Les prix des carburants ont tendance à baisser à cette période de l’année, mais, selon un expert du secteur, les automobilistes ne devraient pas s’attendre à un tel soulagement cette fois-ci.
«Traditionnellement, les prix de l’essence baissent après la fête du Travail, car la demande diminue progressivement et, d’ici une semaine, nous passerons à l’essence d’hiver, moins chère», explique Patrick De Haan, responsable de l’analyse pétrolière sur le site de suivi des prix Gasbuddy.com.
«Mais cette année, nous ne bénéficierons sans doute pas beaucoup de cet effet favorable.»
Les cours du brut ont grimpé en flèche lorsque les États-Unis et Israël ont lancé leur guerre contre l’Iran fin février. Les passages de pétroliers ont pratiquement cessé dans le détroit d’Ormuz, un point stratégique entre le golfe Persique et l’océan. Au début de l’été, les prix sont redescendus à des niveaux proches de ceux d’avant la guerre, portés par l’espoir d’une paix, mais la situation s’est depuis détériorée.
Le Brent, référence internationale, oscillait autour des trois chiffres mercredi, après que des attaques contre des installations pétrolières et des navires au Moyen-Orient ont menacé d’affaiblir encore davantage une chaîne d’approvisionnement déjà fragilisée. La dernière fois que les prix avaient atteint un tel niveau, c’était en juillet.
Un «cap» pour les marchés
«Le franchissement de la barre des 100 $ US par baril pour le Brent constitue un cap psychologique majeur pour les marchés, mais la principale préoccupation réside dans les répercussions que cela aura sur l’inflation», prévient mercredi Lukman Otunuga, responsable chez le courtier international FXTM.
Les attaques ukrainiennes contre des raffineries russes ont encore davantage mis le marché sous pression, ajoute M. De Haan.
«Au moins pour l’instant, les automobilistes canadiens de la plupart des provinces vont devoir mettre la main à la poche.»
Gasbuddy, qui recueille des données participatives sur les prix à la pompe aux États-Unis et au Canada, estime la moyenne nationale du litre d’essence sans plomb ordinaire au Canada à un peu plus de 1,80 $, soit une hausse de près de quatre cents par rapport à la veille.
«Le prix pourrait bien atteindre 1,82 $ à 1,85 $ d’ici une semaine ou deux», avance M. De Haan.
Difficile pour les agriculteurs
Les prix du diesel, qui atteignent déjà des niveaux records, pourraient également grimper de cinq à dix cents supplémentaires par litre, ajoute-t-il.
Et cela se répercutera «de manière fulgurante» sur les consommateurs dans les semaines à venir, à mesure que les transporteurs routiers et ferroviaires répercuteront ces coûts, explique M. De Haan. C’est également le «pire moment possible» pour les agriculteurs, qui s’apprêtent à entrer dans leurs champs pour récolter leurs cultures et ont besoin de diesel pour faire fonctionner leurs machines.
En ce qui concerne le coût du diesel, il n’y a pas grand-chose à faire, ajoute-t-il.
«Les agriculteurs ne peuvent pas vraiment laisser leurs récoltes se perdre. Les camions doivent continuer à acheminer vers les marchés les marchandises indispensables.»
Avec des informations de l’Associated Press

