Selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), les consommateurs ont déposé un nombre croissant de plaintes contre des détaillants pour maple washing, ce qui a donné lieu à des enquêtes et à des amendes s’élevant à des milliers de dollars.
Le maple washing désigne la pratique consistant pour les détaillants et les producteurs à faire en sorte que leurs produits «semblent aussi canadiens que possible», afin de tirer parti de la préférence des consommateurs pour les produits nationaux, selon le Conseil des consommateurs du Canada. Les plaintes ont été déposées en grande partie après le lancement du mouvement «Achetez canadien», selon les données que l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a communiquées à CTVNews.ca.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
À la suite de ce mouvement déclenché par les tensions commerciales avec les États-Unis, certains Canadiens ont privilégié les produits nationaux – même s’ils étaient plus chers – par rapport à ceux fabriqués au sud de la frontière.
«L’ACIA prend au sérieux les problèmes d’étiquetage et souhaite être informée des produits que les consommateurs jugent mal étiquetés», a rapporté un porte-parole de l’agence fédérale à CTVNews.ca dans un courriel vendredi.
Selon les données les plus anciennes fournies par l’ACIA, l’agence fédérale n’a reçu qu’une seule et deux plaintes en novembre et décembre 2024, respectivement. Ce nombre est passé à 25 en février 2025 et à 33 le mois suivant, lorsque le mouvement «Achetez canadien» a commencé à prendre de l’ampleur dans un contexte de tensions commerciales croissantes.
Bien que le nombre ait baissé au cours de certains mois, il a atteint un pic de 78 plaintes en mars. Au 11 mai, l’ACIA avait reçu 17 plaintes.
L’ACIA a donné suite à toutes les plaintes concernant la présentation trompeuse de produits, et a déjà rappelé aux entreprises de s’assurer que les étiquettes des produits sont «exactes et ne trompent pas les consommateurs».
Malgré les mesures prises pour lutter contre le maple washing», les données de l’ACIA montrent qu’«il y a un gros problème», a déploré le défenseur des consommateurs Jay Jackson à CTVNews.ca lors d’une entrevue mercredi.
Selon le membre du Conseil des consommateurs du Canada, il est «inadmissible» que certains supermarchés «présentent des produits de manière trompeuse» et profitent de la demande pour «acheter canadien», dans un contexte de forte inflation alimentaire et de difficultés d’accès à l’alimentation.
Qu’arrive-t-il aux contrevenants?
L’ACIA a déclaré avoir reçu un total de 403 plaintes entre le 1er novembre 2024 et le 11 mai 2026, ajoutant qu’elle avait évalué 345 plaintes au 11 mai. L’agence fédérale a conclu à une «non-conformité» pour 119 plaintes parmi celles évaluées, la plupart concernant l’étiquetage du pays d’origine ou la publicité pour les produits frais en vente au détail. Les allégations relatives à la teneur en produits canadiens concernaient 96 des cas de «non-conformité».
Pour les cas de non-conformité, l’ACIA a déclaré qu’elle s’attaquerait aux problèmes, notamment en examinant les processus d’étiquetage et en vérifiant si des «mesures correctives» ont été prises, ajoutant que davantage de «mesures d’application de la loi» seraient prises si les entreprises ne respectaient toujours pas les exigences. Ces mesures, qui sont affichées sur son site Web et sur X, comprennent la suspension et l’annulation des permis d’exploitation alimentaire ainsi que l’imposition de sanctions pécuniaires.
Certaines entreprises accusées de maple washing
Le 16 mars, l’ACIA a annoncé qu’elle avait infligé 47 000 $ d’amendes à des entreprises alimentaires depuis avril 2025 pour avoir présenté à tort des produits comme étant canadiens. Parmi elles, deux épiceries appartenant à Loblaw en Ontario ont été condamnées à une amende de 10 000 $ chacune. L’agence fédérale a également émis des avertissements à deux magasins Loblaw de la région de l’Atlantique le 20 février pour des préoccupations similaires.
Dans un courriel adressé mercredi à CTVNews.ca, un porte-parole de Loblaw a qualifié ces incidents de «situations isolées». Selon Rachel Siekanowicz, directrice des communications chez Loblaw, le géant de la distribution avait «agi immédiatement» pour régler ces problèmes.
«Nous croyons que les clients veulent savoir d’où proviennent les produits, et nous continuons de fournir cette information conformément aux directives de l’ACIA», a écrit Mme Siekanowicz. «Cela peut être difficile à faire avec un assortiment de produits en constante évolution, provenant de différentes régions du pays et à différentes périodes de l’année. Bien que nous nous efforcions de maintenir l’exactitude, des erreurs occasionnelles peuvent se produire.»
Un porte-parole de Sobeys a laissé entendre qu’il était difficile d’apposer des étiquettes au drapeau canadien sur des milliers de produits dans les 1600 magasins de l’enseigne à travers le pays.
«Bien que nous nous efforcions d’éviter toute erreur, nous savons que ce processus hautement manuel a donné lieu à quelques incidents isolés», a-t-il écrit dans un courriel adressé mercredi à CTVNews.ca. «Dès qu’elles ont été identifiées, nous avons agi le plus rapidement possible pour les corriger. Toute suggestion selon laquelle les erreurs relevées sur les étiquettes en rayon auraient été commises intentionnellement est tout simplement fausse.»
Sobeys ne figure pas parmi les détaillants ayant fait l’objet de sanctions de la part de l’ACIA, d’après les informations que l’agence a publiées en ligne et partagées avec CTVNews.ca, et l’agence n’a pas répondu avant la date limite lorsqu’on lui a demandé si l’entreprise avait fait l’objet d’enquêtes.
Cependant, Sobeys fait partie des épiciers visés par un projet de recours collectif.
Recours collectif contre des détaillants alimentaires
Alors que le Canada fait face à des cas présumés d’érable-washing, ce recours collectif contre des détaillants alimentaires accusés de «publicité mensongère» en est à ses débuts.
Une audience visant à autoriser le recours collectif est prévue à l’automne, a confirmé Joey Zukran, avocat chez LPC Avocats, lors d’une entrevue sur Zoom avec CTVNews.ca vendredi. LPC Avocats et Renno Vathilakis sont les cabinets d’avocats montréalais à l’origine de ce recours collectif.
Le recours collectif vise à tenir les entreprises «responsables et à obtenir une forme de compensation pour le public».
Avec des informations d’Abigail Bimman pour CTV News

