Plus d’une centaine d’étudiants se sont rassemblés dimanche devant un collège privé de Montréal pour protester contre sa fermeture, après que le gouvernement du Québec eut refusé de renouveler son permis.
Les manifestants, pour la plupart des étudiants étrangers, affirment se retrouver dans l’incertitude depuis que leurs établissements ont annoncé leur fermeture il y a un peu plus d’une semaine.
Le Collège supérieur de Montréal fait partie des quatre collèges privés subventionnés de la province dont le permis a été suspendu ces dernières semaines, aux côtés du Collège Herzing et du Collège de technologie Veritas à Montréal, ainsi que du Collège supérieur de Sherbrooke, à Sherbrooke. .
Certains étudiants n’étaient qu’à quelques semaines de l’obtention de leur diplôme lorsqu’ils ont appris qu’ils ne pourraient pas terminer leurs études comme prévu. C’était le cas de Samia Chraibi, une étudiante internationale marocaine qui devait obtenir son diplôme du Collège supérieur de Montréal cet été.
«Je passe pratiquement mes nuits à pleurer parce que mes documents vont expirer le 31 août », a-t-elle raconté. «Je n’ai pas le droit de travailler, et je n’ai pas le droit d’étudier.»
Ouazar Ghenima, une étudiante internationale originaire d’Algérie inscrite au Collège supérieur de Montréal, n’avait plus qu’un examen et un stage à valider avant de terminer son programme menant au titre de secrétaire médicale.
«Nous étions tous sous le choc, d’un seul coup.»
— Ouazar Ghenima
«Nous avions fait des projets en pensant que c’était presque fini, que tout allait bien, que nous allions passer à l’étape suivante… et maintenant, nous ne faisons plus qu’attendre. On ne sait pas quoi faire.»
Les manifestants se sont rassemblés devant le collège privé avant de se diriger vers les bureaux du ministère de l’Immigration du Québec, où ils ont demandé au gouvernement provincial de les transférer automatiquement vers un nouvel établissement où ils pourraient terminer leurs études.
Le ministère de l’Éducation du Québec n’a pas fourni de détails sur les raisons pour lesquelles il n’avait pas renouvelé les permis.
Dans un courriel, il a indiqué que la décision avait été prise conformément à la législation sur l’enseignement privé. Selon le ministère, les quatre collèges ont été informés le 30 juin que leur permis n’était pas renouvelé, et ils avaient reçu un préavis entre la fin mars et le début mai les avertissant que ce renouvellement pourrait ne pas avoir lieu.
Dans les jours qui ont suivi l’annonce de la fermeture, le ministère de l’Éducation a contacté les étudiants pour leur proposer d’autres moyens de terminer leurs études.
Mais pour les étudiants interrogés par La Presse canadienne, ces solutions n’ont pas abouti. Ils affirment avoir communiqué avec les établissements, mais n’avoir reçu aucune réponse en raison de la pause estivale ou s’être entendu dire qu’ils ne pourraient s’inscrire qu’à la mi-automne.
Leur statut d’immigration étant lié à leur établissement d’études, bon nombre d’entre eux craignent de ne pas pouvoir renouveler leur permis lorsqu’il expirera dans quelques mois, voire, dans certains cas, d’ici à peine deux semaines.
«Pour obtenir un certificat d’acceptation du Québec, il faut être admis dans un établissement d’enseignement. Et pour obtenir un permis d’études, il faut un certificat d’acceptation. La première étape est donc l’admission. Or, cela n’est pas possible pour le moment», a souligné Ayoub Maouini, l’un des organisateurs de la manifestation.
Dans un courriel, le ministère de l’Immigration a confirmé que les étudiants étrangers devront présenter une nouvelle demande afin de conserver leur statut, mais a précisé que le traitement de leur demande serait adapté à la situation.
Leila Betatache et Feyrouz Chiheb, toutes deux originaires d’Algérie, s’étaient inscrites à un deuxième programme d’études au Collège supérieur de Sherbrooke la veille du retrait du permis d’établissement de l’établissement. Elles venaient à peine de commencer leurs cours lorsque l’établissement a fermé ses portes, et elles ont maintenant de la difficulté à faire transférer leur programme d’études.
«Aucun plan cohérent et stratégique n’est mis en place», a soutenu Mme Betatache. «On nous vend des rêves, mais cela n’a rien à voir avec ce qui se passe sur le terrain.»
Les femmes participaient à la manifestation avec leurs enfants. Mme Chiheb a indiqué que la fermeture avait eu un impact immense sur sa famille.
«J’ai cinq enfants — qu’est-ce que je vais faire? Nous avons tout vendu dans notre pays, nous sommes venus ici porteurs d’espoir, pour terminer nos études et trouver du travail ici», a-t-elle dit.