La guerre commerciale menée par les États-Unis continue de faire des victimes au plan économique. Selon une nouvelle étude de l’Institut du Québec (IDQ), l’imposition de tarifs de 50% sur l’aluminium, le cuivre et l’acier a fait chuter le volume des exportations de l’industrie de la métallurgie québécoise de 36% en 2025.
«Avant la guerre commerciale, pas moins de 90% des métaux produits ici étaient destinés au marché américain. Conséquence : le nombre d’emplois dans ce secteur a reculé de 3,6 %, après plusieurs années de forte progression», explique-t-on jeudi dans un communiqué.
Selon l’Institut du Québec, la filière de l’acier et des fonderies est la plus durement touchée, en raison d’une forte capacité de production locale aux États-Unis. «Les exportations de produits semi-ouvrés de fer et d’acier tels que les barres, plaques et tôles ont chuté de 51% l’an dernier.»

Le scénario n’est guère plus reluisant pour les filières de l’aluminium et du cuivre, alors qu’on note des baisses importantes du volume des exportations. «Ces baisses ont été partiellement compensées par une hausse des prix mondiaux, qui ont intégré les tarifs. Une nouvelle méthode de calcul des tarifs entrée en vigueur en avril 2026 pourrait encore assombrir le tableau », précise l’IDQ.
L’exportation est nécessaire
Le Québec produit environ 1,5 fois plus de produits métallurgiques qu’il n’en consomme, rendant l’accès à des marchés d’exportation «vital».
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Si les États-Unis restent de loin le plus grand marché, les exportations métallurgiques québécoises se sont diversifiées par nécessité en 2025.
«Malgré une hausse de 1,1 G$ des exportations vers d’autres marchés, en Europe et en Asie notamment, celle-ci n’a pas suffi à compenser la chute de 2 G$ des exportations vers les États-Unis», explique l’IDQ.

L’industrie métallurgique québécoise a l’espoir que les investissements publics prévus au Canada au cours des prochaines années, comme ceux en défense, stimulent la demande locale pour certains produits métallurgiques, mais elle reste inquiète.
«Les retombées réelles dépendront de deux facteurs : la part des investissements qui ira aux entreprises d’ici, et le fait que ces entreprises s’approvisionnent principalement en métaux québécois ou non», souligne Emna Braham, présidente-directrice générale de l’IDQ. «Et là encore, cela dépendra de la taille des contrats et de la capacité des fournisseurs locaux à répondre aux exigences techniques pour ces grands contrats publics.»
Innovation et leadership
L’étude de l’Institut du Québec, menée en collaboration avec le Comité sectoriel de main-d’œuvre de la métallurgie du Québec (CSMO-M) et réalisée avec la participation financière du gouvernement du Québec, met par ailleurs en lumière le besoin «impératif» d’innover au sein de l’industrie métallurgique.
Pour l’aluminium québécois, déjà leader mondial, l’IDQ propose une continuité dans la consolidation de son leadership grâce, entre autres, à la décarbonation et à l’innovation. «Il est essentiel de miser sur la recherche et le développement de nouveaux alliages et produits spécialisés, ainsi que sur la transformation et la fabrication de ces produits, notamment pour capter une plus grande partie de la valeur ajoutée.»
Pour l’acier et les fonderies, l’IDQ croit que cette filière, «particulièrement vulnérable aux tensions commerciales», doit se repositionner dans un marché plus concurrentiel et plus restreint. «Cela exige des investissements en modernisation et en spécialisation, un défi de taille pour des PME disposant de moyens beaucoup plus limités que les grandes multinationales pour absorber les chocs et diversifier leurs marchés», estime l’IDQ.
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L’industrie de la métallurgie québécoise emploie environ 17 260 personnes au Québec.
L’étude de l’IDQ tend à démontrer que la main-d’œuvre qualifiée œuvrant dans les différentes filières est d’ailleurs au cœur de la transition à venir. «Moderniser les procédés, adopter de nouvelles technologies et développer de nouveaux marchés exigent une main-d’œuvre qualifiée et des gestionnaires capables de piloter le changement», a-t-on conclu.

