L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest croit que le Canada et les États-Unis n’auront pas le choix de reprendre les négociations commerciales à «moyen terme».
«Ça n’a aucune logique ce que nous vivons actuellement», avance M. Charest lors d’une mêlée de presse, à Québec mercredi, en marge d’une allocution devant la Fédération des chefs d’entreprise du Québec.
«On ne peut pas avoir deux d'économies intégrées entre le Canada et les États-Unis et avoir des tarifs, ajoute celui qui est aussi membre du Conseil sur les relations canado-américaines. On ne peut pas. Ça ne marche pas.»
Ottawa et Washington seraient condamnés à trouver un terrain d’entente, selon lui. En attendant, il faut se donner un peu de temps pour laisser la poussière retomber. «Après ça, il va falloir descendre de l'arbre comme on dit, et des deux côtés (tant le Canada que les États-Unis).»
M. Charest rejette les accusations du représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, qui affirme que le Canada est responsable de l’escalade entre les deux pays.
L’ex-premier ministre souligne que les États-Unis contreviennent à l’entente de libre-échange négociée par le président américain, Donald Trump, lui-même, lors de son premier mandat.
«Se revirer de bord et de dire qu’aujourd’hui que c’est de la faute du Canada… Je regrette, là, mais recadrons-nous un peu.»
M. Charest défend les mesures de représailles canadiennes aux droits de douane américains. «C’est un mauvais choix dans un monde de mauvais choix.»
Le Canada n’avait pas le choix de défendre sa souveraineté, selon lui. «Il faut exister à un moment donné, lance-t-il. (…) Ce qu’ils proposaient (l'administration Trump), ce n’était rien de moins que de sacrifier notre indépendance.»
La Presse Canadienne
