Éducation

Le coût caché des études universitaires au Canada, et le seul endroit où cela reste abordable

Le coût annuel moyen d’un programme de premier cycle pour les étudiants canadiens est notamment passé de 7915 $ en 2022 à 9292 $ en 2026.

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Canada student tuition costs Alors que les frais de scolarité augmentent partout au Canada, certains étudiants font tout leur possible pour préserver cet avantage particulier dont bénéficient les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador. (CTV News)

Alors que les étudiants s’installent dans leur nouvelle année à l’Université Memorial de Terre-Neuve, Nicholas Keough, militant étudiant, relance l’un des combats politiques les plus anciens de la province.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Keough est de retour sur le campus, où il recueille des signatures pour une nouvelle pétition visant à geler à nouveau les frais de scolarité dans la province — une étape de plus dans cette saga des frais de scolarité, avec ses hauts et ses bas, qui agace les étudiants et préoccupe les politiciens et les responsables universitaires depuis des années.

Les frais de scolarité avaient été gelés à l’université de 1999 à 2021, ce qui maintenait le coût annuel d’une charge de cours complète à moins de 3000 $. Quand le gel a été levé en 2022, les frais ont plus que doublé, atteignant 6 750 $ pour 10 cours. Les politiciens ont ensuite rétabli un nouveau gel en 2026, en demandant aux responsables universitaires de chercher ailleurs pour équilibrer le budget.

«Je connais des étudiants qui ont dû prendre des emplois supplémentaires pour payer la hausse des frais de scolarité, et qui ont été vraiment choqués par cette augmentation», a indiqué M. Keough.

«Depuis plusieurs années, les étudiants et les parents qui vivaient dans cette province avaient économisé, et tout à coup, ils n’avaient plus les moyens de payer leurs frais de scolarité.»

—  Nicholas Keough, militant étudiant

Même si les responsables de l’Université Memorial affirment que leurs nouveaux frais de scolarité comptent toujours parmi les plus bas du pays, l’écart n’est plus aussi important qu’en 2021.

Et alors que Keough tente de recueillir des signatures pour faire pression sur les responsables provinciaux afin qu’ils maintiennent le statu quo pour la prochaine année scolaire, il se heurte à des obstacles : partout au pays, les frais de scolarité augmentent à un rythme qui dépasse celui de l’inflation pour les autres biens.

Si l’on tient compte des frais de scolarité et des autres frais obligatoires, le coût annuel moyen d’un programme de premier cycle pour les étudiants canadiens est passé de 7915 $ en 2022 à 9292 $ en 2026, selon Statistique Canada. Ça représente une hausse d’environ 4,1 % par année.

Les coûts des programmes d’études supérieures pour les étudiants canadiens ont également augmenté — bien que dans une moindre mesure. Le coût moyen d’un programme était de 8400 $ en 2022 et de 9273 $ en 2026.

L’agence exclut certains programmes, comme la maîtrise en administration des affaires, de ses calculs, car ils fausseraient considérablement les résultats.

«Les gouvernements essaient de se détourner du subventionnement massif des universités et des collèges partout au pays», a soutenu M. Keough. Il a cité l’exemple de l’Ontario, où les responsables provinciaux ont levé le gel des frais de scolarité plus tôt en 2026.

«Je pense qu’ils ne comprennent pas à quel point l’éducation et l’enseignement postsecondaire sont précieux et essentiels pour la société.»

Erika Merschrod, présidente de l’association du corps professoral de l’Université Memorial, est d’accord, ajoutant que les gouvernements fédéral et provincial ne respectent pas les engagements de financement qui seraient nécessaires pour maintenir les frais de scolarité stables.

«Je pense que le problème au Canada, c’est que l’enseignement postsecondaire, qui relève globalement de l’éducation, est de compétence provinciale, ce qui permet au gouvernement fédéral de dire : “Oh, ce n’est pas notre problème”», a-t-elle affirmé.

«Mais en réalité, on a besoin du soutien fédéral et provincial pour l’enseignement postsecondaire, parce que notre travail dans les autres universités soutient et touche vraiment tous les secteurs de la société.»

Le financement provincial de Terre-Neuve-et-Labrador pour l’Université Memorial est passé de 311 millions de dollars en 2025 à 330 millions de dollars en 2026, soit une hausse de 6,2 %. La faculté de médecine de l’université, qui est subventionnée séparément, a bénéficié d’une augmentation similaire. Le financement opérationnel de l’université a augmenté de 3,9 % en 2025 par rapport à 2024 — et de 2,1 % pour la faculté de médecine.

La hausse des frais de scolarité stresse les parents, selon Andrew Lo, chef de la direction de la firme de planification financière Embark. Embark fait la promotion de régimes d’épargne-études pour les parents et les familles.

«Si tu comptes vivre en résidence universitaire, ça grimpe vraiment en flèche», a soutenu M. Lo. «On en est arrivé à un point où je pense que certaines familles se découragent. On constate qu’elles hésitent à ouvrir un REEE (Régime enregistré d’épargne-études), parce qu’elles ne pensent pas pouvoir y arriver.»

M. Keough a indiqué que Terre-Neuve-et-Labrador accuse toujours un retard en matière de niveau d’études — ce qui explique en partie pourquoi il exhorte les responsables provinciaux à au moins maintenir le gel des frais de scolarité, voire à augmenter le financement pour réduire encore davantage les coûts.

«Je pense que, même si c’est encore relativement peu coûteux par rapport à d’autres régions du pays, on en a vraiment encore besoin», a-t-il dit. «Il faut que ça reste accessible à tout le monde. Et même cette hausse des dernières années a empêché beaucoup d’étudiants d’accéder aux études postsecondaires.»