L’Association canadienne de l’immobilier (ACI) indique jeudi que les ventes de propriétés résidentielles ont reculé en avril par rapport à l’année dernière, alors que le prix de vente moyen a augmenté.
L’organisation précise que les ventes résidentielles en avril se sont élevées à 42 927, soit une baisse de 4 % par rapport aux 44 698 enregistrées en avril 2025.
Cette baisse intervient alors que les ventes de logements en avril ont légèrement augmenté de 0,7 % en données désaisonnalisées par rapport au mois de mars de cette année.
Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI, explique que la récente vague d’incertitude économique mondiale et la hausse des taux hypothécaires signifient que la reprise attendue cette année sur les marchés immobiliers restera modérée, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y aura aucune dynamique haussière.
«Les ventes résidentielles ont légèrement augmenté entre mars et avril, mais cette faible hausse est attribuable à un début de mois plutôt lent, suivi d’une accélération en mai, parallèlement à une réduction du nombre de jours sur le marché et à une stabilisation des prix», précise M. Cathcart dans un communiqué de presse.
Malgré cette reprise d’activité, les ventes restent inférieures d’environ 10 % aux niveaux habituels pour le mois d’avril, indique Douglas Porter, économiste en chef chez BMO, dans une note.
«Personne ne va confondre cela avec un signe de reprise pour le marché immobilier morose», ajoute-t-il.
Le prix de vente moyen d’une propriété vendue en avril s’élevait à 695 412 $, soit une hausse de 2,2 % par rapport à l’année précédente.
L’indice des prix des propriétés MLS, qui vise à refléter la vente de résidences types, a légèrement baissé de 0,1 % entre mars et avril, marquant la plus faible baisse depuis octobre 2025. L’indice a reculé de 4,2 % d’une année à l’autre.
L’ACI indique que les nouvelles inscriptions pour le mois d’avril avaient augmenté de 4,1 % par rapport au mois précédent, marquant le début traditionnel du marché immobilier printanier.
Au total, 187 647 propriétés étaient mises en vente à travers le Canada à la fin du mois d’avril, soit une hausse de 2,2 % par rapport à l’année précédente, mais 6,1 % de moins que la moyenne à long terme pour cette période de l’année.
Le mois dernier, l’ACI a révisé ses prévisions concernant les ventes de propriétés en 2026, indiquant qu’elle s’attendait à une augmentation de 1 % du nombre de transactions par rapport à 2025. Ce chiffre est en baisse par rapport à ses prévisions précédentes de janvier, qui tablaient sur une croissance de 5,1 % d’une année à l’autre.
Le prix moyen des logements au niveau du pays devrait augmenter de 1,5 % sur une base annuelle pour atteindre 688 955 $ en 2026, soit environ 10 000 $ de moins que ce qui avait été prévu en janvier.
M. Porter souligne que les dernières tendances suggèrent que les attentes d’une reprise marquée de l’activité immobilière canadienne ont été revues à la baisse, les ventes ayant été «freinées par la prudence des consommateurs face à la remontée de l’inflation (alimentée par le pétrole) et à la hausse des taux d’intérêt à long terme qui en découle».
«Compte tenu des problèmes persistants d’accessibilité dans de nombreuses régions du pays et de la perspective désormais lointaine de nouvelles baisses de taux par la Banque du Canada, il est difficile d’imaginer que le marché reprenne vie de sitôt», ajoute-t-il.
Au niveau régional, les prix ont baissé d’une année à l’autre en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario, ce qui a compensé les hausses enregistrées dans d’autres provinces.
«Alors que les chiffres du pays restent atones, la situation sous-jacente continue de révéler d’importantes variations régionales, notamment en matière de prix», constate M. Porter.
«La principale conclusion est que, même s’il existe encore des différences régionales substantielles, une grande partie du pays est confrontée à une activité globalement morose.»

