L’inflation au Canada est restée stable en août, ce qui semble indiquer que la hausse des coûts de l’énergie n’a pas encore eu de répercussions significatives sur l’ensemble des prix à la consommation.
Le rapport sur l’indice des prix à la consommation publié lundi par Statistique Canada montre que l’inflation est demeurée inchangée à 3,0 % le mois dernier.
Ce chiffre est conforme aux prévisions des économistes et pourrait apaiser les spéculations concernant une hausse des taux de la Banque du Canada le mois prochain, selon Benjamin Reitzes, premier directeur général, taux canadiens et macroéconomie, à la Banque de Montréal.
Il ajoute que le rapport sur l’inflation ne contenait guère d’éléments susceptibles de pousser la banque centrale à relever ses taux d’intérêt, ce qui pourrait tempérer les anticipations du marché concernant une hausse en octobre.
Toutefois, les cours du pétrole continuent de poser un réel problème, ce qui pourrait «susciter l’inquiétude des décideurs politiques et faire craindre que ce ne soit qu’une question de temps avant que cela ne se répercute sur l’inflation générale», indique M. Reitzes dans une note.
Selon LSEG Data & Analytics, la probabilité financière d’une hausse lors de la réunion de la banque centrale du 28 octobre a bondi au cours de la semaine dernière pour atteindre 60 % lundi à midi.
L’essence mène la hausse
Le conflit au Moyen-Orient a continué de faire grimper les prix de l’essence en août, mais à un rythme plus lent, avec une hausse de 22,8 % contre 25,7 % le mois précédent, précise Statistique Canada.
Sans l’essence, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % le mois dernier.
Le ralentissement de la hausse des prix de l’essence a été contrebalancé par la hausse des loyers, des voyages organisés et des billets d’avion.
Les Canadiens ont dépensé davantage pour leurs voyages en raison de la hausse des coûts liés au carburant et de l’adaptation des compagnies aériennes à la forte baisse des voyages des Canadiens vers les États-Unis en 2025, indique l’agence.
Les loyers ont également affiché une tendance à la hausse, progressant de 2,8 % par rapport au mois d’août de l’an dernier, contre 2,5 % en juillet.
Les consommateurs ont bénéficié d’un certain répit à l’épicerie, les prix des aliments achetés en magasin ayant augmenté plus lentement que l’inflation globale pour la première fois depuis juillet 2024, avec une hausse de 2,8 % comparativement à l’année précédente.
Les prix des produits laitiers, tels que le fromage et le yogourt, ont été les principaux moteurs du ralentissement des prix des produits alimentaires. Statistique Canada indique que les prix des produits laitiers ont pris 0,7 % en août, contre 3,1 % en juillet.
Des hausses de prix plus modérées pour le porc frais ou surgelé ainsi que les condiments, épices et vinaigres ont également contribué au ralentissement de l’inflation des produits alimentaires.
Pourtant, l’abordabilité des aliments reste un défi pour les ménages, souligne Abbey Xu, économiste à la Banque Royale du Canada.
«La tendance est un peu plus encourageante ces derniers temps, précise-t-elle lors d’une entrevue. Nous observons depuis plusieurs mois une légère baisse de l’inflation alimentaire globale.
«Mais les consommateurs peuvent encore avoir l’impression que faire le plein d’essence et aller à l’épicerie coûte cher», ajoute Mme Xu.
«Nous constatons des améliorations, mais cela n’atténue pas pour autant la pression exercée sur le coût de la vie des ménages.»
Les consommateurs ont payé moins cher pour les vêtements en août, les prix annuels ayant légèrement baissé de 1,1 % le mois dernier en raison d’une diminution de 2,3 % des prix des vêtements pour hommes et d’une baisse de 1,9 % de ceux des vêtements pour enfants, tandis que ceux pour femmes sont restés inchangés.
Dans l’ensemble, les données sur l’inflation du mois d’août se sont révélées «assez rassurantes», les mesures de l’inflation sous-jacente se maintenant autour de l’objectif de 2 % de la Banque du Canada et peu d’éléments indiquant que la hausse des coûts de l’énergie se répercutait sur les autres prix à la consommation, indique Mme Xu.
Toutefois, les perspectives en matière d’inflation et de taux d’intérêt dépendent en grande partie de la persistance de la hausse des prix de l’énergie, ajoute-t-elle.
«Si les prix du pétrole restent élevés plus longtemps, le risque de répercussions sur les autres prix sera plus grand», anticipe Mme Xu.
«Pour l’instant, nous prévoyons toujours que la Banque du Canada maintiendra ses taux inchangés jusqu’à la fin de 2026, puis qu’elle les augmentera progressivement à partir de 2027.»
Variations régionales
À l’échelle du Canada, les provinces de l’Atlantique ont affiché l’inflation la plus élevée en août.
Les prix se sont accélérés en Nouvelle-Écosse, où l’inflation a été de 5,1 % en août, et à l’Île-du-Prince-Édouard, selon Statistique Canada.
Le Nouveau-Brunswick a enregistré une inflation de 4,6 % le mois dernier.
Au Québec, l’inflation s’est établie à 3,1 % en août, en baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport au mois précédent.
L’Ontario a affiché une inflation de 2,4 % pendant ce mois, soit le plus bas taux au pays.

