🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

Carney aux responsables de l’administration Trump: évitez de faire des commentaires sur la politique canadienne

«Avec tout le respect que je leur dois, je ne pense pas que les membres du cabinet américain, qui sont nommés et non élus, soient des experts en politique canadienne.»

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Le premier ministre Mark Carney prend la parole au cours d'un point de presse, le 3 septembre 2026, aux installations d'Alstom à Thunder Bay, en Ontario. LA PRESSE CANADIENNE/David Jackson Le premier ministre Mark Carney prend la parole au cours d'un point de presse, le 3 septembre 2026, aux installations d'Alstom à Thunder Bay, en Ontario. LA PRESSE CANADIENNE (David Jackson)

Alors que les négociations commerciales sont au point mort et qu’une guerre tarifaire couve entre le Canada et les États-Unis, le premier ministre Mark Carney estime que les responsables américains non élus devraient s’abstenir de commenter la politique canadienne.

«Avec tout le respect que je leur dois, je ne pense pas que les membres du cabinet américain, qui sont nommés et non élus, soient des experts en politique canadienne», a dit Carney aux journalistes après une annonce à Thunder Bay sur la construction de nouveaux wagons de train pour Via Rail, en Ontario jeudi, quand on lui a posé des questions sur les commentaires du secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, la semaine dernière.

Lutnick a nié que les responsables américains aient fait toute une histoire des lois sur la langue française — l’une des raisons invoquées pour expliquer l’échec des pourparlers —, ajoutant que le Canada s’était retiré d’une entente avec les États-Unis à la fin du mois dernier «pour des raisons politiques».

Après des semaines de pourparlers intenses tout au long de l’été, le Canada et les États-Unis n’ont pas réussi à conclure une entente commerciale de dernière minute, ce qui a conduit à l’entrée en vigueur de la nouvelle série de droits de douane de 50 % imposée par le président américain Donald Trump sur des milliards de dollars de produits canadiens.

Les produits visés comprennent ceux couverts par l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

En réponse, Carney a annoncé que le Canada imposerait des contre-droits de douane sur près de 28 milliards de dollars de produits américains à compter du 8 septembre.

«Tout ce que fait ce gouvernement, tout ce que j’essaie de faire, c’est de collaborer avec les provinces, avec des partenaires volontaires partout dans le monde, avec les syndicats et avec les entreprises, pour aller de l’avant dans l’intérêt de nos citoyens.»

—  Mark Carney, premier ministre du Canada

«C’est la politique avec un “p” minuscule, si tu veux appeler ça de la politique, c’est ça», a ajouté Carney, en insistant sur le fait que les négociateurs canadiens «ne prennent pas position sur ces questions».

Faisant référence à l’accord qui a échoué, et qui se serait effondré à la dernière minute, Carney a déclaré que les Américains avaient des lignes rouges immuables que le Canada ne pouvait pas accepter.

«Et boom, c’est là : “c’est à notre façon ou rien”, une attitude du genre “c’est à prendre ou à laisser”», a déclaré M. Carney, ajoutant que ces lignes rouges ne semblent plus exister.

Le premier ministre a indiqué que ce que les responsables américains semblent dire maintenant diffère des positions qu’ils avaient adoptées pendant les négociations.

Les commentaires de Carney jeudi ne sont pas la première fois qu’il s’en prend publiquement aux négociateurs américains.

S’adressant aux journalistes plus tôt cette semaine, Carney les a invités à cesser leurs attaques en ligne et à prendre les discussions commerciales plus au sérieux, affirmant que lorsqu’ils «cesseront de faire des mèmes, de lancer des piques, d’essayer de se montrer durs, et commenceront à être sérieux», le Canada reviendra à la table des négociations.

Dans une publication sur les médias sociaux jeudi, Trump a écrit que ça ne dérangeait pas les politiciens canadiens, notamment Carney, de faire passer le président américain pour «l’ennemi», jusqu’à ce que «l’économie du Canada s’effondre».