🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

Doug Ford modère ses propos dans la guerre des mots qui l'oppose à Donald Trump

Le ton avait rapidement monté entre les deux dirigeants lundi.

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Guerre commerciale: Ford baisse le ton En entrevue au réseau américain CNN, Doug Ford a voulu calmer le jeu après une journée où Donald Trump et lui se sont insultés. Le premier ministre de l'Ontario dit souhaiter la reprise des négociations et affirme ne pas comprendre pourquoi Trump s'en prend toujours au Canada, son allié le plus proche

TORONTO — Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a modéré le ton dans la guerre des mots qui l'oppose au président américain, Donald Trump.

M. Ford a multiplié les interventions médiatiques aux États-Unis après l'échange d'insultes entre lui et M. Trump, sur fond de tensions commerciales croissantes.

Le premier ministre Ford a déclaré à l'animateur Wolf Blitzer, de CNN, qu'il valait mieux apaiser les tensions entre les deux pays.

«La situation a pris une tournure un peu personnelle hier entre le président et moi, mais je souhaite conclure un accord, un bon accord pour le peuple américain, un bon accord pour les Canadiens, et nous sommes les deux plus grands pays du monde», a soutenu M. Ford.

Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont échoué la semaine dernière, ce que le premier ministre Mark Carney a attribué à l’introduction par l’administration Trump de mesures inacceptables, notamment des restrictions sur la capacité du Canada à signer des accords avec d’autres pays.

M. Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur 28 milliards $ d'exportations canadiennes.

Doug Ford a indiqué qu'il n'appuyait pas l'accord initial, mais qu'il serait prêt à le signer si le gouvernement fédéral le souhaitait. M. Ford a depuis félicité le premier ministre Carney pour son retrait des négociations et soutient une riposte tarifaire ferme, dollar pour dollar.

Le gouvernement fédéral a annoncé mardi les détails de ses mesures de rétorsion, qui comprennent une hausse des droits de douane sur les produits américains d'acier et d'aluminium, qui passeront de 25 % à 50 %, ainsi que l'imposition de droits de douane de 50 % sur les vêtements et de 25 % sur les appareils électroménagers, les produits laitiers, les fruits de mer et certains produits d'acier et d'aluminium, à compter du 8 septembre.

Guerre de mots

Le premier ministre Ford est resté silencieux pendant plusieurs jours la semaine dernière, alors qu'un accord semblait imminent, mais lundi, il a laissé éclater sa colère envers M. Trump.

Lundi, M. Ford a déclaré que le président américain devrait lui «lécher le cul», ce qui a provoqué la colère de ce dernier. Donald Trump a qualifié le premier ministre de «frère moins charismatique et moins intelligent» de feu Rob Ford.

En réponse, M. Ford a traité M. Trump de «perdant» et a affirmé que le Canada devait faire souffrir les Américains en ciblant les États républicains.

Mardi matin, le président Trump a évoqué la possibilité de renommer le lac Ontario «lac d'Amérique» dans une publication sur les réseaux sociaux, affirmant que les États-Unis ne comptaient plus faire beaucoup d'affaires avec l'Ontario.

M. Ford n'a pas répondu à la question de CNN concernant ce changement de nom proposé.

«Je pense que ce ne sont que des paroles en l'air, car nous sommes le premier client de 17 États et le deuxième pour 12 autres», a-t-il souligné.

«Une Amérique du Nord forteresse»

Il a plaidé pour un accord qui permettrait de réduire le coût de la vie des deux côtés de la frontière, ce qui, selon lui, est impossible avec des droits de douane.

«Le président Trump a fait campagne sur la promesse de baisser le prix des biens et services, a-t-il rappelé. Tout a augmenté, des logements au carburant. Il a fait campagne sur la création d'emplois. En réalité, le nombre d'emplois a diminué le mois dernier, tandis que l'Ontario en a créé 52 000.»

Lundi, M. Ford a déclaré que toutes les options étaient envisagées dans le cadre de l'escalade des tensions commerciales, y compris une surtaxe sur l'électricité que la province exporte vers trois États – le Michigan, New York et le Minnesota – voire une coupure d'électricité pour ces 1,5 million de clients.

Le premier ministre a également menacé d'interrompre les exportations de minéraux critiques vers les États-Unis.

Mardi, M. Ford a réaffirmé son idée d'une «Amérique du Nord forteresse», où le Canada accroît ses échanges commerciaux d'électricité, de minéraux critiques et d'automobiles.

«Nous sommes plus forts ensemble que face à l'adversité», a-t-il plaidé.

Liam Casey et Allison Jones, La Presse Canadienne

Liam Casey

Liam Casey

Journaliste

Allison Jones

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