Les responsables des deux côtés de la frontière continuent de se concerter, même si aucune négociation commerciale officielle n’est en cours, a déclaré vendredi le ministre responsable du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc.
M. LeBlanc se trouve à Banff, en Alberta, pour la retraite de deux jours du cabinet libéral, où la guerre commerciale en cours avec les États-Unis est un sujet central.
Il a précisé qu’il n’a pas de réunion prévue à Washington, mais qu’il s’est entretenu à plusieurs reprises avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, et qu’il s’entretient parfois également avec le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick.
C’était notamment le cas vendredi, lorsque M. LeBlanc a envoyé un texto à M. Lutnick à l’occasion du 25e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Le frère de M. Lutnick, Gary, a perdu la vie ce jour-là dans la tour nord du World Trade Center.
«Il m’en a parlé souvent, alors j’ai pris l’occasion de lui envoyer un message texto pour lui dire que je pensais à lui et à sa famille», a dit M. LeBlanc.
Le ministre a eu plusieurs réunions avec Jamieson Greer à Washington au cours de l’été, notamment pendant deux semaines intenses avant l’échéance fixée en août par le président américain, Donald Trump, mais ces discussions ont été suspendues le 21 août.
Ils ne se sont pas revus depuis et M. LeBlanc a indiqué qu’aucune réunion officielle n’était prévue pour l’instant.
«On a tous les intérêts au monde de maintenir ces communications et d’être prêts (...) si on voit à un moment donné qu’il y a une entente possible qui respectera la souveraineté du Canada, qui sera dans l’intérêt économique du Canada», a expliqué le ministre.
«On n’a pas rompu les conversations, mais on n’est pas en négociations. (...) On maintient les relations avec nos vis-à-vis», a-t-il ajouté.
Impasse commerciale
En août, les deux pays semblaient sur le point de conclure un accord visant à régler certains différends commerciaux en suspens et à empêcher les États-Unis d’imposer une nouvelle série de droits de douane punitifs au Canada. Mais le premier ministre Mark Carney a suspendu ces pourparlers et rappelé M. LeBlanc au Canada, tout en accusant les Américains d’avoir formulé des exigences de dernière minute qui portaient atteinte à la souveraineté du Canada.
Donald Trump a alors imposé des droits de douane de 50 % sur près de 28 milliards $ de marchandises canadiennes. Les droits de douane de rétorsion du Canada sont entrés en vigueur mardi et, plus tard dans la journée, le président américain a signé de nouveaux décrets visant à interdire les importations de certains produits canadiens, dont la plupart des boissons alcoolisées. Il a également ajouté de nouveaux produits à la liste des droits de douane et en a retiré certains, notamment le papier toilette, le ciment et le sel de déneigement.
Les deux parties se rejettent mutuellement la responsabilité de l’impasse.
Interrogé sur les informations selon lesquelles le Mexique et les États-Unis seraient sur le point de conclure un accord commercial bilatéral, M. LeBlanc a déclaré que les responsables canadiens discutaient également avec leurs homologues mexicains.
Il a admis que cela fait plusieurs mois qu’ils y travaillent, mais que le Canada se concentrait sur le travail à accomplir dans le cadre des discussions bilatérales avec les États-Unis et autour de la révision de l’accord trilatéral de l’ACEUM.
L’administration Trump n’a pas prolongé l’ACEUM en juillet. Cela a déclenché un réexamen annuel de l’accord commercial qui pourrait s’étendre sur une période pouvant aller jusqu’à une décennie. L’accord expirera à l’issue de ce réexamen si les trois pays ne parviennent pas à s’entendre sur une prolongation.
M. LeBlanc s’est dit encouragé par les récentes déclarations de la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, qui ont laissé entendre qu’il serait bénéfique pour les trois pays de travailler ensemble autour d’une même table.
Le ministre s’est dit optimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord, les Mexicains partageant le point de vue des Canadiens à cet égard.
