L’entreprise de repas prêts-à-cuisiner Marché Goodfood annonce jeudi qu’elle procédera à un examen des options stratégiques, après avoir dévoilé la veille des résultats financiers en baisse.
Dans un communiqué, la société montréalaise indique qu’elle regardera les options qui s’offrent à elle «afin de stabiliser sa situation financière et son niveau d’endettement».
Pendant ce temps, elle dit qu’elle continuera de servir sa clientèle avec ses menus prêts-à-cuisiner, «en poursuivant la mise en œuvre de sa stratégie et de son plan d’affaires».
La société a affiché une perte d’un demi-million de dollars au dernier trimestre, ses abonnés continuant de baisser.
Marché Goodfood ne garantit pas que les options étudiées «pourront être mises en œuvre avec succès». Les investisseurs pourraient donc «voir la valeur de leur placement diminuer considérablement».
L’action Goodfood perdait 2 cents, soit 27,27 %, à 4 cents à la Bourse de Toronto, jeudi après-midi. Elle avait atteint un sommet pendant la pandémie, à environ 13 $, en 2021.
L’année dernière, le bilan financier de l’entreprise s’est détérioré. S’est ajouté le départ des deux cofondateurs, en août et en décembre, une action collective contre ses frais de livraison ainsi qu’une suspension de licence par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.
La semaine dernière, la vice-présidente aux finances, Vanessa Hadida, a elle aussi quitté ses fonctions.
Dans la dernière année, une réorientation stratégique a été mentionnée. Le nouveau grand patron, Selim Bassoul, s’était donné, en janvier, 18 mois pour redresser la barre.
Une «incertitude matérielle»
Dans ses états financiers publiés mercredi, la dette de la société montréalaise représentait l’équivalent de 8,36 fois son bénéfice ajusté avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA), à la fin du troisième trimestre clos le 6 juin dernier. Ce ratio était de 3,82 à la même période l’an dernier.
Le total de la dette nette est de 35,85 millions $, en hausse de 12,30 millions $ par rapport à il y a un an.
Les clients actifs sont au nombre de 48 000, contre 72 000 à la même période l’an dernier. Cependant, l’entreprise note une augmentation de la valeur de chaque panier d’achats, en raison de «la hausse des prix et la réduction des offres promotionnelles».
La société avait 278 000 membres en 2020, alors que ses services avaient le vent dans les voiles durant le confinement pandémique.
Reste que les ventes sont en chute. Elles se sont chiffrées à 21,46 millions $ au troisième trimestre, contre 30,68 millions $ il y a un an, peut-on lire dans les états financiers publiés mardi soir.
Marché Goodfood a réduit de façon draconienne ses dépenses en marketing ainsi qu’en personnel. Les dirigeants avaient d’ailleurs annoncé au trimestre précédent renoncer à leurs salaires.
L’entreprise affiche tout de même une perte de 0,50 million $ au dernier trimestre, comparativement à un gain de 0,54 million $ un an auparavant. Il n’y a aucun bénéfice par action.
En raison des indicateurs financiers défavorables, Goodfood indique dans son rapport de gestion qu’il existe un doute sur la capacité de l’entreprise à poursuivre son exploitation. De plus, la société évalue le règlement des débentures convertibles qui viendront à échéance en mars. Un montant de 29 millions $ pourrait alors être exigé.
L’entreprise ajoute jeudi qu’elle « devra obtenir du financement supplémentaire, refinancer ses obligations au titre des débentures émises ou trouver d’autres solutions, à défaut de quoi elle pourrait devoir réduire ses activités».
