Éducation

Le réseau privé de l’éducation du Québec offre son aide aux écoles publiques

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La Fédération des établissements d’enseignement privés du Québec souhaite aider le réseau public en accueillant des élèves éprouvant de grandes difficultés d'apprentissage ou d'adaptation. Cette photo a été prise dans une école de Toronto, le 9 janvier 2024. LA PRESSE CANADIENNE La Fédération des établissements d’enseignement privés du Québec souhaite aider le réseau public en accueillant des élèves éprouvant de grandes difficultés d'apprentissage ou d'adaptation. Cette photo a été prise dans une école de Toronto, le 9 janvier 2024. LA PRESSE CANADIENNE (Chris Young)

La Fédération des établissements d’enseignement privés du Québec (FEEP) propose d’aider le réseau public en accueillant davantage d’élèves éprouvant de grandes difficultés d’apprentissage ou d’adaptation. Pour ce faire, elle a besoin que le ministère de l’Éducation lui accorde un permis en conséquence, qu’elle ne détient pas actuellement, sauf pour les 12 établissements spécialisés privés existants.

«Il y a des gens qui disent: “Quand les élèves sont en difficulté, vous les envoyez au public”, mais ce n’est pas parce qu’on veut, c’est parce qu’on n’a pas le choix», souligne la directrice générale de la FEEP, Vickie Viens, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Elle souhaite que le ministère de l’Éducation étende les permis à l’ensemble du réseau privé afin d’admettre les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA).

«Toutes les autres écoles privées, soit près de 250, qu’elles soient subventionnées ou non, ont un permis pour offrir des services seulement aux élèves “ordinaires”. On n’aime pas ce mot-là, mais c’est le vrai mot. On peut modifier un bulletin si un élève a un léger retard en français ou en mathématiques, mais un élève qui a un parcours personnalisé, qui accumule deux ans de retard, ou qui a un parcours de formation à un métier semi-spécialisé ou préparatoire au marché du travail, ce n’est pas permis dans nos écoles», explique Mme Viens, faisant référence à la Loi sur l’enseignement privé.

Elle se dit convaincue que les réseaux privé et public «doivent travailler main dans la main» et insiste sur le fait que la FEEP veut «faire partie de la solution».

«On veut mettre en évidence notre volonté de réduire le fardeau des écoles publiques. On veut que la quantité d’élèves qui présentent des difficultés importantes y soit diminuée en permettant aux écoles privées d’accueillir ces élèves-là», soutient Mme Viens, précisant que les écoles privées intègrent déjà des élèves aux prises, entre autres, avec un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Elle lance l’idée de commencer par un projet pilote qui serait déployé dans une dizaine d’écoles secondaires, «parce que si on ouvre la porte au primaire et qu’il n’y a pas de suite, on ne règle pas le problème».

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La FEEP ciblerait les établissements ayant «déjà certains éléments favorables qui feraient en sorte que la transition serait facile». Mme Viens cite notamment l’exemple du Collège Saint-Bernard, à Drummondville, qui offre le programme Voie d’avenir, dont les classes à cheminement personnalisé comprennent un nombre restreint d’élèves (ratio d’environ 18 élèves par adulte).

«On devrait commencer par des milieux où c’est naturellement implanté, où la culture est déjà là et où il y a déjà les ressources nécessaires, comme des enseignants en adaptation scolaire, des orthopédagogues et des orthophonistes, ou qu’il en manque très peu. On les accompagnerait avec l’aide du ministère de l’Éducation pour qu’il y ait vraiment toutes les conditions gagnantes pour assurer cette nouvelle offre de services. Pour le moment, les écoles privées doivent restreindre la clientèle à laquelle elles répondent», déplore-t-elle.

L’intention de la FEEP est de prioriser les régions situées à l’extérieur des grands centres. «Surtout en région, les écoles voient le potentiel. Les Centres de services scolaires n’ont pas tous des classes spécialisées pour toutes les problématiques, alors on pourrait identifier une école privée comme étant un point de service, qui pourrait avoir, par exemple, une classe avec des élèves qui présentent un trouble de langage. Ce serait une aide au secteur public d’aller de l’avant avec cette façon-là», affirme Mme Viens.

À l’approche des élections provinciales, la FEEP a partagé sa suggestion aux différents partis politiques et au ministère de l’Éducation. «Lorsqu’on leur présente cette solution, c’est très bien accueilli», rapporte la directrice générale.

Appelé à réagir à cette initiative, le ministère a répondu par courriel à La Presse Canadienne que, «comme cette proposition de la FEEP est formulée dans le contexte de la prochaine campagne électorale, le ministère et le cabinet de la ministre ne feront pas de commentaires».

Sébastien Auger

Sébastien Auger

Journaliste