Le compte à rebours est commencé pour une entreprise québécoise qui dépend largement du marché américain. Dès le 29 septembre, les produits alcoolisés du Groupe Geloso risquent de ne plus pouvoir entrer aux États-Unis.
L’interdiction des alcools canadiens aux États-Unis pourrait entraîner des répercussions importantes sur les activités de l’entreprise, alors que plus de 200 millions de canettes traversent la frontière chaque année.
«C’est le cœur de notre entreprise, l’exportation aux États-Unis!», a déploré Nathalie Paré, vice-présidente stratégie corporative du Groupe Geloso.
L’entreprise, qui est derrière des marques connues en épicerie comme Pepito, Poppers ou Bulles de Nuit, soutient que 80 % de sa production est exportée vers les États-Unis.
«Nos lignes de production fonctionnent 24/7 pour la production américaine. […] C’est vraiment la course contre la montre pour le 28 septembre 11h59», soutient Mme Paré.
Le compte à rebours met d’ailleurs beaucoup de pression sur les employés qui travaillent sans repos, déplore le directeur de l’usine Frank Anania.
En temps normal, une vingtaine de camions par jours quittent l’usine pour se rendre aux États-Unis. Le Groupe Geloso a doublé sa productivité pour qu’une quarantaine de camions fassent le trajet quotidiennement d’ici mardi prochain.
L’entreprise est présentement en discussion avec des fournisseurs américains qui pourraient reprendre la production de leurs marques. Une décision qui ne se prend pas sans crainte, assure Mme Paré.
«Tous les produits qu’on a développés à travers les années, c’est de la propriété intellectuelle, des secrets de commerce», dit-elle, soulignant que son usine emploie 538 personnes au Québec.
Geloso prévoit également développer son réseau vers le reste du Canada, mais déplore les barrières interprovinciales, qui rendent l’expansion «beaucoup plus difficile».
«On s’attend à avoir des enjeux, mais on espère que les gouvernements vont réagir face aux lois sur l’alcool interprovincial», dit-elle.

