand on additionne les options, on multiplie leurs chances.
Cette initiative vise à souligner l’importance de «la diversité des parcours éducatifs» et «la contribution des établissements privés au système scolaire québécois».
Le président du conseil d’administration de la FEEP, Stéphane Mayer, insiste sur le fait que les secteurs public et privé «ne sont pas du tout en compétition», mais qu’ils sont plutôt «complémentaires».
«Il y a vraiment plein de couleurs dans notre réseau d’éducation. Pour nous, ce n’est pas une faiblesse, ce n’est pas un inconvénient. Ça permet aux jeunes de choisir le modèle d’école qui leur convient le mieux», indique-t-il en entrevue.
M. Mayer n’aime d’ailleurs pas le terme «système à trois vitesses», qui a déjà été utilisé à maintes reprises depuis le début de la campagne électorale, «parce que ça fait référence à une compétition ou à une inégalité».
La FEEP «ne croit pas au modèle unique». «C’est le cœur de notre campagne. On ne peut pas mettre tous les élèves dans la même case. Il faut avoir des écoles pour tous les goûts. Toutes les écoles devraient avoir une couleur particulière», affirme M. Mayer.
Il part de son expérience personnelle pour illustrer son point. Le directeur du Collège Saint-Sacrement, à Terrebonne, dans la région de Lanaudière, est père de trois enfants, dont deux ont fréquenté différentes écoles privées — dont l’une spécialisée en musique —, tandis que l’autre a opté pour un établissement public offrant un programme sports-études en football.
«Ça démontre bien le fait que chaque école répond à un besoin d’un jeune. C’est ça notre message: il faut que les écoles aient des couleurs variées qui répondent à des besoins différents. Plus notre système offre des parcours et des approches diversifiés, plus nous nous donnons de moyens pour répondre aux besoins des jeunes et favoriser leur réussite.»
«Loin de la réalité»
Avec cette campagne, la FEEP souhaite que la voix des établissements qu’elle représente soit entendue «de façon proactive et positive» en cette rentrée scolaire.
Elle veut du même coup déboulonner certains mythes persistants dans la population. La sélection est celui qui revient le plus souvent dans le discours public, mais «c’est loin de la réalité», selon M. Mayer. «Ce n’est pas du tout la majorité des écoles qui sélectionnent leurs élèves», soutient-il.
Il rapporte également qu’il entend souvent dire qu’il y a moins d’argent pour le réseau public en raison des subventions accordées aux écoles privées.
«C’est un autre mythe persistant. On essaie de faire comprendre aux gens que le gouvernement ne subventionne pas les écoles, mais les élèves. Un enfant qui va au privé est subventionné à 60 %. Le transférer au public viendrait ajouter une tranche de 40 % qui n’était pas payée au privé. Le gouvernement économise donc même de l’argent», explique M. Mayer, précisant que la plupart des établissements privés sont des organismes à but non lucratif.
«L’objectif n’est pas de faire des profits. Et si on en fait, on ne peut pas mettre l’argent dans nos poches, ça doit être réinvesti en éducation.»
Même s’il convient qu’«il n’y a rien de parfait», il croit que les subventions gouvernementales font «en sorte que c’est encore accessible pour plusieurs familles».
M. Mayer réfute aussi la thèse d’«un système inégalitaire». «Au contraire, c’est l’un des systèmes les plus égalitaires, avance-t-il. Quand on regarde les résultats des élèves du secondaire aux examens internationaux, l’écart entre les plus forts et les moins forts est parmi les plus faibles au Canada. Il n’y a pas une grande différence entre les élèves qui sortent du privé et du public, peu importe s’ils ont des profils particuliers. Lorsqu’ils sortent du secondaire, on n’est pas loin de l’égalité des chances.»

