Éducation

Des étudiants du cégep sont confrontés à des retards en raison de la grève des paramédicaux

«Maintenant, rien ne se passe, j’attends toujours.»

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Archives - Un ambulancier remet sa civière dans l'ambulance à Montréal le jeudi 14 avril 2022. LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz Archives - Un ambulancier remet sa civière dans l'ambulance à Montréal le jeudi 14 avril 2022. LA PRESSE CANADIENNE (Ryan Remiorz)

Les futurs ambulanciers au Québec se retrouvent pris dans la tourmente d’un conflit de travail qui perdure, alors que des centaines d’entre eux voient l’obtention de leur diplôme reportée.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Leurs stages sont suspendus en raison d’une tactique de pression mise en œuvre par le syndicat des paramédicaux.

Éloi Landry affirme que cette année a été décevante et frustrante. Cet étudiant du Collège Ahuntsic devait commencer son stage en janvier dernier, mais celui-ci a été reporté. Il s’agit de la dernière étape avant l’obtention de son diplôme.

«Trois années de travail acharné, d’études, de cours… ma vie tournait autour de l’école d’ambulanciers», a-t-il déclaré.

«Maintenant, rien ne se passe, j’attends toujours.»

—  Éloi Landry, étudiant

La convention collective des ambulanciers paramédicaux a expiré en 2023 et ceux-ci ont entamé une grève l’année dernière, moment où les stages ont été suspendus.

La remise des diplômes de 217 étudiants est retardée, selon la fédération

Selon la Fédération des cégeps, 217 étudiants ont vu leur remise de diplôme retardée en conséquence, et ce nombre pourrait augmenter. Environ 800 étudiants sont actuellement inscrits à des programmes de formation d’ambulanciers paramédicaux dans toute la province.

La CSN, qui représente 3500 ambulanciers au Québec, estime qu’il est regrettable que les stages soient touchés, mais qu’il s’agit de l’une des seules mesures de pression auxquelles il peut recourir.

«Comme il s’agit d’un service essentiel, tant pour les ambulanciers que pour les ambulances, nos possibilités en matière de mesures de pression sont extrêmement limitées», a affirmé Charles Duff Murdoch, représentant syndical. «Toutes nos mesures de pression sont en effet évaluées par un juge qui examine leur impact sur la population et doivent être approuvées par celui-ci avant que nous puissions les mettre en œuvre.»

Une entente de principe avait été conclue cet été, mais elle a finalement été rejetée par plus de 70 % des ambulanciers affiliés à la CSN.

Le syndicat réclame les mêmes augmentations salariales que celles accordées ailleurs dans le secteur public.

«Nous avons constaté au cours des cinq dernières années que la plupart des personnes qui quittent [la profession] ont entre deux et cinq ans d’expérience», a soutenu M. Murdoch.

«Cela montre malheureusement que les conditions de travail ne sont tout simplement pas au rendez-vous, et que la rémunération ne l’est pas non plus.»

—  Charles Duff Murdoch, représentant syndical

Au Québec, le salaire des ambulanciers paramédicaux commence à environ 26 $ l’heure et atteint un maximum d’environ 40 $ l’heure.

Une autre étudiante du Collège Ahuntsic, Samuelle Crevier, s’inquiète des répercussions à long terme que le report de l’obtention du diplôme aura sur la profession, surtout si le conflit de travail s’éternise.

«Lorsque je ferai finalement mon stage et que j’obtiendrai mon diplôme, j’ai peur qu’il n’y ait tout simplement pas assez de travailleurs pour répondre aux besoins», a-t-elle raconté. «Sans parler de l’inévitable arriéré de stages, une fois qu’ils reprendront.»

Dans un courriel, Alexandre Sapone, porte-parole et chef des opérations d’Urgences-Santé, indique que l’organisme «comprend que la suspension actuelle des stages cliniques puisse susciter des inquiétudes chez les étudiants quant à la poursuite de leurs études et à leur insertion sur le marché du travail».

«Les stages cliniques constituent un volet important de la formation des ambulanciers paramédicaux et offrent aux étudiants une expérience pratique en milieu préhospitalier.»

M. Sapone a ajouté: «Nous espérons que les étudiants pourront reprendre leurs stages cliniques et terminer leur formation dans les meilleures conditions possibles. Nous continuons de suivre la situation de près et espérons qu’une entente mutuellement acceptable pourra être conclue dès que possible.»

CTV News a communiqué avec le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour obtenir des commentaires, mais n’avait pas reçu de réponse au moment de la publication.

Entre-temps, M. Landry affirme que l’attente est difficile, mais il sait que, quelle que soit l’entente conclue, elle l’affectera également, une fois qu’il sera en poste.

Les deux étudiants espèrent que les négociations s’accéléreront, maintenant qu’un nouveau gouvernement a été élu.

«Malheureusement, ils se servent de nous et, bien sûr, je le comprends», a déclaré M. Landry, «mais je pense qu’il est temps que le gouvernement agisse et mette fin à cette grève.»