Les investissements dans l’intelligence artificielle (IA) et les tensions géopolitiques sont en train de redessiner les contours de l’assurance, selon Swiss Re, qui s’attend à une moindre croissance du secteur en 2026 avec le conflit au Moyen-Orient.
Dans une étude publiée mercredi, le géant suisse de la réassurance met en évidence que de nouveaux risques sont en train d’émerger, entre «la reconfiguration» des chaînes d’approvisionnement et «le cycle majeur d’investissements» avec les sommes colossales consacrées à l’IA.
Selon ses estimations, les hyperscalers (les géants du cloud computing) devraient investir quelque 750 milliards de dollars en 2026, cette course aux investissements dans l’IA apportant un «contrepoids» au choc du conflit au Moyen-Orient pour l’économie mondiale, indique Swiss Re dans le communiqué accompagnant l’étude.
Mais de gigantesques structures, complexes à assurer, sont en train de sortir de terre, les coûts de construction de certains centres de données dépassant les «20 milliards de dollars», souligne l’étude.
«Certains de ces projets sont stupéfiants», a déclaré Ivan Gonzalez, le directeur de la division dédiée aux solutions pour les entreprises, lors d’une conférence de presse en ligne. Et pourtant, «ces 20 milliards ne sont que le point de départ», insiste-t-il.
La valeur des actifs peut encore doubler une fois les machines installées. Et surtout, ces immenses installations concentrent en un seul point une multitude de risques, entre les risques d’interruption d’activité, les cyber-risques ou encore les dégâts potentiels en cas, par exemple, de grêle ou de tornades.
Du point de vue des assureurs, ces gigantesques centres de données nécessitent donc de nouvelles «solutions, allant au-delà de l’assurance traditionnelle», prévient M. Gonzalez.
Reconfiguration des chaînes d’approvisionnement
L’étude se penche aussi sur le conflit au Moyen-Orient qui constitue le «quatrième choc majeur pour les chaînes d’approvisionnement en six ans», après la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et les droits de douane américains.
Cette succession de crises pousse les entreprises à réévaluer leur dépendance vis-à-vis de leurs fournisseurs, leurs circuits logistiques ou leurs expositions aux risques géopolitiques.
La reconfiguration des chaînes d’approvisionnement qui en découle est susceptible, selon les auteurs de l’étude, d’accroître le besoin pour des lignes d’assurances spécialisées, comme par exemple les garanties pour les cargaisons maritimes.
Pour 2026, Swiss Re, qui fait office d’assureur pour les assureurs, s’attend à une nette décélération de la croissance du secteur de l’assurance.
Avec le ralentissement de l’économie mondiale dans le sillage du conflit au Moyen-Orient, le volume total des primes au niveau mondial pour l’ensemble du secteur ne devrait croître que de 1,3% en 2026 et de 1,6% en 2027, contre 3,9% en 2025, selon ses projections.
