La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) demande jeudi à la nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette, d’intervenir pour stopper l’entrée en vigueur de la loi sur l’interdiction du port de signes religieux dans le réseau de l’éducation estimant que cette décision se traduira par une perte d’emploi pour des centaines de femmes.
L’organisation syndicale a des craintes pour différents corps d’emploi, dont le personnel en service de garde, les techniciennes en éducation spécialisée, les préposées aux élèves handicapées, les secrétaires d’école, etc.
«Il ne faut pas être un génie pour comprendre que les congédiements à venir visent principalement les femmes, souvent diplômées et surqualifiées», a déclaré dans un communiqué la présidente de la FTQ, Magali Picard.
La FTQ affirme que des membres du personnel de soutien de différents centres de services scolaires ont reçu des lettres de leur administration «les menaçant de perdre leur emploi s’ils refusaient de ne plus porter tout objet s’apparentant à un signe religieux».
Magali Picard estime que cette décision ne peut qu’avoir des effets négatifs et considérables sur des milliers d’élèves, de parents et le personnel de ces établissements.
«Nous sommes déjà en pénurie de main-d’œuvre, maintenant nous risquons des bris de service », a-t-elle déploré.

Si la loi sur l’interdiction du port de signes religieux comporte une clause de droits acquis, la FTQ l’estime «arbitraire».
«Ce sont les ressources humaines des centres de services scolaires qui auront à juger de la recevabilité ou non de la demande», a expliqué Magali Picard.
À LIRE | Québec met un terme aux prières de rue
«Le Québec doit rester une société accueillante et ouverte sur le monde», a conclu la présidente de la FTQ qui représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.
Notons que le sort de la loi 21 sur la laïcité de l’État et, surtout, de la disposition de dérogation que le gouvernement de François Legault a utilisée pour la soustraire à l’exercice de certains droits, est maintenant entre les mains de la Cour suprême.
La cause a été prise en délibéré. Il serait étonnant d’avoir une décision avant les élections provinciales au mois d’octobre, la Cour ayant plusieurs fois exprimé sa réticence à intervenir dans l’arène politique.

