Économie

Vous allez recevoir un remboursement d’impôt? Voici ce que vous devriez en faire

«Au bout du compte, c’est votre choix.»

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Alors que la date limite pour produire sa déclaration de revenus approche ce vendredi, certains Canadiens vont devoir se dépêcher pour la respecter. Si l’on se fie à l’année dernière, environ 19 millions de personnes devront recevoir un remboursement d’impôt.

Selon l’Agence du revenu du Canada, le montant moyen s’élève à environ 2000$.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Lorsque CTV News a demandé aux passants du centre-ville de Toronto ce qu’ils comptaient faire de cet argent, les avis divergeaient considérablement. Mais Gillian Garcia n’a pas hésité.

«Je vais probablement emmener ma famille en vacances», a-t-elle confié. «Je pense que nous le méritons après l’hiver que nous avons passé. Nous travaillons dur pour gagner notre argent.»

Une autre passante prévoit d’investir son remboursement en bourse, tandis qu’Eric Nobel va «probablement le placer dans un certificat de placement garanti (CPG) pour gagner un peu d’intérêts».

Alors, que devriez-vous faire avec votre remboursement d’impôt? La réponse dépend beaucoup de votre situation personnelle, explique Jessica Moorhouse, éducatrice financière et autrice de Everything but Money: The Hidden Barriers Between You and Financial Freedom.

«Je peux seulement vous dire ce que je pense être une bonne idée pour votre argent, mais au bout du compte, c’est votre choix», a-t-elle dit.

Jessica Moorhouse, spécialiste en éducation financière, compte 2000$, soit le montant moyen des remboursements d'impôt selon l'Agence du revenu du Canada. (CTV News) Jessica Moorhouse, spécialiste en éducation financière, compte 2000$, soit le montant moyen des remboursements d'impôt selon l'Agence du revenu du Canada. (CTV News)

Une récente enquête menée par EQ Bank a révélé que seulement 9% des personnes s’attendant à un remboursement prévoyaient de le dépenser pour des dépenses discrétionnaires, comme des voyages ou des sorties au restaurant.

En général, la première recommandation de Mme Moorhouse est de constituer un fonds d’urgence si vous n’en avez pas — c’est-à-dire de mettre de côté l’équivalent de trois à six mois de frais de subsistance pour les jours difficiles.

«Les urgences peuvent prendre toutes sortes de formes», a-t-elle dit. «Cela peut être la perte d’un emploi. Je sais que beaucoup de gens sont très inquiets pour la sécurité de leur emploi, aujourd’hui plus que jamais. Mais cela peut aussi être la maladie de votre animal de compagnie, et hop, voilà une facture de vétérinaire de 700$.»

Elle affirme que les difficultés financières auxquelles les gens sont confrontés aujourd’hui rendent ce fonds d’urgence plus important que jamais.

«Les gens ont vraiment besoin d’un sentiment de sécurité et de stabilité — en ce moment, je pense qu’il y a un grand manque à ce niveau. Beaucoup d’anxiété», a expliqué Mme Moorhouse.

Une fois le fonds d’urgence constitué, elle recommande de rembourser les dettes à taux d’intérêt élevé.

«Beaucoup de gens ont un crédit automobile ou un prêt immobilier. Les taux d’intérêt de ces prêts sont relativement bas», a-t-elle dit, ajoutant que les marges de crédit et les dettes de carte de crédit — qui peuvent être assorties de taux d’intérêt d’environ 20% ou plus — constituent de meilleures cibles.

«Il est très courant d’avoir des dettes de carte de crédit, et cela peut représenter un lourd fardeau — chaque mois, vous payez plusieurs centaines de dollars d’intérêts», a-t-elle rappelé.

Une récente enquête menée par Vividata suggère que 36% des détenteurs de cartes de crédit canadiens ont généralement un solde impayé.

Les Québécois de plus en plus endettés: la carte de crédit est «un outil de survie» en 2026 Les Québécois sont de plus en plus serrés dans leurs finances, notamment en raison du prix du panier d’épicerie et de la hausse des loyers. Et cette situation se fait sentir à l’échelle nationale chez les syndics autorisés en insolvabilité.

Mme Moorhouse suggère également de placer l’argent du remboursement dans un compte d’épargne pour l’achat d’une première maison, un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ou un compte d’épargne libre d’impôt (CELI).

«Les CELI sont parfaits pour la constitution d’un patrimoine à long terme, car les gains qu’ils génèrent sont exonérés d’impôt», a-t-elle avancé.

Mais que faire si vous ne souhaitez pas consacrer chaque dollar à l’épargne ou au remboursement de dettes? Mme Moorhouse estime qu’il n’y a rien de mal à s’accorder un peu d’argent pour se faire plaisir — se concentrer exclusivement sur les nécessités peut mener à une «fatigue de la frugalité», où la gestion budgétaire cesse d’être perçue comme une responsabilité et commence à être épuisante.

Les experts suggèrent souvent de consacrer la majeure partie d’un remboursement d’impôt au remboursement de dettes ou à l’épargne, tout en mettant de côté une petite partie pour des dépenses sans culpabilité — une répartition 80/20 ou 90/10, selon votre situation.

«Tout le monde est différent, mais ce sont d’excellentes lignes directrices pour commencer», a ajouté Mme Moorhouse.

Si vous recevez régulièrement des remboursements importants, elle estime que cela vaut la peine de se pencher sur la question. Cela signifie probablement que vous payez trop d’impôts au gouvernement tout au long de l’année et que vous accordez en fait à Ottawa un prêt sans intérêt.

«C’est peut-être un point à aborder avec votre service de paie, si vous travaillez pour une entreprise, afin de réduire le montant que vous versez au gouvernement tout au long de l’année», a-t-elle précisé.