Économie

La Coupe du monde et les emplois chez les jeunes dynamisent le marché du travail

Les jeunes ont connu un meilleur début de saison estivale sur le marché du travail cette année par rapport à 2025.

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Fans make their way to Toronto Stadium on Wednesday, June 17, 2026. THE CANADIAN PRESS/Sammy Kogan Des partisans se rendent au Stade de Toronto le mercredi 17 juin 2026. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Sammy Kogan)

La Coupe du monde de la FIFA et l’amélioration du marché de l’emploi d’été pour les jeunes semblent avoir été les moteurs de la croissance soutenue enregistrée le mois dernier sur le marché du travail canadien.

Les employeurs ont créé 18 000 emplois en juin, indique vendredi Statistique Canada, principalement dans le secteur privé et à temps partiel.

Cela a fait baisser le taux de chômage d’un dixième de point, à 6,5 %, soit le même niveau qu’en janvier.

La hausse de l’emploi a légèrement dépassé les prévisions des économistes avant la publication des chiffres, mais marque un ralentissement par rapport aux 88 000 emplois créés en mai.

Andrew DiCapua, économiste principal à la Chambre de commerce du Canada, indique que le marché du travail se stabilisait après un début d’année difficile.

Les employeurs ont supprimé au total plus de 100 000 postes au cours des quatre premiers mois de 2026, ce qui a rendu la croissance nette «quelque peu atone» cette année, ajoute-t-il.

«Cela montre bien que l’activité économique dans son ensemble se redresse après un premier trimestre très faible qui a vraiment pris de court de nombreux économistes et Canadiens», précise M. DiCapua.

Croissance pour les jeunes

Statistique Canada indique que les travailleurs âgés de 15 à 24 ans ont vu 33 000 emplois créés le mois dernier, après une période difficile sur le marché du travail pour les jeunes. Les travailleurs âgés de 25 à 54 ans ont connu des gains similaires, tandis que les plus âgés ont subi des pertes.

La croissance s’est concentrée sur l’emploi à temps partiel ainsi que sur les secteurs de la restauration, de l’hébergement et du commerce de détail.

De nombreux économistes qui ont commenté la publication des données vendredi ont souligné que la Coupe du monde avait stimulé les embauches dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration en juin.

Les jeunes travailleurs, en particulier, ont probablement profité des postes vacants dans les bars, les hôtels et chez d’autres employeurs du secteur du tourisme lorsque le Canada a accueilli des matchs en juin, détaille M. DiCapua.

«D’une certaine manière, on peut vraiment dire que la Coupe du monde a stimulé le marché du travail», ajoute-t-il.

Le marché de l’emploi d’été semble en effet un peu plus favorable aux jeunes que l’année dernière.

Le taux de chômage des étudiants qui reprennent leurs études — ceux qui prévoient de retourner à l’école à l’automne — s’élevait à 15,3 % en juin, soit 2,1 points de pourcentage de moins qu’au même mois l’année dernière. Ce chiffre restait toutefois supérieur à la moyenne d’avant la pandémie, qui était de 13 %.

Statistique Canada a toutefois souligné que les perspectives d’emploi variaient considérablement au sein de cette tranche d’âge.

Les étudiants de retour à l’université âgés de 20 à 24 ans affichaient un taux de chômage de 8,2 % en juin, tandis que ceux âgés de 17 à 19 ans étaient confrontés à un taux de 16,5 %. Les adolescents de 15 ou 16 ans ont enregistré un taux de chômage de 30,6 % en juin, alors qu’ils cherchaient du travail en cette fin d’année scolaire.

Des pertes dans le manufacturier

Dans le reste de l’économie, le secteur de la fabrication a supprimé 17 000 emplois le mois dernier. Ce secteur a perdu quelque 61 000 emplois depuis son récent pic atteint en janvier 2025, les droits de douane américains continuant de peser sur lui, selon Statistique Canada.

Maria Solovieva, économiste à la Banque TD, explique vendredi dans une note adressée à ses clients que le secteur manufacturier «reste le symbole par excellence de l’incertitude qui pèse sur l’économie canadienne».

Le rapport sur l’emploi du mois de juin constituera le dernier examen approfondi de la situation économique par la Banque du Canada avant qu’elle ne prenne sa prochaine décision concernant les taux d’intérêt mercredi.

Mme Solovieva indique que la faiblesse des secteurs du marché du travail exposés aux échanges internationaux contribuera à contrebalancer les pressions inflationnistes observées ailleurs, ce qui permettra à la Banque du Canada de maintenir ses taux inchangés la semaine prochaine.

Vendredi midi, les marchés financiers estimaient à environ 90 % la probabilité d’un maintien des taux d’intérêt par la banque centrale la semaine prochaine, selon LSEG Data & Analytics.

Au total, l’emploi a progressé de 99 000 postes en glissement annuel en juin, la croissance se concentrant dans le secteur privé.

Le salaire horaire moyen a augmenté de 3,3 % en juin par rapport à l’année précédente, contre 3,0 % en mai.

Des «signes de reprise»

«Le marché du travail n’est toujours pas solide — le taux de chômage reste supérieur à la normale. Mais les données sur la croissance économique ont également montré des signes de reprise au deuxième trimestre après avoir marqué le pas pendant l’hiver», souligne Nathan Janzen, économiste en chef adjoint à la Banque Royale, dans une note adressée à ses clients.

M. Janzen indique qu’avec le ralentissement de la croissance démographique, les Canadiens devraient s’habituer à observer des hausses de l’emploi plus modestes sur une base mensuelle.

Toutefois, alors que le taux de chômage continue de baisser, il dit que les données de juin sur la population active corroborent l’avis de la Banque Royale selon lequel le marché de l’emploi s’améliore par travailleur. Il s’attend à ce que le taux de chômage continue de baisser jusqu’en 2026.

M. DiCapua partage l’avis de M. Janzen selon lequel le marché du travail ne fait pas preuve d’une grande vigueur. Toutefois, les taux de licenciement se maintenant à un niveau stable et les signes de nouvelle détérioration étant rares, il estime que la Banque du Canada devrait se contenter de rester en retrait.

«Le marché du travail se porte plutôt bien, tout bien considéré, ce qui permettra à la Banque du Canada et à ses gouverneurs de profiter d’une pause estivale», conclut-il.

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste