Éducation

Infrastructures scolaires: QS accuse la CAQ de favoritisme

«Tous les enfants méritent de belles écoles, peu importe la couleur du député local.»

Publié le 

Rénovation d'écoles: les circonscriptions caquistes avantagées, dit Gabriel Nadeau-Dubois Le député solidaire de Gouin Gabriel Nadeau-Dubois a dévoilé les résultats de son enquête qui révèle d'importants déséquilibres dans la répartition des investissements en infrastructures scolaires sous le gouvernement caquiste.

Québec solidaire (QS) accuse la Coalition avenir Québec (CAQ) d’entretenir d’importants déséquilibres dans les investissements en infrastructures scolaires au Québec alors que depuis 2018, les comtés caquistes auraient reçu «bien plus que leur part du gâteau».

«Tout le monde a déjà entendu dire que les gouvernements favorisent leurs propres comtés quand vient le temps d’investir en infrastructures et c’est un sentiment largement partagé dans le milieu de l’éducation. Notre travail révèle que cette hypothèse est de plus en plus difficile à écarter», a partagé lundi dans un communiqué Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole solidaire en éducation.

Les brevets de 11 enseignants de l’école Bedford révoqués Les 11 enseignants de l’école Bedford dont la suspension a été annoncée en octobre 2024 ont vu leur brevet d’enseignement être révoqué, a confirmé le cabinet de la ministre de l’Éducation Sonia LeBel mardi matin.

Selon des chiffres présentés dans le rapport Le bon parti, les belles écoles?, la CAQ, qui détenait environ 64% des sièges à l’Assemblée nationale du Québec, a vu ses circonscriptions obtenir 72 % des projets et 75 % des investissements totaux en infrastructures scolaires depuis 2018.

Québec solidaire souligne que de gros montants ont été attribués aux infrastructures scolaires des circonscriptions caquistes alors que ces territoires sont ceux où les écoles sont, en moyenne, les moins vétustes (17 %), les plus récentes (55 ans en moyenne) et les plus favorisées (rang moyen de 5,2) du Québec.

«Le processus d’attribution des investissements est opaque, il y a un sérieux problème de transparence et d’équité», a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

«Tous les enfants méritent de belles écoles, peu importe la couleur du député local. L’argent devrait aller là où les besoins sont les plus grands, point final.»

—  Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole solidaire en matière d'éducation

Québec solidaire déplore par ailleurs que 75 % des investissements du PQI en infrastructures scolaires ont été effectués lors des deux premières années du gouvernement caquiste, soit en 2019 et 2020.

Le rapport Le bon parti, les belles écoles? formule deux recommandations principales : établir clairement des critères stables d’évaluation des projets d’infrastructures scolaires et les rendre publics et rendre publics les motifs/objectifs qui justifient l’approbation ou le refus des projets par le gouvernement du Québec.

«Les parents, les directions d’école et les élèves ont le droit de savoir pourquoi un projet est accepté, refusé ou reporté. En ce moment, le processus est trop nébuleux», a conclu Gabriel Nadeau-Dubois.

Inquiétude à la CSQ

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a réagi au rapport de Québec solidaire et s’est dite inquiète des conclusions, dont celle suggérant du favoritisme politique dans l’attribution des investissements en infrastructures dans le réseau de l’éducation.

«Pour la CSQ, il est évident que le principe d’équité doit primer en ce qui concerne les dépenses gouvernementales. Ce sont les besoins des élèves et des communautés qui doivent l’emporter, et pas la partisanerie », a réagi le président de la CSQ, Éric Gingras.

À LIRE AUSSI | Christine Fréchette promet une «stabilité budgétaire» en éducation

La CSQ avance que malgré le financement accordé dans les dernières années, 53 % des écoles du Québec sont en mauvais état et que le déficit de maintien des actifs du réseau scolaire s’élève à 9,8 milliards de dollars.

«Il est absolument nécessaire d’injecter des sommes additionnelles», a réitéré Éric Gingras.

La CSQ exige depuis un bon moment que le gouvernement du Québec s’allie à différents partenaires afin de mettre en place une grande réflexion collective sur l’avenir de l’éducation au Québec.

«Ça inclut des investissements en infrastructures. Parce que tous les élèves du Québec et l’ensemble du personnel du réseau méritent d’avoir accès à des établissements adéquats, adaptés et agréables. C’est vraiment la base», a-t-il partagé.