Sherritt International annonce mardi avoir réduit les activités de sa coentreprise à Moa, à Cuba, en raison de contraintes d’approvisionnement en carburant.
La société torontoise indique qu’elle prévoit de suspendre ses activités minières et de mettre l’usine de traitement en veille au cours de la semaine prochaine, période pendant laquelle elle effectuera la maintenance prévue.
Cuba est confrontée à une pénurie de carburant depuis que les États-Unis ont coupé l’accès au pétrole vénézuélien et que le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane à tout pays vendant ou fournissant du pétrole à Cuba.
La question du carburant survient alors que Sherritt est déjà confrontée à des difficultés dans le cadre de ses activités à Moa.
La semaine dernière, la société a annoncé une perte nette de 15,8 millions $ au quatrième trimestre et une perte de 65,7 millions $ pour 2025.
Lors de la conférence téléphonique sur les résultats financiers de la société, Peter Hancock, chef de la direction par intérim, a déclaré que les performances de Moa étaient bien en deçà des normes de Sherritt et que la société avait lancé un plan de redressement complet.
«Même si nous pensons qu’il faudra du temps pour en voir tous les bénéfices, nous sommes convaincus que ce plan permettra de stabiliser la production et de nous positionner pour obtenir de meilleures performances», a expliqué M. Hancock.
La pénurie de carburant semble perturber ces plans. Sherritt dit mardi avoir été informée que les livraisons de carburant prévues pour Moa ne seraient pas effectuées et qu’elle ne sait pas quand elles pourraient reprendre.
M. Hancock a précisé que, historiquement, les ressources destinées au secteur minier sont prioritaires à Cuba et que la société a déjà fait ses preuves dans des environnements complexes.
«Naviguer dans l’incertitude n’est pas une nouveauté pour Sherritt», a-t-il souligné lors de la conférence téléphonique.
Les analystes n’ont posé aucune question lors de la conférence téléphonique.
La pénurie de carburant a également conduit Air Canada, Air Transat et WestJet à suspendre leurs vols vers le pays en raison du manque de fiabilité du carburant d’aviation dans les aéroports.
Sherritt affirme qu’il n’y a pas d’impact immédiat sur ses activités à Fort Saskatchewan, en Alberta, où sa raffinerie continue de produire du nickel et du cobalt finis. Les stocks de la raffinerie devraient durer jusqu’à la mi-avril environ.
L’action de Sherritt a perdu 3 cents, soit 15,85 %, à 17 cents à la Bourse de Toronto, mardi.

