🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

«C’est épuisant»: des PME bouleversées par la menace de Donald Trump d’interdire les alcools canadiens

«Il n’y a rien que je peux faire...»

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L’interdiction d'importer de l’alcool canadien aux États-Unis affecte des producteurs québécois Plusieurs producteurs d’alcool québécois qui avaient réussi à percer le marché américain sont inquiets de la décision de Donald Trump d’interdire l'importation de l'alcool canadien aux États-Unis.

L’interdiction des alcools canadiens aux États-Unis, annoncée par le président Donald Trump mardi, aura une influence sur l’expansion des petites et moyennes entreprises (PME) du Québec qui exportent des produits alcoolisés chez nos voisins du sud.

Le vignoble Pinard et filles, situé tout près du lac Memphrémagog, en Estrie, exporte ses vins aux États-Unis depuis 2017. C’est l’un des rares vignobles au Québec qui a percé dans ce marché. Cependant, l’interdiction de la plupart des alcools canadiens aux États-Unis pourrait mettre fin à cette collaboration.

«Avec le bannissement complet des produits, il n’y a rien que je peux faire», a lancé Frédéric Simon, copropriétaire du vignoble.

Il espère que l’interdiction pourrait avoir un effet de rareté sur ses produits, qui permettrait à ses vins de prendre de la valeur.

«Ce qui est ironique c’est que quand on a commencé à attaquer le marché américain, on faisait à peu près 4000 bouteilles par année. Aujourd’hui, on fait dix fois ce volume-là, autour de 40 000 bouteilles. C’est un marché qu’on a construit étape par étape pendant dix ans qui aujourd’hui s’effondre sous nos pieds», déplore le vigneron.

Le marché américain représente environ de 3 à 4 % du chiffre d’affaires de l’entreprise.

«On va être capable de redistribuer ce volume-là sur d’autres marchés canadiens ou même localement au Québec, mais c’est sûr qu’au niveau de la notoriété du vignoble, le marché américain c’est le plus gros marché, le plus près de nos frontières et le plus intéressant parce que tous les joueurs du vin mondial s’y retrouvent», affirme M. Simon.

Mais ce ne sont pas que les vignobles qui seront affectés par les nouvelles menaces de Donald Trump, les distilleries comme Pur Vodka et Romeo’s Gin, détenues par Duvernois Esprits Créatifs, étaient sur le point d’entrer sur les tablettes américaines.

Tout était prévu pour le début de 2027 et des investissements considérables avaient été réalisés pour y arriver. C’est la troisième fois en six ans que le président de l’entreprise doit reporter son entrée sur le marché américain.

«Tout est beau, les réglementations sont remplies, les changements de visuels pour s’adapter aux différents marchés [aussi]. Cette nouvelle tombe et, encore une fois, on doit reporter notre lancement», dénonce Nicolas Duvernois, fondateur et PDG de Duvernois Esprits Créatifs.

Il souligne que cette annonce démotive ses équipes qui ont travaillé sur le projet depuis plusieurs années.

«À chaque fois on arrive à minuit moins une et on est obligé de l’annuler... C’est épuisant quand même», ajoute M. Duvernois.

Il n’y a pas que les alcools canadiens qui seront bientôt interdits aux États-Unis, puisque la menace de Trump inclut aussi les motos, les produits à base de lactosérum comme les concentrés de protéines et la mélasse.

Mais les portes ne sont pas encore totalement fermées, soutient le chroniqueur économique, Alexandre Leblond.

«Les mesures qui ont été annoncées sont draconiennes, mais ultimement, c’est à partir du 29 septembre. Alors quand je lis ça le 8 au soir, ce que je vois, c’est qu’il nous donne trois semaines pour négocier. S’il n’y avait aucune ouverture et aucune espérance de règlement de ce conflit-là, les mesures on les appliquerait dès aujourd’hui», affirme-t-il.

À voir dans la vidéo.