Économie

Rareté de main-d’œuvre: un frein à la reprise, prévient le PDG de Desjardins

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Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Denis Dubois, lors d’un discours devant le milieu des affaires à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le jeudi 15 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Denis Dubois, lors d’un discours devant le milieu des affaires à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le jeudi 15 octobre 2026. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Christinne Muschi)

La rareté de la main-d’œuvre pourrait devenir un frein pour l’économie québécoise lorsqu’elle sera prête à entamer un nouveau cycle de croissance, prévient le grand patron du Mouvement Desjardins, Denis Dubois.

L’enjeu semble moins criant dans un contexte de faible croissance, reconnaît le dirigeant de la coopérative financière, lors d’une mêlée de presse, jeudi, en marge d’un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Aujourd’hui, ça va, ce n’est pas un enjeu énorme, précise-t-il. Ce qui me préoccupe, c’est que dans deux ans, dans trois ans, quand l’économie va se relancer. (…) C’est là qu’on va frapper un mur collectivement.»

Plusieurs enjeux y sont reliés, explique-t-il. Il énumère les départs à la retraite avec le vieillissement démographique, la baisse des cibles d’immigration, la nécessité d’investir dans la productivité et les besoins de requalifier les travailleurs aux nouvelles réalités de l’intelligence artificielle.

Le sujet de la rareté de la main-d’œuvre revient souvent sur la table lorsque M. Dubois rencontre des entrepreneurs, raconte-t-il. «C’est vraiment quelque chose qu’on entend.»

M. Dubois n’a pas voulu se prononcer sur l’objectif du Parti québécois (PQ), élu minoritaire, qui veut abaisser la cible d’immigrants permanents à 35 000 personnes par année. C’est moins que la cible de 45 000 immigrants du gouvernement précédent.

Il déplore toutefois que des immigrants temporaires intégrés à leur communauté, parlant français, soient contraints de quitter le Québec.

«Les entrepreneurs ont beaucoup de difficulté à comprendre, c’est quand on a des gens qui sont intégrés dans une communauté, qui parlent français, et que ces gens-là, bien, on les retourne», déplore-t-il.

Une expérience qui est difficile pour les personnes touchées. «C’était des gens qui vivent de vraies choses.»

Ce n’est pas la première fois que M. Dubois tire la sonnette d’alarme au sujet de l’immigration.

En février, il avait critiqué la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). La fin du programme «fragilise les entreprises et affaiblit les régions», déplorait-il.

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste