Les pourparlers commerciaux entre les États-Unis et le Mexique ont officiellement débuté vendredi, les deux parties ayant tenu une première série de négociations bilatérales visant à réexaminer l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Le Canada, toutefois, n’a pas encore entamé de négociations avec Washington et n’a pas pris part aux discussions de vendredi.
Le bureau du représentant américain au commerce indique que «les règles d’origine pour l’automobile, l’acier et l’aluminium, ainsi que la sécurité économique» constituaient les priorités de cette première ronde de pourparlers avec le Mexique.
Reuters a rapporté que l’équipe de négociation de Trump avait défini de nouvelles attentes claires pour le secteur automobile: les véhicules nord-américains devraient contenir au moins 50 % de composants américains.
Cette nouvelle offre au Canada un premier aperçu de ce à quoi il pourrait s’attendre lors des prochaines discussions.
«C’est un revirement radical par rapport à la position “nous ne voulons pas de voitures du Canada”», a affirmé Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces automobiles et membre du comité consultatif du premier ministre Mark Carney sur les relations économiques canado-américaines, lors d’une entrevue accordée samedi à CTV News.
«Nous avons entendu le président dire en particulier qu’il ne voulait pas de voitures canadiennes, et nous avons entendu Jamieson Greer, jusqu’à la semaine dernière, dire :“Nous ne voyons pas de voie à suivre.” C’est une voie à suivre.»
— Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces automobiles
M. Volpe affirme que l’industrie ne voudrait pas accepter 50 % comme «seuil minimal» en matière de règles d’origine, mais il souligne que les véhicules canadiens contiennent déjà une part importante de composants américains.
«Le pourcentage de contenu américain dans les véhicules fabriqués au Canada est passé de 38 % en 2019, dernière année des règles de l’ALENA, à 50 % en 2024. Nous savons donc qu’il existe une voie viable pour aller de l’avant», a souligné M. Volpe.
«Le Canada est de loin la plus grande destination pour les pièces d’automobile américaines dans le monde entier: 29 milliards de dollars de pièces d’automobile par année. Les Américains peuvent donc affirmer que cette proposition soutient leur industrie. Si cela fonctionne pour la nôtre, c’est un bonus, mais ils veillent vraiment à protéger leur secteur des pièces d’automobile ici.»
Il a également souligné que les pièces provenant des usines automobiles américaines pourraient provenir de constructeurs automobiles canadiens.
«Il y a 176 usines de pièces détachées détenues par des Canadiens dans 23 États américains, qui emploient 48 000 Américains», a-t-il dit.
«On ne perd pas s’il y a une exigence d’utiliser des pièces américaines ; nous devrions négocier, mais certaines de ces pièces américaines sont en fait fabriquées par des entreprises canadiennes.»
