Économie

Siemens Énergie déclenche un lockout à ses deux installations de Trois-Rivières

«Les négociations avec le syndicat des Métallos se trouvent dans une impasse.»

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Les syndiqués (Syndicat des Métallos) de l'entreprise Siemens Énergie à Trois-Rivières, 15 avril 2026. La direction de Siemens a décrété un lockout.
Siemens Énergie à Trois-Rivières Les syndiqués (Syndicat des Métallos) de l'entreprise Siemens Énergie à Trois-Rivières, 15 avril 2026. La direction de Siemens a décrété un lockout. (Syndicat des Métallos)

La direction de Siemens Énergie a annoncé mercredi matin qu’elle a déclenché un lockout à des deux installations de Trois-Rivières, avec effet immédiat.

«Après 14 mois de pourparlers et près de 30 rencontres à la table et l’intervention d’un conciliateur, les négociations avec le syndicat des Métallos en vue du renouvellement de la convention collective se trouvent dans une impasse», a-t-on expliqué dans un communiqué.

Sans donner de détails, la direction de Siemens Énergie indique également que «certaines actions ont compromis l’ordre et la sécurité des employés» de l’entreprise «ainsi que le bon déroulement des négociations».

Ce sont donc environ 100 employés syndiqués qui se retrouvent, pour le moment, sans travail. D’ailleurs, selon le Syndicat des Métallos, à leur arrivée sur leur quart de travail mercredi matin, les salariés se sont fait interdire d’entrer par des agents de sécurité.

Les deux installations de Siemens Énergie de Trois-Rivières spécialisées en production de transformateurs de distribution électrique embauchent aussi près de 60 employés non syndiqués.

Siemens Énergie affirme être toujours ouvert à poursuivre les négociations dans le cadre du renouvellement de la convention collective de ses employés.

«On ne l’acceptera pas»

Le Syndicat des Métallos réagit furieusement face à la décision de Siemens Énergie de décréter un lockout alors que les négociations pour le renouvellement de leur convention collective étaient «toujours en cours».

«Siemens choisit de mettre ses travailleurs en lockout plutôt que de négocier», a déploré Luc Laberge, représentant syndical des Métallos.

« C’est une décision cynique et nos membres la vivent comme un affront. »

—  Luc Laberge, représentant syndical des Métallos

Le Syndicat des Métallos déplore également que la question salariale soit absente des discussions depuis l’ouverture des négociations en janvier 2024.

«Ainsi, les travailleurs n’ont reçu aucune augmentation de salaire depuis 28 mois», a-t-on exprimé dans un communiqué.

Ce lockout survient alors que le Syndicat des Métallos avait convoqué ses membres pour ce samedi afin d’obtenir un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève. La partie syndicale s’était engagée à ne pas déclencher cette grève avant les prochaines dates de négociations prévues le 1er mai prochain.

«Siemens préfère fermer ses portes plutôt que de s’asseoir à la table. Un lockout préventif, ça envoie le message aux travailleurs que leurs droits s’arrêtent là où les intérêts des patrons commencent. On ne l’acceptera pas », a commenté Luc Laberge.

La convention collective des syndiqués de Siemens Énergie est échue depuis le 21 décembre 2024. Depuis le 1er octobre 2025, un conciliateur du ministère du Travail accompagne les parties à la table de négociation.