Économie

L'inflation a fait flamber les coûts liés aux allocations pour enfants, dit le DPB

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La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, apparait lors d'un comité sur la Colline du Parlement, à Ottawa, le mardi 16 juin 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, apparait lors d'un comité sur la Colline du Parlement, à Ottawa, le mardi 16 juin 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Justin Tang)

L’organisme de surveillance budgétaire d’Ottawa indique que la forte hausse de l’inflation enregistrée il y a quelques années a entraîné une augmentation considérable du coût de la mise en œuvre de l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) après la pandémie.

Le nouveau rapport de la directrice parlementaire du budget (DPB), Annette Ryan, donne également à penser que la plupart des bénéficiaires de cette augmentation ne faisaient pas partie des ménages canadiens aux revenus les plus faibles.

Le Bureau de la DPB a indiqué jeudi dans un rapport que le coût de la mise en œuvre de cette prestation fédérale destinée aux familles avait augmenté de 4,2 milliards $ entre les années de prestation 2022-2023 et 2024-2025.

Cette augmentation — qui représente plus de 16 % — a porté le montant total versé au titre de l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) à 29,2 milliards $ en 2024-2025.

La DPB a précisé que cette hausse sur ces deux années a dépassé l’augmentation des coûts enregistrée pendant la pandémie de COVID-19, période durant laquelle la prestation avait bénéficié de majorations temporaires pour aider les familles à faire face à l’incertitude économique.

Le montant annuel moyen de l’ACE est passé à 7700 $ au cours de cette période, contre 6700 $ auparavant.

Comme la plupart des programmes d’aide fédéraux, l’ACE est indexée chaque année sur l’inflation. Statistique Canada a indiqué que l’inflation avait atteint en juin 2022 son plus haut niveau depuis près de 40 ans, à 8,1 %.

Le Bureau de la DPB a indiqué que plus des deux tiers de l’augmentation observée au cours de la période de deux ans couverte par le rapport s’inscrivaient dans le cadre de ce rattrapage de l’inflation.

La prestation pour enfants étant soumise à un critère de ressources et destinée aux ménages à revenus faibles ou moyens ayant des enfants, son coût peut également augmenter lorsque les familles connaissent des difficultés financières.

«Pour plusieurs familles, les revenus n’ont pas suivi le rythme de l’inflation au cours de cette période. Selon les estimations de la DPB, la baisse du revenu réel observée chez un sous-ensemble de familles bénéficiant de l’ACE explique 25 % supplémentaires de l’augmentation des paiements», peut-on lire dans le rapport.

La DPB estime par ailleurs que les ménages disposant d’un revenu annuel de 50 000 $ ou plus représentaient 70 % des bénéficiaires de l’Allocation canadienne pour enfants en 2024-2025, et ont perçu un montant total de 14,7 milliards $ cette année-là.

Les ménages gagnant moins de 50 000 $ par an représentaient 40 % de l’augmentation des versements entre 2022-2023 et 2024-2025, a aussi noté la DPB.

Une part «plus modeste» de l’augmentation de la prestation était liée au rythme rapide de l’immigration au cours de ces années. «Cette augmentation de population s’explique surtout par la migration internationale nette, qui a connu une accalmie depuis», a indiqué la DPB dans son rapport.

Elle estime que le nombre de familles percevant la prestation pour enfants est passé à 3,8 millions en 2024-2025, contre 3,7 millions deux ans plus tôt.

Le gouvernement fédéral a depuis pris des mesures pour freiner le rythme de l’immigration. Le Bureau de la DPB estime que cela signifie que le nombre de bénéficiaires de l’ACE a atteint son pic en 2025-2026.

Le rapport prévoit que le coût de la prestation pour enfants augmente de 4,5 %, pour atteindre 30,5 milliards $ en 2025-2026.

Avec le net ralentissement de l’inflation et des pressions démographiques, la DPB prévoit que la croissance du coût de la mise en œuvre de l’Allocation pour enfants «devrait ralentir considérablement pour s’établir à 2,5 % pour l’année de prestation 2026-2027» et continuera de baisser dans les années à venir.

D’ici 2030-2031, la DPB estime que les dépenses totales liées à la mise en œuvre de ces prestations atteindront 33 milliards $.

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste