Le prix du diesel risque d’augmenter davantage chez nous en raison des États-Unis qui envisagent de réduire leurs exportations pour conserver leur carburant sur leur territoire.
Cette décision pourrait avoir des impacts importants dans plusieurs secteurs au Québec, notamment en agriculture, alors que le diesel est essentiel au fonctionnement de la machinerie agricole.
«Je dirais que nous avons déjà eu une énorme augmentation, de 15 000$ à 20 000$, et cette année c’est presque un dollar de plus le litre, on est plus rendu à 30 000$ que ça va nous coûter cette année», a expliqué Hubert Soucy, président des Producteurs de grains du Centre-du-Québec, répétant qu’il s’agissait d’une hausse des dépenses «énorme».
M. Soucy précise que les agriculteurs doivent débourser pour cette hausse directement à la ferme, mais aussi, indirectement, par les achats qui doivent être livrés sur la terre, comme le fumier et l’engrais.
«C’est aussi le grain que l’on vend; il coûte plus cher à transporter», a souligné Hubert Soucy déplorant que les agriculteurs soient souvent les premiers à éponger ce type de hausse. «On n’a pas d’autres alternatives, c’est sur qu’il y ait des fermes qui vont être obligées de vendre des terres ou s’orienter vers autre chose.»
Difficile aussi pour le transport
La dernière hausse en importance du prix du diesel au Québec remonte à janvier dernier.
Outre l’agriculture, cette hausse des prix du carburant touche également l’industrie du transport. Plusieurs entreprises n’ont pas eu d’autres choix que de refiler la facture à leurs clients.
«On jouait autour de 1,60$ ou 1,70$ [le litre de diesel, NDLR] en janvier dernier et là on parle de 2,80$ ou 2,90$, donc plus ou moins 70% d’augmentation», a expliqué Michael Rouillard, directeur des opérations chez Remorquage Rouillard, précisant que l’entreprise, basée en Estrie, achète environ 10 000 litres de diesel par semaine ce qui représente une hausse de la facture d’environ 12 000$ par semaine.
La menace qui pèse sur le prix du diesel inquiète M. Rouillard. Il est d’avis que plusieurs entreprises n’arriveront pas à soutenir cette hausse bien longtemps. «En ce moment les gens survivent, mais ça ne veut pas dire que dans six mois la moitié de mes clients vont encore être capable de respirer», a-t-il confié.
Dave Couture, directeur des opérations chez Transcol à Saguenay, partage les inquiétudes du milieu. «On fait tout pour essayer de ne pas refiler le coût aux clients qui sont au bout de la ligne», a-t-il expliqué.
L’Association de la construction du Québec vient par ailleurs de lancer une consultation auprès de ses membres afin de savoir si le prix du diesel à la hausse avait un impact négatif sur l’approvisionnement ou sur les profits des entreprises.
En collaboration avec Jennifer Gravel, Noovo Info.


