🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

Trump «adore les Canadiens français», mais menace de renommer le lac Ontario

Sur son compte Truth Social, il a soutenu qu’il «n’empêcherait jamais les Canadiens de parler français».

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Guerre commerciale: Ford baisse le ton

Le président des États-Unis, Donald Trump, nie avoir exigé des concessions sur le français lors des négociations commerciales avec Ottawa, qui ont pris fin dans la discorde ces derniers jours.

Sur son compte Truth Social, mardi matin, M. Trump a soutenu qu’il «n’empêcherait jamais les Canadiens de parler français», ajoutant qu’il n’a «même jamais songé à faire une chose aussi stupide».

«Ce mensonge a été inventé par un premier ministre faible et inefficace dans le but de regagner le soutien politique de la population québécoise, qu’il a totalement perdu», a plaidé le président républicain en faisant référence au premier ministre Mark Carney.

«J’adore les Canadiens français.»

—  Donald Trump

M. Trump a publié ce message quelques heures avant qu’Ottawa ne dévoile en détail les droits de douane de rétorsion qui seront imposés par le Canada à l’encontre des États-Unis.

Vendredi dernier, M. Carney a suspendu les négociations commerciales avec les États-Unis, accusant ces derniers d’avoir introduit de nouvelles demandes à la dernière minute.

Selon ses dires, Washington faisait pression sur le Canada pour qu’il revienne sur sa position concernant des règles entourant la visibilité du contenu francophone et québécois sur les services de diffusion en ligne, comme Netflix.

«Pour les Américains, les questions sur la langue française, la culture québécoise, la culture canadienne, ce sont des irritants. Non. Ici, au Québec, au Canada, ce sont des droits. Des droits fondamentaux», avait martelé le premier ministre, ajoutant que l’étiquetage en français exigé par les lois québécoises figurait également sur la liste des points de friction avec les États-Unis.

Après l’échec des pourparlers, les États-Unis ont instauré une nouvelle série de droits de douane de 50% sur des exportations canadiennes, samedi, visant des produits d’une valeur de 28 milliards $.

«Lac d’Amérique»: une nouvelle carte géographique...

Dans une autre publication, il a affirmé que les États-Unis «envisagent sérieusement» de rebaptiser le lac Ontario «lac d’Amérique».

«Les États-Unis envisagent sérieusement de renommer le lac Ontario en lac America, dans la mesure étant donné que nous ne prévoyons plus faire beaucoup d’affaires avec l’Ontario», a-t-il écrit. «Merci de votre attention à cette question! Le président DONALD J. TRUMP.»

Trump en a rajouté peu après 10h après la publication d’une carte géographique fictive.

Ces publications du président américain interviennent moins de 24 heures après qu’il eut menacé d’imposer de nouveaux droits de douane dès le début de la nouvelle année, ce qui a poussé le premier ministre Doug Ford à lancer une série d’insultes à l’encontre de Trump lors d’une conférence de presse lundi après-midi.

Dans une publication lundi, M. Trump avait promis d’augmenter à 50% les droits de douane sur toutes les voitures, les camions, les pièces automobiles et l’acier canadiens dès le jour de l’An.

«C’est devenu un peu personnel»

Après la série d’échanges houleux entre Trump et Ford lundi, ce dernier a déclaré mardi en entrevue avec CNN qu’il fallait calmer le jeu.

«Ça a pris une tournure un peu personnelle hier», a avoué le PM de l’Ontario à Wolf Blitzer, de CNN.

Ford est revenu sur certains arguments prononcés dans un langage plutôt familiers, voire vulgaire, soulignant l’importance d’un partenariat solide entre les deux pays.

«Il est temps de revenir à la table des négociations et de conclure un accord équitable, car la situation actuelle nuit aux États-Unis et au Canada.»

—  Doug Ford, premier ministre de l’Ontario, en entrevue avec CNN

Ford a qualifié les menaces de Trump de cesser toute relation commerciale avec l’Ontario de «pure rhétorique», soulignant que la province est le troisième partenaire commercial des États-Unis à l’échelle mondiale.

«Ce que l’on constate actuellement, c’est une baisse des achats de véhicules américains par les Canadiens», a-t-il expliqué. «Cela va nuire au peuple américain.» Il a qualifié l’attaque de Trump contre le Canada de «non provoquée» et ne comprend pas «pourquoi [le président] tient à s’en prendre sans cesse au Canada».

Ford a ajouté qu’il «ne pouvait pas se laisser faire» lorsque le président américain menace la «souveraineté» du Canada et ses entreprises. «Nous sommes plus forts en travaillant ensemble plutôt qu’en nous attaquant les uns les autres.»

Le leader provincial n’a pas exclu de prendre des mesures de rétorsion supplémentaires, telles que la coupure de l’électricité que la province fournit à certains États américains, mais a déclaré qu’il «préférerait envoyer davantage d’électricité» si un accord équitable pouvait être négocié.

«Aller se faire voir»

Ford avait des répliques plus acérées lundi. Lors d’une entrevue à la radio lundi matin, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a répondu : «Il peut aller se faire voir, en ce qui me concerne.»

Donald Trump lui a ensuite lancé une attaque personnelle, le qualifiant de «frère moins charismatique, moins intelligent et globalement peu impressionnant du regretté et grand Rob Ford».

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Hamilton plus tard dans la journée, M. Ford a continué de s’en prendre à Trump, le qualifiant de «perdant», de «tyran» et de «roi des faillites».

«On va se battre de toutes nos forces et, tu sais quoi, j’ai plus de courage et plus de cervelle dans mon petit orteil qu’il n’en a dans tout son corps», a-t-il dit à propos du président américain.

Avec des informations de Chris Fox pour CP24