Il n’est pas facile d’acheter sa première maison de nos jours, et la situation ne fait qu’empirer à Montréal.
Selon un récent rapport sur l’accessibilité au logement publié par la société de courtage hypothécaire Ratehub.ca, l’accessibilité aux prêts hypothécaires s’est détériorée en avril dans 12 grandes villes canadiennes ; si vous souhaitez acheter une maison à Montréal, vous devez désormais disposer d’un revenu familial avant impôts de 128 240 $.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News
Le courtier immobilier Mark-André Martel, du groupe Sutton, explique que de nombreux premiers acheteurs sont découragés.
«Même si leur pouvoir d’achat diminue légèrement, les prix de l’immobilier n’ont pas encore baissé», dit-il. «Le prix médian des appartements en copropriété reste stable, sans aucune fluctuation depuis le début de l’année.»
En avril, le prix moyen d’une maison à Montréal était de 594 400 dollars, selon Ratehub.
Le rapport de Ratehub montre qu’un acheteur aurait besoin de 650 dollars de revenus supplémentaires en avril par rapport à mars de cette année, et de 240 dollars de plus par an pour ses mensualités hypothécaires.
Pour son rapport, l’organisme a pris en compte un apport personnel de 10 %, un amortissement sur 25 ans, 4000 $ de taxes foncières annuelles et 150 $ par mois de frais de chauffage. Il a également tenu compte du test de résistance, ainsi que de la moyenne des taux d’intérêt pratiqués par les cinq grandes banques.
Selon Philippe Simard, directeur des prêts hypothécaires chez Ratehub pour le Québec, les prix de l’immobilier ne sont pas la seule raison pour laquelle l’accessibilité se détériore.
«Cela est vraiment lié à la légère hausse des taux d’intérêt, car au début de l’année, nous avions un taux d’environ 3,59 % et nous en sommes maintenant à un peu plus de 4 %», explique-t-il.
M. Martel ajoute que les premiers acheteurs versent souvent la mise de fond minimum et disposent d’une marge de manœuvre très réduite.
«Ils achètent à hauteur du montant maximal. Ainsi, si le taux fluctue de 0,5 %, cela peut signifier 20 000 $ de moins pour acheter un bien immobilier.»
Compte tenu de l’incertitude qui règne autour de la guerre au Moyen-Orient, M. Martel indique que certains acheteurs craignent une hausse des taux à l’avenir.
Pour entrer sur le marché, il peut être nécessaire de faire preuve d’une certaine souplesse, par exemple en cherchant plus loin de Montréal ou en optant pour l’achat d’un appartement en copropriété.
«Parfois, il s’agit simplement d’un changement de mentalité et de ne pas cocher toutes les cases, mais au moins, on parvient à acheter un bien immobilier et à entrer sur le marché.»

