Économie

«Pas en confiance»: un détaillant abandonne Postes Canada à l’approche de la période des Fêtes

«Nous ne nous sentions tout simplement pas en confiance pour entamer la période des fêtes avec eux.»

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Des camions de Postes Canada sont stationnés dans un poste de distribution de Montréal, le 13 décembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Des camions de Postes Canada sont stationnés dans un poste de distribution de Montréal, le 13 décembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi (Christinne Muschi/La Presse canadienne)

En cette période des fêtes, un détaillant canadien affirme qu’il fait appel à d’autres transporteurs après avoir compté sur Postes Canada pendant plus de 10 ans pour livrer ses produits à ses clients.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Julie Brown, cofondatrice de Province of Canada, explique que toutes leurs marchandises étant fabriquées au Canada et la plupart de leurs clients se trouvant au Canada, il était logique de faire appel à Postes Canada comme transporteur.

Bien que Postes Canada et le syndicat représentant les facteurs soient parvenus lundi à un accord provisoire pour un nouveau contrat, celui-ci fait suite à deux années de négociations qui ont donné lieu à des conflits sociaux et à des grèves, causant des perturbations majeures pour les entreprises qui dépendent du service public.

C’est pourquoi Mme Brown estime qu’il était préférable de changer de transporteur.

«Après la grève de l’année dernière, puis celle de septembre dernier, nous ne nous sentions tout simplement pas en confiance pour entamer la période des fêtes avec eux, ce qui nous a attristés car nous faisions appel à eux depuis 11 ans», a indiqué Mme Brown mardi sur CTV News Channel.

«Mais nous avons dû emprunter une autre voie pour cette période des fêtes. Nous ne pouvions tout simplement pas nous permettre de subir les perturbations que nous avons connues l’année dernière.»

—   Julie Brown, cofondatrice de Province of Canada

«Nous avons dû les remplacer par quatre ou cinq autres transporteurs pour que cela fonctionne cette année, mais au moins, nous n’avons pas eu à faire face à la grève», a-t-elle ajouté.

Au début de l’année, Postes Canada a annoncé avoir perdu 407 millions de dollars au deuxième trimestre. Elle a également indiqué que 2025, qui sera la huitième année consécutive de pertes financières, devrait être la pire année fiscale de l’histoire de la société d’État.

Le service postal a reconnu que la poursuite des négociations non résolues entre lui et son syndicat, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), avait eu un impact significatif sur ses activités.

Butterpot Designs à Kitchener, en Ontario, et Lemon & Lavender à Toronto font partie des autres entreprises qui ont également choisi de faire appel à d’autres transporteurs pendant la période des fêtes, en raison du manque de confiance dans la capacité de Postes Canada à assurer la livraison.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) affirme que de nombreuses entreprises canadiennes ont exprimé des préoccupations similaires.

«Les entreprises ont appris à leurs dépens que Postes Canada est un fournisseur de services de livraison de moins en moins fiable, et beaucoup ont donc décidé de se détourner définitivement de Postes Canada», a soutenu Dan Kelly, président de la FCEI, à CTVNews.ca le mois dernier.

Pour Mme Brown, la grève de l’année dernière pendant les fêtes l’a amenée à réfléchir à deux fois avant de faire appel à Postes Canada cette fois-ci.

«Noël dernier a été très difficile à bien des égards», a-t-elle dit.

«J’avais l’impression que tout notre personnel était occupé à gérer la situation, à essayer de comprendre ce qui allait se passer chaque jour.»

«Nous passions plus de temps sur la logistique que sur les clients et le marketing», a-t-elle ajouté.

L’accord provisoire serait en vigueur jusqu’au 31 janvier 2029 et prévoit une augmentation salariale de 6,5 % la première année et de 3 % la deuxième année. L’accord couvre également les unités de négociation des facteurs urbains, ruraux et suburbains (RSMC).

Cependant, bien que Mme Brown ait toujours apprécié le service fourni par Postes Canada, elle estime qu’il y a encore trop d’instabilité pour revenir à ce service dès maintenant.

«Nous nous sommes retrouvés dans une situation difficile l’année dernière, c’est pourquoi cette année, nous nous sommes dit: “C’est hors de question, nous ne pouvons pas nous engager à nouveau dans cette voie sans avoir la certitude de pouvoir compter sur Postes Canada”», a-t-elle déclaré.

Mme Brown ajoute que si Postes Canada et le syndicat parviennent à régler le problème, ils envisageront de revenir vers eux à Noël prochain.