🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

Il n’y avait «pas d’autre choix» que de cesser les discussions avec Trump, dit Stephen Harper

L’ancien premier ministre a affirmé que le Canada ne peut pas laisser l’administration du président américain Donald Trump vider de sa substance sa capacité industrielle.

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Le PDG de Bell, Mirko Bibic, à gauche, serre la main du premier ministre Mark Carney, alors que les anciens premiers ministres Stephen Harper, deuxième à gauche, et Jean Chrétien, à droite, passent lors du Sommet canadien de l’investissement, à Toron... Le PDG de Bell, Mirko Bibic, à gauche, serre la main du premier ministre Mark Carney, alors que les anciens premiers ministres Stephen Harper, deuxième à gauche, et Jean Chrétien, à droite, passent lors du Sommet canadien de l’investissement, à Toronto, le lundi 14 septembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette (Nathan Denette)

TORONTO — L'ancien premier ministre du Canada, Stephen Harper, affirme que le gouvernement fédéral n'avait «pas d'autre choix» que de se retirer des négociations commerciales avec les États-Unis.

Lors de son discours de clôture prononcé mardi à l’occasion du tout premier sommet national sur l’investissement organisé au Canada, M. Harper a déclaré qu'il s'agissait d'un choix «très difficile», mais nécessaire, et que le Canada devait réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.

«Il est clair que l'administration américaine actuelle perçoit notre niveau d'intégration économique comme incompatible à notre souveraineté. Ainsi, pour la maintenir, nous devons continuer à diminuer notre dépendance aux États-Unis», a-t-il dit.

«Il y aura des coûts considérables à cette mission, mais c'est un prix que je crois et espère que les Canadiens sont capables et prêts à accepter.»

M. Harper a indiqué qu'il voyait l'échec des pourparlers comme «triste», mais nécessaire.

«Ce sera une opportunité pour le Canada de redécouvrir un programme à long terme pour la prospérité économique», a-t-il ajouté.

Une dernière tentative pour conclure un nouvel accord commercial avec les États-Unis a échoué en août, et le premier ministre Mark Carney a suspendu les négociations et rappelé ses négociateurs à Ottawa, accusant les Américains d'avoir introduit à la dernière minute des demandes inacceptables.

Cette décision a entraîné l’imposition par les États-Unis de nouveaux droits de douane de 50 % sur des milliards de dollars d’exportations canadiennes, et Ottawa a riposté en instaurant des droits de douane de rétorsion sur les produits américains.

Des centaines de dirigeants d’entreprise et de gestionnaires d’actifs internationaux étaient présents à Toronto pour le sommet d'investissement, qui s’inscrit dans le cadre des efforts du gouvernement Carney visant à atteindre l’objectif ambitieux d’attirer 1000 milliards $ de nouveaux investissements au cours des cinq prochaines années.

M. Harper a affirmé que le Canada ne pouvait pas laisser l’administration du président américain Donald Trump vider sa capacité industrielle de sa substance.

«Cela a dû être une décision très difficile, mais je crois que notre gouvernement n'avait pas d'autre choix que de suivre cette voie», a expliqué l'ancien premier ministre.

Il a affirmé que le Canada était «encore loin» d’avoir accompli son vrai potentiel, et que ses ressources naturelles représentent son «avantage comparatif».

«Le Canada ne peut pas simplement rejeter la faute sur des facteurs externes ou trouver des excuses pour justifier les difficultés auxquelles nous faisons face», a-t-il soutenu.

«Aujourd'hui, plus que jamais, le Canada est devenu plus intérieurement compétitif, plus extérieurement connecté, et plus véritablement souverain qu'il ne l'a été.»

Dans son discours, M. Harper a félicité le gouvernement fédéral pour les mesures instaurées permettant d'accélérer l'approbation de projets, particulièrement pour ceux du secteur énergétique.

«Ces changements sont les bienvenus et ils sont très importants. Cependant, encore plus doit être fait, a-t-il dit. Les obstacles et les restrictions qui n'existent pas ailleurs doivent tout simplement être retirés au Canada.»

«Si nous ne faisons pas ces choses en tant que pays, les Américains continueront d'être nos uniques clients, et ils ne manqueront pas de ce sentiment d'urgence que nous n'avons pas toujours ressenti ici au Canada.»

- Avec des informations de Catherine Morrison, à Ottawa

Craig Lord, La Presse Canadienne

Craig Lord

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Journaliste