Après plus d’un an marqué par les déboires de Triani et une perte de plus de 26 millions de dollars, Olivier Primeau a indiqué que Prime Drink a conclu une entente avec ses créanciers et amorce une nouvelle collecte de fonds afin de tourner la page sur ce dossier qui a lourdement affecté l’entreprise.
Dans un communiqué daté de vendredi, on indique que Groupe Prime Drink procédera à un placement privé visant à recueillir entre 1,2 million et 2,2 millions de dollars (M$). On dit vouloir consacrer un million de dollars du produit net de cette opération à la finalisation d’un «règlement convenu avec [les] créanciers», le reste devant servir aux besoins généraux de l’entreprise.
«Après plus d’un an à vivre avec le dossier Triani, à négocier, à trouver des solutions et à traverser des moments qui n’ont pas toujours été faciles, nous pouvons finalement tourner la page», peut-on lire dans un extrait de son message.
L’actionnaire et directeur général a également annoncé qu’il participera personnellement à la levée de fonds en investissant 200 000 $: «Je ne l’aurais pas fait si je ne croyais pas profondément à l’avenir de l’entreprise.»
Une acquisition qui a viré au cauchemar
L’entente survient quelques semaines après la confirmation de l’ampleur des pertes associées à Triani et telles que relayées par plusieurs médias, dont ceux de Québecor. Triani était un producteur de boissons très caféinées acquis par Prime Drink à l’automne 2024.
L’entreprise avait alors injecté des millions de dollars pour tenter de redresser les opérations. Or, la situation financière de Triani s’est détériorée rapidement, menant à une mise sous séquestre puis à une faillite.
Selon les plus récents états financiers de Prime Drink, la société a dû comptabiliser une dépréciation de 26,6 millions de dollars liée à ses actifs Triani.
Dans sa publication, Olivier Primeau a toutefois refusé de revenir sur le litige entourant la transaction avec les anciens propriétaires de Triani, affirmant vouloir plutôt se concentrer sur les projets à venir.
Prime Drink soutient maintenant que la conclusion du règlement avec ses créanciers permettra de lever les garanties liées au dossier et de recentrer ses activités sur ses secteurs stratégiques, notamment les breuvages, les médias d’influence et l’hospitalité.
Ce développement dans le dossier de Prime Drink vient au moment où le gouvernement du Québec a adopté un projet de loi pour interdire les boissons énergisantes aux adolescents et enfants de moins de 16 ans, dans la foulée du drame qui a coûté la vie au jeune Zachary Miron, ce jeune mort en 2024 à l’âge de 15 ans, le Red Bull qu’il avait bu ayant interagi avec son médicament pour le TDAH.
Ce projet de loi interdit la vente de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans, ou à quelqu’un de plus vieux si l’on sait qu’il en achète pour une personne âgée de moins de 16 ans.
Il interdit également explicitement à un jeune de moins de 16 ans d’acheter de telles boissons pour lui-même ou pour autrui. Les jeunes devront montrer une carte d’identité pour prouver qu’ils ont l’âge requis.
Une boisson énergisante est définie dans le texte législatif comme possédant une concentration de caféine d’au moins 150 mg/l et contenant d’autres ingrédients, tels que de la taurine, des vitamines ou des minéraux.
En 2023, Santé Canada avait ordonné un rappel de boissons Prime Drink parce qu’elles contenaient 200 mg de caféine par canette, ce dépasse la limite permise de 180 mg et ne devrait donc pas être vendu au pays.
Avec de l’information de La Presse canadienne
