Le prochain contrat de sous-marins pour la Marine royale canadienne pourrait entraîner d’importantes retombées économiques à Trois-Rivières.
Fournisseur du fabricant allemand d’armement TKMS, l’entreprise québécoise Marmen devra construire une nouvelle usine et embaucher «quelques centaines d’employés supplémentaires» pour construire des pièces destinées au sous-marin 212CD de TKMS, affirme son PDG, Vincent Trudel, en entrevue.
Le fabricant de pièces industrielles complexes est déjà à l’étroit dans ses cinq usines situées dans la ville de la Maurice. «On n’a pas le choix (de construire une nouvelle usine), répond le dirigeant. À Trois-Rivières, nos usines sont complètes.»
Le premier ministre Mark Carney a annoncé, lundi, que TKMS était le soumissionnaire retenu pour la fourniture de la prochaine flotte canadienne de sous-marins. Le Canada prévoit acquérir jusqu’à 12 sous-marins, pour un coût estimé à 24 milliards $.
L’entreprise allemande coiffe ainsi son concurrent sud-coréen Hanwha dans une course «serrée», selon le premier ministre, pour obtenir ce lucratif contrat militaire.
TKMS a fait miroiter des retombées économiques de 86 milliards $ au Canada, s’il emportait la mise. Marmen fait partie de ses fournisseurs canadiens avec le fabricant montréalais de simulateurs CAE, notamment.
Les négociations entre TKMS et le gouvernement doivent encore se poursuivre avant de conclure la signature d’un contrat d’achat en bonne et due forme «au plus tard à la fin de 2027», souligne le gouvernement dans un communiqué.
Pour sa part, Marmen veut attendre la conclusion de l’entente avant de lancer ses investissements et procéder à des embauches, indique M. Trudel.
«Ces appels d’offres là, souvent, ça s’étire sur plusieurs années, explique l’homme d’affaires. Le gouvernement, vraiment, a fait un choix rapide, mais ce choix rapide fait en sorte qu’il y a beaucoup de choses qui vont être déterminées durant les négociations finales.»
Les choses devraient débouler après la conclusion du contrat, selon lui. «D’habitude, on bouge assez rapidement», affirme-t-il.
Fondée en 1972, Marmen fabrique des pièces complexes, notamment pour différentes filières énergétiques, comme l’hydro-électricité, l’éolien, le nucléaire. Elle compte plus de 1200 employés.
Outre ses cinq installations de Trois-Rivières, elle a également une usine à Matane et une autre aux États-Unis.
L’accroissement des investissements dans le secteur de la défense représente une occasion d’affaires pour le manufacturier québécoise.
Marmen lorgne également le marché américain, tandis que la Marine des États-Unis prévoit d’importants investissements dans sa flotte de sous-marins.
«On possède déjà une usine aux États-Unis, souligne M. Trudel. On cherche toujours des opportunités de croissance chez Marmen et c’est un domaine qu’on a identifié.»
