La fin de semaine des anciens élèves à l’Université de Guelph a fait courir un «risque grave» à la sécurité des personnes, ce qui a donné lieu à «plusieurs» accusations criminelles et a mis à rude épreuve le service des urgences municipales, selon les responsables.
Un étudiant de cette université ontarienne a affirmé que le «chaos» s’était emparé des lieux samedi, alors que des milliers de personnes s’étaient rassemblées pour une fête de rue non autorisée sur Chancellors Way.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Les gens se jetaient des canettes les uns sur les autres, criaient et provoquaient des bagarres», a raconté Erik Rutledge, étudiant de deuxième année en économie et en finance.
Des photos et des vidéos, partagées sur les médias sociaux, ont montré certains de ces comportements indisciplinés.
M. Rutledge a observé la scène d’en haut. «Nous avons organisé une petite fête dans notre appartement», a-t-il dit à CTV News. «Nous n’avions le droit d’accueillir que 20 personnes, alors nous leur avons procuré des bracelets.»
À un moment donné, deux jeunes hommes ont escaladé la façade de l’immeuble, et l’un d’eux a perdu prise.
«J’ai vu quelqu’un tomber de trois étages en essayant d’entrer dans mon appartement», a précisé M. Rutledge. «Je ne sais pas qui ils sont.»
Puis, s’adressant directement à la caméra de CTV News, il a ajouté : «J’espère que vous allez bien, si vous entendez ceci.»
Le Service de police de Guelph a fermé la rue Chancellors Way vers 16h. Alors que la fête battait son plein, il a étendu cette fermeture aux rues avoisinantes.
«C’était le Homecoming le plus fou auquel j’aie jamais assisté de toute ma vie», a lancé Isa Elfarse, étudiante de deuxième année à l’Université Wilfrid Laurier de Waterloo. «Sans parler du HoCo le plus fou que j’aie jamais vu à Guelph.»
Des vidéos diffusées sur les médias sociaux montraient des policiers en tenue d’intervention tentant de maîtriser la foule, tandis que plusieurs étudiants lançaient des bombes fumigènes rouges dans la rue.
L’unité tactique de la police a aidé à «rétablir l’ordre»
Le Service de police de Guelph a publié un communiqué lundi après-midi.
«Alors que la situation s’aggravait et que le risque pour la sécurité publique augmentait, des ressources policières supplémentaires, notamment des membres de l’Unité tactique et de sauvetage du Service de police de Guelph, ont été déployées pour aider les agents en première ligne et soutenir les intervenants d’urgence travaillant au sein de la foule», ont-ils écrit.
«Leurs efforts ont permis de rétablir l’ordre, d’éviter d’autres blessures et de permettre au personnel d’urgence d’accéder en toute sécurité aux personnes ayant besoin d’aide.»

La police a également porté «plusieurs» accusations liées au Homecoming, notamment pour trouble à l’ordre public et infractions liées à l’alcool. Elle a indiqué que les enquêteurs examinaient toujours des photos et des vidéos, ce qui pourrait donner lieu à d’autres accusations.
La police de Guelph a indiqué lundi à CTV News que «bien plus de» 1000 personnes étaient présentes, «mais rien n’est confirmé». «D’après ce que l’on entend dire, il semblerait que, les années précédentes, les estimations faisaient état d’environ 5000 participants, et la foule semblait plus nombreuse cette année», a-t-on ajouté.
Une «pression» sur le réseau de la santé
L’Hôpital général de Guelph a indiqué qu’environ 60 personnes avaient été blessées lors du Homecoming, présentant «des blessures à la tête causées par des bouteilles lancées, des lacérations et des cas d’intoxication».
«Les visites liées au Homecoming exercent une pression considérable sur les ressources hospitalières essentielles», peut-on lire dans un communiqué du Dr Alex Folkl, chef du service des urgences.
«Cette fin de semaine, notre service des urgences a été poussé au-delà de sa capacité. Si nous avions également dû faire face à un afflux de patients gravement malades ou même à un incident traumatologique impliquant plusieurs patients, il y avait un risque réel que nous ne puissions pas fournir à chaque patient les soins dont il avait besoin en temps opportun.»
Le maire «en colère»
La Ville de Guelph n’a pas mâché ses mots.
«La fin de semaine dernière a été marquée par un niveau inacceptable de perturbations, de comportements dangereux et d’incidents, dépassant ce que nous avons connu les années précédentes», a-t-on réagi par communiqué, ajoutant que «ce genre de comportement n’a pas sa place dans notre communauté».
Cam Guthrie, le maire de Guelph, a fait part de sa réaction dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
«Ce que j’ai vu et ce que j’ai entendu n’est pas bon. Et cela me met vraiment en colère», a-t-il dit. «Je suis plus que bouleversé de voir des vidéos montrant nos services d’urgence (les intervenants) se faire lancer des bouteilles. Des commerçants m’ont rapporté que leurs vitrines avaient été brisées, sans parler des déchets et des feux allumés.»
M. Guthrie a déjà abordé le problème avec d’autres maires, qui ont eux aussi dû faire face à des fêtes de rue non autorisées, ainsi qu’avec l’université. Ces discussions n’ont jusqu’à présent abouti à rien, selon lui.
Le maire avait également un message à adresser aux étudiants. «Je pense qu’il y a encore beaucoup de maturité à acquérir ici», a-t-il ajouté.
Les étudiants «se sont vraiment éclatés»
L’étudiante Isa Elfarse a qualifié cette journée de trépidante, mais mémorable. «Bien sûr, les choses dérapent parfois, mais c’était génial», a-t-elle dit.
Lorsqu’on lui a demandé si la fête de rue de cette année avait dépassé les bornes, l’étudiant Erik Rutledge a répondu : «À 100%.»
«J’ai l’impression que ça va dépasser les bornes à chaque fois», a-t-il poursuivi. «Les gens vont tout simplement semer le chaos, quoi qu’il arrive. Ils trouvent ça amusant.»
CTV News l’ a ensuite interrogé sur son expérience globale du HoCo. «Je me suis vraiment éclaté, mec», a-t-il avoué.
«Cela ne doit plus se reproduire»
Le président et vice-chancelier de l’université n’a pas mâché ses mots dans un communiqué publié lundi.
Selon M. Rene Van Acker, cette célébration «représentait un risque grave pour la sécurité et le bien-être de nos étudiants, de nos voisins et de la communauté dans son ensemble».
«L’Université de Guelph est profondément déçue par ce qui s’est produit, et nous sommes formels: cela ne doit plus se reproduire», pouvait-on lire, entre autres, dans ce communiqué.
M. Van Acker a également indiqué qu’il faudrait une intervention coordonnée et une nouvelle approche pour prévenir de futurs rassemblements non autorisés.
«Nous travaillerons en étroite collaboration avec nos partenaires communautaires pour analyser ce qui s’est passé, évaluer les changements à apporter à l’approche actuelle et déterminer les mesures supplémentaires nécessaires pour prévenir des incidents similaires, réduire les risques et mieux assurer la sécurité de la communauté», est-il écrit dans le communiqué.

M. Van Acker a ensuite souligné «une tendance préoccupante» selon laquelle des personnes qui ne sont pas étudiantes à l’université, comme Erik Rutledge, participent à ces rassemblements non autorisés. Il a affirmé qu’elles figuraient «parmi les personnes impliquées dans des dommages matériels et d’autres comportements perturbateurs».
Il a reconnu que certains étudiants de l’Université de Guelph faisaient également partie du problème. «Lorsqu’il s’avérera que des personnes ont enfreint les politiques de l’université ou les lois applicables, l’université prendra des mesures», a-t-il promis.
Le président et vice-chancelier de l’université a remercié les étudiants qui se sont comportés de manière responsable et qui ont aidé au nettoyage dimanche matin.
«L’université mène tout au long de l’année un travail approfondi de planification et de coordination avec ses partenaires du campus et de la collectivité afin d’assurer la sécurité du fin de semaine du Homecoming pour les étudiants, le personnel, les anciens élèves et les voisins», a-t-il écrit. «Ce travail comprend une communication et une sensibilisation continues auprès des étudiants dès le début du trimestre, les encourageant à réfléchir aux valeurs de l’université et à les mettre en pratique. Nous nous appuierons sur ce partenariat et renforcerons notre planification commune afin que nos mesures d’atténuation soient mieux adaptées au niveau de risque que ces rassemblements peuvent engendrer.»
Comparaisons
La fin de semaine du Homecoming est censée être une célébration de la fierté de l’université, mais des fêtes de rue non autorisées ont éclipsé l’événement.

2025
Aucun incident majeur n’a été signalé lors du Homecoming 2025.
Plus de 10 000 personnes ont envahi la rue au plus fort de la fête.
La police de Guelph a indiqué avoir délivré 80 contraventions en vertu de la Loi sur les permis d’alcool cette fin de semaine-là, et les agents chargés de l’application des règlements municipaux ont été appelés pour plus de 80 plaintes relatives au bruit dans toute la ville. Les ambulanciers ont également pris en charge trois personnes qui avaient été aspergées d’une substance nocive non identifiée.
2024
La fête de rue non autorisée a pris fin brusquement en 2024.
La police de Guelph a indiqué qu’un homme originaire d’Etobicoke avait été poignardé à l’extérieur de la zone principale de la fête et s’était dirigé vers la foule pour demander de l’aide. Il n’a pas été gravement blessé. La police a précisé qu’il n’avait aucun lien avec l’université, mais qu’il se trouvait en ville expressément pour les célébrations de la fête des anciens.
Les premiers intervenants ont fait appel à des renforts pour gérer la foule. La police de Guelph a indiqué que cela avait coûté plus de 73 000$. La majeure partie de cette somme a été couverte par le budget du service de police, mais l’Université de Guelph a également versé une contribution de 18 000$.
2023
On estime que 4500 personnes se sont rassemblées sur Chancellors Way en 2023.
Bien qu’il n’y ait eu, selon les autorités, «aucun incident majeur», un agent a été touché au cou par ce qui semblait être une bouteille de bière. Il n’a pas été blessé.
2022
Environ 5000 personnes ont participé aux célébrations du Homecoming en 2022.
La police a indiqué que deux incendies distincts avaient été allumés pendant le rassemblement, dont un impliquant un divan.
On a enregistré 400 appels de service, soit le double du volume quotidien habituel, et 349 contraventions pour infractions aux règlements municipaux ont été émises.
Un homme de Toronto a également été inculpé après avoir prétendument pulvérisé du gaz poivré dans la foule.
2021
On estime à 1 200 le nombre de personnes qui se sont rassemblées sur Chancellors Way en 2021.
Selon la police de Guelph, un homme de 19 ans originaire de Mississauga a tiré des feux d’artifice dans la foule, que personne n’a été blessé. À un moment donné, des fêtards ont encerclé une voiture de police, ont frappé sur les vitres et ont crié alors que les agents étaient assis à l’intérieur.
La police a porté 46 accusations liées à la fête de rue. Le coût a été estimé à plus de 30 000$.
2018
Selon la police de Guelph, le coût de la fête de 2018 s’élevait à 63 456$, principalement en raison d’un effectif supplémentaire.
Environ 5000 personnes se sont massées sur Chancellors Way et, parmi elles, 23 ont été arrêtées pour diverses infractions.
2017
Le temps plus clément a été cité comme cause de la forte affluence en 2017. La foule a été estimée à 4000 personnes.

