Alors que le Canada fait face à des droits de douane américains de 50 % sur une vaste gamme de produits, la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, est disposée à utiliser les outils dont dispose sa province pour contribuer à la conclusion d’une entente et éviter des droits de douane supplémentaires.
«Ils nuisent à notre économie et font grimper le coût de la vie pour tout le monde», a-t-elle déploré. «Le Nouveau-Brunswick est prêt à faire tout ce qu’il faut pour aider le Canada à conclure cette entente.»
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Cela inclut la possibilité d’utiliser, dans le cadre des négociations, l’énergie du Nouveau-Brunswick exportée vers la Nouvelle-Angleterre.
«Nous devons faire preuve d’une grande stratégie dans la manière dont nous utilisons le levier dont nous disposons. Mais je crois qu’un de mes collègues autour de la table a utilisé cette expression: “il faut marcher doucement tout en brandissant un gros bâton”», a-t-elle ajouté.
Selon Mme Holt, la province ne prendrait peut-être pas de mesures concrètes à cet égard, mais le simple fait de savoir que cette option existe est utile.
Les droits de douane et les taxes menacés touchent des produits canadiens allant de l’alcool aux appareils électroniques en passant par la mélasse.
Ils auront également des répercussions sur le secteur du bois d’œuvre résineux, qui est déjà en difficulté.
Mme Holt estime que ces droits de douane affecteront pour 112 millions de dollars de produits du Nouveau-Brunswick, soit 0,8 % des exportations provinciales vers les États-Unis.
«Chaque dollar qui s’en va est un mauvais signe. Dans certains cas, cela signifie, je crois, pour l’un de nos entrepreneurs, un impact de 44 millions de dollars dans le secteur de la fabrication de carton et de boîtes», a-t-elle expliqué.
Maria Panezi, professeure agrégée de droit à l’Université du Nouveau-Brunswick, a indiqué qu’il était risqué de menacer de recourir à l’énergie lorsque celle-ci n’est pas autrement touchée et que l’application des droits de douane n’est pas garantie.
«Je pense qu’il faut faire preuve de prudence lorsqu’on tente de réorienter les flux commerciaux pour forcer la main d’un partenaire commercial», a-t-elle dit.
Elle n’est pas la seule. Rhonda Tulk-Lane, présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce de l’Atlantique, espère que le gouvernement fédéral évitera les mesures de rétorsion et une guerre commerciale.
«Des décennies et des décennies de recherche montrent que personne ne sort gagnant lorsque des droits de douane sont imposés», a-t-elle souligné.
Mme Panezi soutient qu’il est dans l’intérêt des États-Unis de négocier une entente avec le Canada. «Les deux pays sont étroitement liés et les États-Unis sont eux aussi très exposés sur le plan commercial», a-t-elle précisé.
