Économie

Litiges au pays des jouets : Toys «R» Us Canada face à des poursuites judiciaires

Les documents judiciaires montrent que six fournisseurs de jouets ont discrètement intenté des poursuites contre le détaillant l’année dernière.

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Toya R us Un magasin Toys « R » Us vu mardi 19 septembre 2017 à Montréal. LA PRESSE CANADIENNE

Toys“R”Us Canada fait l’objet d’une poursuite pour des factures prétendument impayées par plusieurs fournisseurs, dont le fabricant des jouets La Pat’ Patrouille et Gabby et la Maison magique.

Les documents judiciaires montrent que six fournisseurs de jouets ont discrètement intenté des poursuites contre le détaillant l’année dernière dans l’espoir de récupérer l’argent correspondant à des marchandises prétendument impayées qu’ils avaient livrées à la chaîne.

Parmi les plus grands noms qui poursuivent Toys“R”Us Canada figure Spin Master, la société canadienne également à l’origine des jouets Melissa & Doug, Hatchimals, Ms. Rachel et Bakugan.

Parmi les autres plaignants figurent les fabricants de vélos américains Huffy Corp. et Dynacraft BSC, ainsi que le distributeur de Baby Einstein et Gerber Childrenswear, Kidcentral Supply.

Ces poursuites, qui réclament au total plus de 4 millions $ au détaillant, sont le dernier signe en date des difficultés financières de Toys“R”Us Canada. La société a récemment fermé plusieurs de ses magasins et fait également l’objet de poursuites judiciaires d’au moins 31,3 millions $ de la part de propriétaires pour des loyers prétendument impayés.

Le détaillant, ses avocats et ceux qui représentent le chef de la direction de la société n’ont pas immédiatement répondu jeudi à une demande de commentaires sur les poursuites judiciaires.

Les allégations auxquelles Toys“R”Us Canada est confrontée n’ont pas encore été examinées par les tribunaux. La société n’a pas non plus encore déposé de mémoire en défense dans certaines affaires.

Des allégations niées

Dans les affaires où le détaillant a répondu par des dépôts judiciaires, Toys“R”Us Canada a largement nié les allégations des fournisseurs et contesté les sommes qu’ils réclament.

Dans une affaire opposant le détaillant à Diana Dolls Fashion Inc. — une société de Stoney Creek, en Ontario, qui exerce ses activités sous le nom de Kushies Baby et qui est fournisseur de Toys“R”Us Canada depuis 25 ans —, la chaîne qualifie la somme de 81 737,11 $ réclamée de «exagérée, excessive et non recouvrable».

Dans une autre poursuite intentée contre Toys“R”Us Canada par Incredible Novelties Inc., un distributeur de jouets de Toronto, le détaillant a déclaré que la somme de 208 352,27 $ réclamée pour des marchandises impayées était «inexacte et grandement exagérée».

Toys“R”Us Canada a fait valoir qu’il ne devrait pas avoir à payer ces frais, car son contrat avec Incredible Novelties lui permettait prétendument de réduire le montant qu’il devait pour la marchandise s’il ne pouvait pas vendre les produits pendant une période donnée.

Comme Toys“R”Us Canada «a subi des pertes financières sous forme de baisse des revenus des ventes et de perte de profits» lorsque Incredible Novelties a cessé de lui envoyer des produits, il a demandé le rejet de l’affaire avec dépens.

Bataille au sein de la même famille

La société est allée encore plus loin dans son combat contre Spin Master, qui n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

Au cœur de cette poursuite se trouve un accord selon lequel le détaillant commanderait des livraisons de produits qui seraient fournis à Everest par Spin Master. Les factures seraient ensuite émises par Spin Master à Everest, mais Toys“R”Us Canada était tenu de payer tous les montants facturés.

Everest Toys est un distributeur canadien de jouets appartenant à la même famille que Putman Investments.

Putman Investments est propriétaire de Toys“R”Us Canada, HMV, Sunrise Records, Northern Reflections, Ricki’s et Cleo, et est dirigée par Doug Putman, le fils du fondateur d’Everest Toys, Bob Putman. Everest Toys a été mise sous séquestre l’été dernier par la Banque TD, qui l’accusait de «détérioration de sa situation financière».

Dans sa déclaration, Spin Master affirme que Toys“R”Us Canada n’a pas payé 3 402 703,05 $ US pour des produits.

Toys“R”Us Canada a fait valoir que certains des jouets qu’elle avait commandés à Spin Master étaient «invendables» et pouvaient être retournés, et demande donc un remboursement de plus de 5,6 millions $.

Si la plupart des affaires n’ont pas encore été entendues par un tribunal, Toys“R”Us Canada a déjà perdu au moins une affaire par défaut.

En décembre, elle a été condamnée à payer l’équivalent canadien de 267 193,00 $ et de 1250,00 $ supplémentaires pour les frais liés à cette poursuite. Les frais sont assortis d’un taux d’intérêt de 4 %.

Il s’agissait d’un jugement par défaut, qui est rendu lorsque le défendeur ne répond pas à une demande dans le délai imparti.

Tara Deschamps

Tara Deschamps

Journaliste