🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis affecte les entreprises du Vermont

Un fromager, qui dépendait du marché canadien, tire la sonnette d’alarme­. «On est passé d’un succès fulgurant à zéro commande», a-t-il dit.

Publié le 

Jasper Hill Farm, une fromagerie située à Greensboro, dans le Vermont. L'entreprise affirme que ses ventes au Canada se sont taries. (Courtoisie via CTV News) Jasper Hill Farm, une fromagerie située à Greensboro, dans le Vermont. L'entreprise affirme que ses ventes au Canada se sont taries. (Courtoisie via CTV News)

La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis se fait sentir des deux côtés de la frontière.

Un fromager du Vermont, qui dépendait fortement du marché canadien, tire la sonnette d’alarme, affirmant que ses expéditions vers le nord de la frontière ont disparu.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Mateo Kehler, propriétaire de Jasper Hill Farm, explique que bon nombre de ses produits auraient été destinés à la vente au Canada il y a encore quelques années à peine.

«On est passé d’un succès fulgurant à zéro commande», a-t-il dit lors d’une entrevue sur Zoom avec CTV Ottawa depuis son établissement de Greensboro, au Vermont.

Bon nombre de ses produits étaient vendus au Québec et en Ontario, mais après que le président Donald Trump a commencé à qualifier le Canada de «51e État» et à annoncer l’imposition de droits de douane en 2025, il affirme que les commandes se sont arrêtées et ne sont toujours pas revenues, plus d’un an plus tard.

«Cela représente des centaines de milliers de dollars», a-t-il déploré. «Nous ne nous attendons pas à ce que cela revienne très rapidement.»

«Cela va avoir des répercussions à long terme du côté du Vermont. C’est vraiment exaspérant.»

—  Mateo Kehler, propriétaire de Jasper Hill Farm

Il ajoute que l’entreprise doit également faire face à une hausse des coûts, notamment en matière d’équipement, en raison des droits de douane. Il précise que d’autres entreprises des États frontaliers sont confrontées à la même situation.

L’automne est la période de l’année où les touristes provenant notamment de l’est de l’Ontario affluent vers le Vermont, mais Jeff Lawson, de la Chambre de commerce du lac Champlain, affirme que ce ne sera pas le cas cette année.

«Les problèmes qui se posent au niveau fédéral, en réalité, c’est un peu comme un coup de poing dans le ventre pour notre économie touristique», a-t-il affirmé.

Quels sont les impacts des contre-tarifs canadiens sur les entreprises d’ici? Les contre-tarifs canadiens visent de nombreux produits américains, mais la mesure pourrait aussi entraîner des répercussions majeures sur les entreprises québécoises. Et celles du secteur manufacturier pourraient être particulièrement touchées.

Selon M. Lawson, la région n’accueille plus autant de visiteurs qu’auparavant, et les entreprises comme les restaurants et les hôtels en ressentent les effets.

«Cela nous affecte à plusieurs niveaux, pas seulement sur le plan économique», a-t-il ajouté. «Il y a beaucoup de liens culturels, de liens familiaux et d’amitiés qui ont été sérieusement mis à rude épreuve au cours de cette période.»

«Nous comprenons et respectons cette décision. Et nous serons prêts à accueillir les gens à bras ouverts lorsque le vent tournera et qu’ils seront prêts à nous rendre visite», a mentionné Jeff Lawson de la Chambre de commerce du lac Champlain.

Mateo Kehler abonde dans ce sens. Il explique que son entreprise se tourne vers de nouveaux marchés, mais espère que, si et quand la situation changera, les Canadiens reviendront.

«Je pense que si nous étions confrontés au comportement de notre président, nous ferions probablement la même chose: camper sur nos positions et voter avec notre portefeuille. Nous comprenons», a-t-il conclu.