🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

Abdul El-Sayed qualifie les droits de douane imposés au Canada de «stupides»

Le sénateur désigné et le président américain ont eu maille à partir pendant la campagne des élections de mi-mandat.

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À gauche : le sénateur élu Abdul El-Sayed. À droite : le président américain Donald Trump. (The Associated Press) À gauche : le sénateur élu Abdul El-Sayed. À droite : le président américain Donald Trump. (The Associated Press)

Le sénateur américain nouvellement élu Abdul El-Sayed se dit prêt à collaborer avec l’administration Trump pour mettre fin à la guerre commerciale qui oppose son pays au Canada.

M. El-Sayed, membre du Parti démocrate, a tenu ces propos jeudi lors d’une entrevue accordée à l’émission Morning Joe de MS NOW, à la suite de sa victoire aux élections de mi-mandat face à son adversaire républicain Mike Rogers, dans le Michigan.

Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.

«S’il (Trump) souhaite travailler sur les dossiers qui me tiennent à cœur, […] (notamment) mettre fin à ces droits de douane absurdes imposés au Canada, alors discutons-en et tenons nos promesses envers les citoyens», a-t-il dit.

L’économie du Michigan est étroitement liée à celle du Canada, notamment dans le secteur automobile. Plus de la moitié des composants des véhicules assemblés au Canada proviennent des États-Unis. À lui seul, le Michigan a importé pour plus de 20 milliards de dollars canadiens de voitures et de camions en 2025, et en a exporté pour 10 milliards de dollars canadiens.

Le président américain Donald Trump a imposé des droits de douane de 25% sur les importations automobiles en provenance du nord de la frontière, avec des exemptions pour les composants relevant de l’accord commercial existant entre les deux pays, l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). Le Canada a riposté en instaurant ses propres droits de 25%. En août, M. Trump a menacé de porter à 50% les droits de douane sur les véhicules et les pièces automobiles fabriqués au Canada, à compter du 1er janvier 2027.

En dehors du secteur automobile, les importations agricoles du Michigan vers le Canada ont chuté de 12,3% entre 2024 et 2025, ce qui représente un manque à gagner de 145 millions de dollars américains, selon une étude du Département de l’agriculture et du développement rural du Michigan. Le Canada achète plus de produits agricoles au Michigan que tout autre pays.

Malgré la vague bleue aux États-Unis, les entreprises du Québec demeurent sur leurs gardes Au lendemain des élections de mi-mandat aux États-Unis, Carrefour Québec international tenait une rencontre pour parler de la guerre tarifaire. Près de 70 entreprises de partout au Québec se sont rassemblées à Sherbrooke. De nouveaux tarifs sont entrés en vigueur vendredi, ils touchaient que quelques produits très précis, les entreprises restent inquiètes. Et certaines continuent à subir les contrecoups. Le Carrefour Québec International aide les entreprises à maîtriser la règlementation douanière et à trouver des solutions logistiques afin de maximiser leur rentabilité et éviter les pénalités. Depuis la guerre tarifaire, leurs services sont grandement sollicités.

Accueil chaleureux des démocrates

Le premier ministre Mark Carney a soutenu en début de semaine que les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis s’étaient intensifiées en coulisses.

Jeudi, deux jours après le retour des démocrates à la tête du Congrès, M. Carney a affirmé que le Canada restait un «excellent partenaire» des États-Unis et un «pays confiant dans l’avenir».

Il n’a pas répondu à une question sur l’état d’avancement des négociations avec Washington.

Le maire de Windsor a affirmé mercredi à CTV News qu’il espérait qu’un Congrès avec une nouvelle composition permettrait d’apaiser les tensions commerciales. Windsor — bastion historique de l’industrie automobile du sud de l’Ontario — se trouve en première ligne de la guerre commerciale, partageant une frontière avec Détroit.

Le maire Drew Dilkens a prévenu que les droits de douane de 50 % brandis par Trump pour le 1er janvier seraient «catastrophiques» s’ils venaient à être appliqués. L’usine Stellantis de Windsor a interrompu sa production pendant quatre semaines consécutives, invoquant l’évolution des conditions du marché, la demande des consommateurs et les droits de douane. L’activité reste à l’arrêt jusqu’à la semaine prochaine.

Avec la collaboration de Travis Fortnum pour CTV News Windsor