Après avoir fermé 53 magasins ces deux dernières années et confrontée à une série de poursuites judiciaires de la part de fournisseurs et de propriétaires impayés, Toys“R”Us Canada s’est tournée vers un tribunal ontarien pour obtenir un sursis et tenter de se restructurer.
Le détaillant de jouets a annoncé mardi avoir déposé une demande de protection contre ses créanciers le temps d’entreprendre une restructuration qui pourrait entraîner une réduction supplémentaire de son réseau de magasins, voire la vente de l’entreprise à de nouveaux propriétaires.
La protection contre les créanciers permet à une entreprise insolvable de se soustraire temporairement au paiement de ses dettes pendant qu’elle définit ses prochaines étapes.
Dans les documents déposés auprès du tribunal, Toys“R”Us Canada a indiqué que cette démarche était nécessaire en raison des difficultés rencontrées par l’entreprise face à l’inflation, la hausse des coûts de main-d’œuvre, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et la montée en puissance du commerce électronique.
L’entreprise a procédé à des licenciements, fermé des magasins non rentables, négocié avec ses fournisseurs et exploré d’autres sources de revenus pour tenter de surmonter les difficultés rencontrées en 2023 et 2024, mais ces mesures n’ont pas suffi à stabiliser ses activités.
Toys“R”Us Canada affirme devoir désormais au moins 120 millions $ à ses fournisseurs et des sommes «substantielles» à ses propriétaires.
La Presse Canadienne avait précédemment révélé que l’entreprise fait l’objet de poursuites pour factures impayées de la part d’au moins six fournisseurs, dont Spin Master., fabricant des jouets Paw Patrol et Gabby’s Dollhouse.
Elle est également visée par au moins huit poursuites, totalisant environ 35 millions $, intentées par des propriétaires comme RioCan Holdings, qui ont résilié les baux de Toys“R”Us Canada et l’accusent de ne pas payer son loyer.
Ces allégations n’ont pas encore été examinées par les tribunaux, mais Toys“R”Us Canada a indiqué dans sa requête déposée mardi être impliquée dans «divers litiges en cours» liés à des réclamations pour rupture de contrat ou de bail.
Dans plusieurs de ces affaires, Toys“R”Us Canada n’a pas déposé de défense. Lorsqu’elle a répondu, l’entreprise a généralement nié les allégations de ses fournisseurs et propriétaires et contesté le montant des sommes réclamées.
Vente de biens immobiliers
Ces poursuites surviennent alors que Toys“R”Us Canada réduit considérablement son réseau, fermant des magasins qu’elle exploitait depuis des décennies. Certains de ses biens immobiliers ont été mis en vente pour aussi peu qu’un dollar symbolique, et des remorques, des chariots élévateurs et d’autres équipements de son siège social de Concord, en Ontario, ont été vendus aux enchères juste avant Noël.
Bien que ses 22 magasins actuels demeurent ouverts pendant la période de protection contre les créanciers, l’entreprise a averti qu’elle pourrait réduire davantage le nombre de ses points de vente.
La liquidation des magasins, du mobilier et de l’équipement, ainsi que la mise en place d’un processus de vente pour les points de vente restants, sont également des options envisagées, a indiqué Alvarez & Marsal, un administrateur judiciaire chargé d’accompagner l’entreprise pendant la période de protection contre les créanciers, dans un document déposé auprès du tribunal.
Toys“R”Us Canada appartient à une société à numéro qui exerce ses activités sous le nom de Putman Investments.
Putman Investments, une société établie à Ancaster (Ontario), a acquis l’entreprise en 2021 auprès de Fairfax Financial Holdings.
Fairfax avait sauvé l’entreprise et Babies“R”Us Canada en 2018, lorsque celle-ci s’était placée sous la protection de la loi sur les faillites après que la filiale américaine de Toys“R”Us ait demandé la protection de la loi sur les faillites.
Putman possède également les chaînes de divertissement HMV, Sunrise Records et FYE, ainsi que les détaillants de vêtements Ricki’s, Cleo et Northern Reflections.
Ces dernières années, il a ouvert des rayons HMV dans les magasins Toys“R”Us Us et a commencé à vendre des produits Ricki’s, Cleo et Northern Reflections dans le magasin de jouets.
Pendant les fêtes, Putman a fermé tous ses magasins T. Kettle, autrefois situés dans d’anciens emplacements de DavidsTea. Auparavant, il avait fermé Rooms + Spaces, une entreprise éphémère de vente d’articles pour la maison qui visait à remplacer Bed Bath & Beyond Canada.
Everest Toys, la société sœur de Putman, fondée par le père de Doug Putman, dirigeant de Putman Investments, a été placée sous administration judiciaire l’année dernière.
