S’adressant aux journalistes mardi à Ottawa, le premier ministre Mark Carney a déclaré avoir eu un entretien avec le président américain Donald Trump ce matin, et que les deux hommes «avaient convenu d’intensifier les négociations dans les semaines à venir».
Cette conversation entre les deux dirigeants a eu lieu alors que le président américain renouvelait ses menaces d’imposer des droits de douane sur les produits canadiens.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
Lundi, M. Trump a signé un décret visant à imposer un nouveau droit de douane de 50 % sur certains produits canadiens, notamment le vin, les crosses de hockey et le ciment, en raison de ce que son administration qualifie de politiques commerciales discriminatoires.
Plus précisément, M. Trump conteste les interdictions provinciales visant l’alcool américain, la gestion de l’offre dans le secteur laitier, ainsi que certains droits de douane et quotas applicables aux voitures importées au Canada en provenance des États-Unis.
Ces nouveaux droits «s’appliqueront à tous les produits concernés», a dit lundi un haut responsable de l’administration américaine lors d’un point d’information à huis clos avec des journalistes. Et ce, qu’ils soient ou non inclus dans l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), le président invoquant l’article 338 de la loi douanière de 1930 pour les imposer.
Cette mesure, qui n’a jamais été utilisée auparavant, permet à Trump d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 50 % aux pays qui exercent une discrimination à l’encontre du commerce américain.
Mardi, M. Carney a qualifié la dernière menace tarifaire de Trump de «série de mesures commerciales à l’encontre du Canada, en violation de notre accord, l’ACEUM, conclu avec les États-Unis et le Mexique».
Il a également réaffirmé que l’objectif premier du Canada était de «se concentrer sur ce que nous pouvons contrôler: renforcer notre économie ici chez nous, nous soutenir mutuellement, acheter des produits canadiens et diversifier nos partenariats à l’étranger».
Évoquant cette nouvelle série de droits de douane, M. Carney a déclaré que le gouvernement fédéral étudierait les options de réponse possibles si et quand ceux-ci entreraient en vigueur. Leur entrée en vigueur est actuellement prévue dans 29 jours.
«Par ailleurs, comme je viens de le dire, j’ai discuté avec le président et nous avons convenu d’intensifier les discussions», a indiqué M. Carney. «Nous allons nous y atteler sans tarder.»
Les interdictions sur l’alcool relèvent de la compétence des premiers ministres provinciaux
Interrogé sur la question de savoir si les provinces devraient remettre les alcools américains en rayon, compte tenu des plaintes persistantes de Trump à ce sujet, M. Carney a répondu que cela relevait de la compétence des premiers ministres provinciaux.
«Les provinces ont pris ces décisions individuellement en réponse à une série de droits de douane qui ont été mis en place, ainsi qu’aux menaces pesant sur notre souveraineté», a avancé M. Carney.
Il a ajouté que les habitants des provinces où l’alcool est interdit semblent soutenir cette mesure, et a souligné leurs «autres habitudes de consommation», à savoir la réduction des séjours aux États-Unis et la préférence accordée aux produits canadiens.
«La décision de modifier cette situation reviendrait avant tout à chacun d’entre eux, individuellement, et ne devrait, à mon sens, être prise que dans le cadre d’un accord global», a ajouté M. Carney.
L’ACEUM, quant à lui, fait désormais l’objet d’un processus de révision annuel, les trois pays n’étant pas parvenus à s’accorder à l’unanimité sur un renouvellement global de l’accord au début du mois.
Alors que les États-Unis et le Mexique s’apprêtent à entamer cette semaine un troisième cycle de négociations sur la révision de l’ACEUM, les pourparlers entre le Canada et les États-Unis sont au point mort.
Lors du point presse de lundi, un haut responsable de l’administration américaine a déclaré que, bien qu’il n’y ait pas de calendrier défini pour le début des négociations officielles, des «discussions de fond» étaient en cours.
Par ailleurs, dans une interview accordée mardi à CNBC, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré qu’il continuerait à «dialoguer avec ses homologues canadiens».
«Parfois, il faut prendre des mesures commerciales pour encourager ces actions, et parfois, on prend une mesure qui conduit à une meilleure négociation. Au final, nous verrons où cela nous mènera», a déclaré M. Greer.
Mardi, M. Carney a déclaré que les pourparlers intensifiés commenceraient «sans délai».
«Cela fait partie de la négociation», a-t-il ajouté. «Le premier objectif est de parvenir à un accord global qui profite manifestement aux deux pays, qui soit conforme à l’ACEUM tel qu’il est actuellement et à l’ACEUM tel qu’il sera, et nous travaillerons dans ce sens.»
D’après des informations fournies par Stephanie Ha de CTV News


