Économie

L’industrie textile montréalaise se prépare à faire face aux nouveaux tarifs de Trump

«Ça nous inquiète vraiment et nous pousse à réfléchir à notre avenir.»

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Pajar factory in Montreal (Matt Gilmour / CTV News) L'usine Pajar à Montréal (Matt Gilmour / CTV News)

L’industrie textile de Montréal se prépare à faire face aux répercussions de la dernière série de droits de douane imposés par le président américain Donald Trump.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Nous pouvons absorber deux, trois, quatre ou cinq points de pourcentage», a déclaré Greg Nicoghisian, vice-président des ventes mondiales chez Pajar, une entreprise de vêtements d’hiver basée à Montréal.

«Mais dès que l’on atteint les 10 %, les 15 % et, dans ce cas précis, les 50 %, cela dépasse ce qui peut être absorbé.»

Pajar est l’une des rares entreprises de mode à continuer de fabriquer une partie de ses produits à Montréal.

Au cœur du quartier du Plateau, des ouvriers d’usine continuent de coudre à la main des bottes de grande qualité destinées à être vendues partout au Canada et aux États-Unis.

«Ça n’existe pas. On est sans doute les derniers», soutient M. Nicoghosian.

Pajar factory in Montreal (Matt Gilmour / CTV News) Pajar factory in Montreal (Matt Gilmour / CTV News)

Si les nouveaux droits de douane entrent en vigueur dans moins de 30 jours, il pourrait s’avérer impossible de maintenir ces coûts de production locaux.

«Cela représente bien sûr une menace importante pour la survie de l’usine, car on peut s’attendre à des hausses considérables des droits de douane et, à coup sûr, à une baisse de l’activité», a-t-il déclaré.

Cette annonce a été un véritable choc pour les industriels québécois, comme Pajar, qui, jusqu’à présent, avaient été protégés des tarifs de Trump grâce à l’ACEUM, l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique – que Trump avait négocié et signé en 2019.

«L’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique était notre zone de confort», mentionne M. Nicoghosian. «Nous avons produit pendant des années. Nous exportions vers les États-Unis, et voilà que l’ACEUM est remis en cause ou fait l’objet d’une révision. C’est une incertitude.»

Cela se traduira par une hausse des prix pour les consommateurs américains. Cependant, compte tenu du coût de la vie déjà élevé, M. Nicoghosian ne sait pas dans quelle mesure ceux-ci seront prêts à accepter cette augmentation.

«Ça nous inquiète vraiment et nous pousse à réfléchir à notre avenir», dit-il. «Mais je suis optimiste. Je pense qu’une solution sera trouvée. Il y a clairement des manœuvres en cours, et ce sont les politiciens qui dirigent l’économie.»

Pajar factory in Montreal (Matt Gilmour / CTV News) Pajar factory in Montreal (Matt Gilmour / CTV News)

En l’absence d’un accord garantissant une certaine sécurité aux fabricants, les organisations professionnelles craignent que les investisseurs continuent de se tourner vers d’autres marchés.

«Nous perdons des investissements. Nous perdons du PIB. Nous perdons également des emplois dans le secteur manufacturier dans les différentes régions du Québec», a déclaré Véronique Proulx, présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec. «Il y a l’impact que cela a aujourd’hui. Mais nous devons nous projeter dans l’avenir pour évaluer l’impact que cela aura sur notre économie.»

Alors que de nouveaux secteurs sont désormais touchés par les répercussions de la guerre commerciale, la pression s’accentue encore davantage sur le gouvernement pour qu’il trouve une solution.