Économie

Les prix de l’essence ont fait monter l’inflation à 3,0% en juillet au Canada

Le conflit au Moyen-Orient est en cause.

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Une pompe à essence dans une station-service à Montréal, le mercredi 12 avril 2017. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Une pompe à essence dans une station-service à Montréal, le mercredi 12 avril 2017. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Graham Hughes)

La remontée des prix de l’essence en juillet a fait grimper l’inflation à 3,0 % le mois dernier, alors que des signes laissaient entrevoir un allègement des pressions sur les prix dans les épiceries, indique lundi Statistique Canada.

Cette accélération de l’indice des prix à la consommation (IPC) pour juillet fait suite à un recul de l’inflation à 2,8 % en juin. Avant la publication des chiffres de lundi, la plupart des économistes s’attendaient à ce que l’inflation ne progresse que très légèrement, pour s’établir à 2,9 %.

La volatilité des prix de l’essence a une nouvelle fois été à l’origine des variations de l’IPC.

Les progrès des négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran avaient contribué à modérer les prix de l’énergie et à freiner fortement l’inflation en juin, mais la reprise des hostilités au Moyen-Orient le mois dernier a de nouveau fait grimper les cours mondiaux du pétrole.

Hors essence, l’IPC a augmenté de 2,2 % en juillet pour le troisième mois consécutif, précise Statistique Canada.

Le coût du panier d’épicerie en hausse malgré la baisse de plusieurs aliments Une nouvelle étude révèle que le prix de la plupart des aliments est en baisse. Cependant, les protéines font monter le coût total du panier.

La hausse des prix du kérosène a contribué à une augmentation de 12,0 % du coût des billets d’avion le mois dernier, contre 9,6 % en juin.

Les coûts des voyages organisés ont également connu une forte accélération en juillet, ce que Statistique Canada attribue à la hausse des prix des hôtels et des vols vers les villes américaines accueillant des matchs de la Coupe du monde de la FIFA.

Vers un répit en août?

Robert Kavcic, économiste principal à la Banque de Montréal, indique lundi dans une note adressée à ses clients qu’avec la fin de la Coupe du monde et le recul des prix de l’essence au cours de la première quinzaine d’août, les données sur les prix de ce mois-ci devraient montrer un certain répit sur ces points sensibles.

En juillet, une certaine accalmie dans les épiceries a contribué à compenser ces pressions sur les coûts. Statistique Canada souligne que la croissance des prix des aliments achetés au magasin a ralenti à 3,1 % en juillet, contre 3,9 % le mois précédent.

Ce recul s’explique par le ralentissement de la hausse des prix des légumes frais et du poulet, ainsi que par la baisse des prix des produits céréaliers. L’inflation des fruits frais, quant à elle, s’est accélérée, passant de 1,7 % à 6,1 %, en raison de la hausse des prix des baies et des melons.

Malgré ce ralentissement, l’inflation des produits alimentaires dépasse désormais l’IPC global depuis 18 mois consécutifs.

Les chiffres de l’inflation de juillet constituent le dernier examen des prix pour la Banque du Canada avant sa prochaine décision sur les taux d’intérêt, le 2 septembre. La banque centrale a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25 % lors de ses six dernières décisions consécutives.

M. Kavcic souligne que les mesures de l’inflation sous-jacente privilégiées par la banque centrale ont affiché une certaine fermeté le mois dernier. Toutefois, même si certaines mesures à court terme de l’inflation sous-jacente s’accélèrent, les taux annuels à long terme restent proches de l’objectif de 2 % de la Banque du Canada.

Compte tenu des deux rapports solides sur le produit intérieur brut et l’emploi publiés ces dernières semaines, et à quelques jours seulement de la date butoir du 19 août pour les nouveaux droits de douane américains, M. Kavcic précise que BMO reste confiante dans sa prévision selon laquelle la banque centrale maintiendrait ses taux inchangés le mois prochain et pour le reste de l’année 2026.

«Il existe de nombreuses tensions contradictoires du côté de la croissance de l’économie canadienne — par exemple, un rebond vigoureux au deuxième trimestre qui doit encore faire ses preuves face à l’incertitude commerciale persistante, avise M. Kavcic. Mais du côté de l’inflation, la situation semble stable et maîtrisée malgré une légère accélération en juillet.»

Andrew Grantham, économiste principal à la Banque CIBC, partage l’avis de M. Kavcic selon lequel les mesures de l’inflation sous-jacente de juillet sont suffisamment modérées pour que la Banque du Canada n’ait pas à se précipiter pour relever son taux directeur en réponse aux pressions sur les prix.

Il indique dans une note que les responsables de la politique monétaire disposent de suffisamment de temps pour évaluer comment les fluctuations des cours du pétrole et la situation tarifaire vont évoluer, et pour déterminer si les signes de reprise économique se maintiendront au cours des mois à venir.

La CIBC ne prévoit aucun changement du taux directeur avant mi-2027.

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste