Les prix des résidences secondaires devraient augmenter cette année, malgré les inquiétudes liées à la conjoncture économique et aux turbulences mondiales qui freinent la demande dans certaines régions du pays.
Un rapport publié jeudi par Royal LePage prévoit que le prix médian d’une maison unifamiliale dans les régions dites récréatives du Canada augmentera de 4,0 % d’une année à l’autre pour atteindre 604 552 $. Le prix médian actuel d’une maison unifamiliale a atteint 581 300 $ en 2025, soit une hausse de 4,3 % par rapport à 2024.
Chaque marché provincial devrait connaître des hausses de prix cette année, avec en tête une augmentation de 5,5 % en Saskatchewan et au Manitoba, pour un prix médian de 296 877 $, et une hausse de 5,0 % dans les provinces de l’Atlantique, pour un prix médian de 361 305 $.
La Colombie-Britannique est la province où il est le plus coûteux de posséder une résidence secondaire, Royal LePage prévoyant une hausse de 1,5 % du prix médian d’une maison unifamiliale, qui atteindra près de 1,06 million $, suivie par l’Alberta à 881 295 $, soit une hausse de 2,5 %.
Au Québec, après une forte hausse de 7,3 % entre 2024 et 2025, année où le prix médian d’une maison s’est chiffré à 465 700 $, l’augmentation devrait demeurer similaire à la moyenne canadienne en 2026. Royal LePage anticipe un prix médian de 484 328 $ pour cette année.
Une certaine rareté
«Bien que le contexte mondial actuel incite certains acheteurs à la prudence, le marché récréatif québécois demeure extrêmement résilient en raison d’une offre structurellement limitée», indique Dominic St-Pierre, vice-président exécutif, développement des affaires, chez Royal LePage, dans un communiqué.
Il explique la rareté par «le désir de conserver les propriétés récréatives précieusement dans les familles de génération en génération», ajoutant que cela soutient «la valeur des propriétés, même en période d’incertitude économique».
L’Ontario devrait connaître une hausse de 2,00 %, pour atteindre un prix médian de 643 722 $.
Phil Soper, président et chef de la direction de Royal LePage, indique que, bien que les ventes de propriétés au bord de l’eau aient légèrement ralenti dans des régions comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, les prix ont été maintenus à flot par la «rareté intrinsèque» de l’offre de chalets et de refuges.
«Les préoccupations liées à l’état des affaires mondiales pèsent certainement sur l’esprit de nombreux Canadiens à l’heure actuelle, y compris les acheteurs de propriétés récréatives, et elles modèrent la demande dans certaines régions du pays. Parallèlement, l’offre limitée soutient la hausse des prix dans de nombreux marchés», avance M. Soper dans un communiqué.
«Les nouveaux développements dans ces régions demeurent relativement rares, et de nombreuses propriétés sont conservées précieusement par les familles d’une génération à l’autre. Cette rareté préserve l’exclusivité de ces marchés et assure la stabilité des prix, même lorsque les acheteurs se montrent prudents.»
Fin du télétravail et guerre commerciale
Le rapport indique qu’un peu plus de la moitié des agents immobiliers de Royal LePage spécialisés dans le marché immobilier récréatif ont constaté des niveaux de demande similaires à ceux de la même période l’année dernière, tandis que 26 % ont signalé une baisse de la demande.
Environ 35 % des courtiers interrogés ont également constaté une augmentation du nombre de résidents à temps plein retournant vers les centres urbains au cours de l’année écoulée. Cette tendance intervient alors que de plus en plus de directives de retour au bureau sont entrées en vigueur, ce qui signifie que certains propriétaires ayant déménagé vers des régions récréatives pendant la période du télétravail ont été contraints de reconsidérer leur mode de vie.
«Plusieurs années se sont maintenant écoulées depuis l’époque de la “ruée vers l’or” de la pandémie, qui a vu le prix des propriétés récréatives grimper à un rythme record», explique M. Soper.
«Aujourd’hui, le marché s’est stabilisé, une appréciation des prix à un chiffre étant devenue la norme dans la plupart des régions.»
Néanmoins, la demande a été stimulée par le fait que davantage de Canadiens cherchent à passer leurs vacances au Canada plutôt qu’aux États-Unis, dans un contexte de tensions économiques et politiques persistantes. Deux agents immobiliers interrogés sur cinq ont déclaré que le mouvement «J’achète canadien» avait entraîné une augmentation des demandes de renseignements de la part d’acheteurs de biens immobiliers récréatifs.
Selon le rapport, 13 % des agents immobiliers interrogés ont signalé une augmentation du nombre d’acheteurs interprovinciaux dans leur région par rapport à la même période l’année dernière. Un tiers a également signalé une augmentation du nombre d’acheteurs américains s’informant sur les biens immobiliers récréatifs au nord de la frontière au cours de l’année écoulée.
