Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, ne pense pas que la politique budgétaire du gouvernement fédéral est en contradiction avec les efforts de la banque centrale pour maîtriser l’inflation.
M. Macklem s’est adressé mardi matin aux députés membres du Comité permanent des finances de la Chambre des communes, deux jours avant que le gouvernement libéral ne présente son budget fédéral de 2026.
Michael Chong, porte-parole conservateur en matière de finances, a demandé à M. Macklem son avis sur les mesures prises par le gouvernement pour améliorer l’abordabilité, mais le gouverneur de la Banque centrale n’a pas répondu directement.
Il a précisé qu’il ne se prononçait sur la politique budgétaire du gouvernement que lorsque les dépenses approchaient des niveaux insoutenables ou lorsque les mesures gouvernementales allaient à l’encontre des efforts de la Banque du Canada pour maîtriser l’inflation.
«Dans les circonstances actuelles, je ne pense pas que l’un ou l’autre de ces critères soit rempli», a-t-il répondu.
La Banque du Canada agit en toute indépendance vis-à-vis du gouvernement fédéral pour orienter la politique monétaire, principalement en fixant son taux directeur.
La Banque du Canada a relevé ce taux directeur d’un quart de point, le portant à 2,5 %, la semaine dernière, reflétant ainsi les inquiétudes quant aux pressions inflationnistes découlant de la guerre au Moyen-Orient.
M. Macklem s’était exprimé publiquement sur le rythme des dépenses gouvernementales trois ans plus tôt. Il avait alors averti que les dépenses budgétaires faisaient croître la demande plus rapidement qu’elles n’augmentaient l’offre, ce qui n’était pas propice à un retour de l’inflation sous contrôle.
Le chef conservateur Pierre Poilievre fustige régulièrement le gouvernement libéral au sujet de ce qu’il qualifie de dépenses inflationnistes. Il a exhorté le gouvernement à réduire considérablement ses dépenses avant le budget de jeudi afin d’aider les Canadiens à maîtriser leurs coûts.

