🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

Voici comment les restaurants canadiens sont touchés par les droits de douane

«C’est très difficile pour tout le monde.»

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Lucien Nehme, le propriétaire, dans son restaurant Willman’s. Lucien Nehme, le propriétaire, dans son restaurant Willman’s.

Un nouveau rapport révèle que près de 20 % des restaurateurs canadiens considèrent les droits de douane comme l’une des principales menaces pesant sur la gestion de leur entreprise.

Le rapport 2026 d’EconoLease sur les exploitants du secteur de l’hôtellerie-restauration montre également que 80 % des restaurateurs canadiens ont augmenté les prix de leurs menus au cours des 12 derniers mois, tandis que 49 % prévoient de les augmenter à nouveau. Ces hausses ont été principalement motivées par une augmentation de 64 % du coût des denrées alimentaires et des boissons au cours de l’année écoulée, une hausse de 55 % des coûts de main-d’œuvre et des salaires, ainsi qu’une augmentation de 32 % des loyers.

Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.

Le restaurant Willman’s, situé dans le nord d’Halifax, est en activité depuis 1946.

«C’est le plus ancien restaurant de fish and chips de Nouvelle-Écosse», explique Lucien Nehme, qui a racheté l’établissement en 2004 après avoir quitté le Liban pour s’installer au Canada trois ans plus tôt.

Au fil des décennies, le bâtiment a été transformé, rénové et reconstruit, mais le goût des fruits de mer qui y sont servis est resté le même.

M. Nehme explique qu’il a généralement beaucoup de travail, mais que ses frais généraux sont plus élevés que jamais et grugent ses bénéfices. Il craint que les droits de douane et les contre-mesures ne viennent aggraver encore davantage sa situation financière actuelle.

«C’est très difficile pour tout le monde, surtout pour nous qui tenons un restaurant», a-t-il avoué.

Quels sont les impacts des contre-tarifs canadiens sur les entreprises d’ici? Les contre-tarifs canadiens visent de nombreux produits américains, mais la mesure pourrait aussi entraîner des répercussions majeures sur les entreprises québécoises. Et celles du secteur manufacturier pourraient être particulièrement touchées.

Dans le restaurant de M. Nehme, le matériel de cuisine coûte plus cher que jamais, car les droits de douane américains sur les machines qui traversent la frontière entre les deux pays ont fait grimper le prix de bon nombre de ces produits.

Le rapport d’EconoLease a révélé que 28 % des restaurateurs canadiens considèrent que le matériel de cuisine constitue leur principal frein opérationnel, tandis que 14 % indiquent que les systèmes de réfrigération sont à l’origine de leurs difficultés financières.

«Hier, j’ai réparé quelque chose», a-t-il raconté. «Avant, on payait 400 dollars, et maintenant c’est 900 dollars, car le prix des pièces a grimpé en flèche.»

Les droits de douane imposés par les États-Unis s’appliquent aux emballages en plastique, au papier d’aluminium et aux boîtes en carton, et ces coûts sont répercutés sur les restaurateurs comme M. Nehme. On craint également que les contre-droits de douane canadiens ne contribuent à une augmentation des coûts d’exploitation globaux au Canada.

«Le coût des emballages va augmenter de 50 %, celui de la main-d’œuvre va augmenter, et celui du transport va augmenter aussi», a énuméré M. Nehme, qui a ajouté que la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis se poursuit à un moment où les coûts de l’énergie et du transport maritime font déjà grimper le prix des denrées alimentaires.

M. Nehme a déclaré qu’avec l’alourdissement des droits de douane et des pressions commerciales, il s’efforce de trouver des solutions créatives pour maintenir son établissement ouvert.

Il a déjà augmenté ses prix plus tôt cette année et préférerait ne pas avoir à le refaire, sachant que de nombreux clients ne peuvent pas se permettre une nouvelle hausse.

Comment cette guerre tarifaire affectera-t-elle notre portefeuille? Quel sera l’impact des contre-tarifs canadiens sur le prix des items des magasins d’origine américaine implantés au Québec?

«Quand on sert une famille, cette famille doit élever ses enfants et les nourrir», a rappelé M. Nehme.

Gary Gouldon, un client de Willman’s, affirme qu’il apprécie la cuisine et le cachet que ce restaurant apporte au quartier.

«Cet établissement existe depuis longtemps ici, il joue donc un rôle important», a lancé M. Gouldon.

M. Nehme a expliqué que sa stratégie à court terme consistait à se préparer au pire et à essayer de survivre à la guerre commerciale du mieux qu’il pouvait.

«Nous allons encaisser quelques coups», a-t-il laissé tomber.

Pour la première fois depuis qu’il est propriétaire de son restaurant, M. Nehme craint que les droits de douane et la hausse des frais d’exploitation ne le poussent à la faillite.