Économie

Le pétrole rebondit après une frappe contre des installations iraniennes

Une frappe menée mercredi par Israël et les États-Unis a touché l’immense champ gazier de South Pars/North Dome.

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Cette photo d'archive datée du 19 novembre 2015 montre une vue d'ensemble d'un complexe pétrochimique situé dans le gisement de gaz de South Pars, à Asalouyeh, en Iran, sur la côte nord du golfe Persique. Cette photo d'archive datée du 19 novembre 2015 montre une vue d'ensemble d'un complexe pétrochimique situé dans le gisement de gaz de South Pars, à Asalouyeh, en Iran, sur la côte nord du golfe Persique.

Le conflit contre l’Iran a rattrapé les marchés mercredi, provoquant une réaction en chaîne: pétrole en hausse, fin de la timide reprise des Bourses et tensions sur les taux d’emprunt des États.

C’est dans ce contexte inflationniste que la Réserve fédérale américaine (Fed) rendra un peu plus tard dans la journée sa décision de politique monétaire, à la veille de celle attendue de la Banque centrale européenne (BCE).

Au 19ème jour du conflit lancé par les États-Unis et Israël contre l’Iran, l’annonce d’une frappe mercredi contre des installations gazières dans le Golfe a accéléré la hausse des cours du brut de la mer du Nord, surveillés comme le lait sur le feu par les investisseurs.

Mercredi, le baril de Brent de la mer du Nord, principale référence mondiale, s’échangeait à 108,29$, en hausse de 4,71%.

Traditionnellement moins cher, son équivalent américain du WTI se maintenait en dessous des 100$ (97,86$, +1,71%).

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La frappe contre des installations iraniennes desservant le champ gazier de South Pars/North Dome, partagé avec le Qatar, a aussi impacté le prix du gaz (+6,18% à 54,7$ le mégawattheures, selon le contrat à terme du TTF néerlandais considéré comme la référence en Europe).

«Les marchés sont de nouveau en mode panique», résume Kathleen Brooks, directrice de recherche à XTB.

Condamnée par le Qatar et les Émirats arabes unis, alliés des États-Unis, l’attaque du jour «change fondamentalement la donne. Elle fait craindre des escalades et des représailles», estime Charlotte de Montpellier, de la Banque ING.

«La question ne porte plus seulement sur la durée de la fermeture du détroit d’Ormuz mais aussi sur l’ampleur des dégâts sur les installations» pétrolières et gazières, ajoute Mme de Montpellier, jointe par l’AFP.

Les Bourses reculent, les taux remontent

Cette attaque a provoqué un retournement de tendances sur les marchés boursiers, après deux jours de reprise.

Paris a basculé en toute fin de séance (-0,06%), Francfort a perdu 0,96% et Londres a reculé de 0,94%. Milan a cédé 0,33%.

Après une ouverture à la hausse, la tendance s’est inversée à l’annonce de l’attaque contre les installations iraniennes desservant le champ gazier partagé avec le Qatar.

À New York, les trois principaux indices évoluaient dans le rouge mercredi: -0,68% pour le NASDAQ, -0,62% pour le S&P 500 et -0,84% pour le Dow Jones.

Sur le marché de la dette, les taux d’intérêt des États repartaient à la hausse. Mercredi, le rendement à dix ans allemand, référence en Europe, remontait à 2,94% contre 2,90% la veille.

Son équivalent français atteignait 3,60% contre 3,55% mardi soir. Le taux italien grimpait nettement à 3,73%, contre 3,65% la veille en clôture.

Cap sur les banques centrales

Ni la Fed mercredi, ni la BCE jeudi ne devraient relever leurs taux d’intérêt face aux risques d’inflation induits par les répercussions à l’ensemble de l’économie de la hausse des prix du pétrole.

Les investisseurs seront très attentifs aux prévisions des deux institutions et aux commentaires de leurs deux présidents, Jerome Powell et Christine Lagarde.

Une question agite la planète finance: les banquiers centraux vont-ils donner la priorité à la lutte contre l’inflation ou vont-ils privilégier le soutien à la croissance, en évitant d’actionner le levier habituel du resserrement monétaire ?

Iran: Trump affirme maintenant qu’il n’a plus besoin de l’OTAN Détroit d’Ormuz: le président américain Donald Trump a fait volte-face mardi et affirme ne plus avoir besoin de l’assistance de l’OTAN.

«Si (la Fed) se montre trop préoccupée par les pressions inflationnistes, le moral des marchés pourrait en pâtir», mais «si elle ne se montre pas assez préoccupée», les marchés «pourraient remettre en question sa crédibilité», résume Kathleen Brooks, analyste pour XTB, qualifiant cet exercice de «délicat».

«La Banque centrale européenne reste concentrée sur l’inflation, mais il est de plus en plus difficile d’ignorer les perspectives de croissance», souligne Fawad Razaqzada, analyste de marché pour le site d’opérations boursières en ligne FOREX.com.

Mercredi, la Banque centrale du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25% pour la troisième fois consécutive, tout en indiquant qu’elle surveillait le risque d’inflation provoquée par la hausse des prix de l’énergie dûe au conflit au Moyen-Orient.