Économie

Les négociations de l’ACEUM devraient continuer en juillet

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Le représentant américain au Commerce Jamieson Greer s'adresse aux médias à l'extérieur de la Maison-Blanche, le 2 avril 2026. Photo AP/Mark Schiefelbein Le représentant américain au Commerce Jamieson Greer s'adresse aux médias à l'extérieur de la Maison-Blanche, le 2 avril 2026. Photo AP/Mark Schiefelbein (Mark Schiefelbein)

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce que les négociations sur l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique aboutissent avant le 1er juillet.

«Je pense que nous ne serons probablement pas en mesure de résoudre tous les problèmes d’ici le 1er juillet, a indiqué mardi M. Greer à l’Hudson Institute, à Washington. Mais je pense que nous sommes en bonne voie pour en résoudre un grand nombre et pour avancer aussi vite que possible.»

Il s’agit de la date limite à laquelle les États-Unis doivent notifier à leurs voisins leurs intentions concernant cet accord commercial trilatéral, connu sous le nom d’ACEUM.

L’examen de l’ACEUM offre trois options à chaque pays. Ils peuvent renouveler l’accord pour 16 années supplémentaires, s’en retirer ou signaler à la fois le non-renouvellement et le non-retrait – ce qui déclenche une révision annuelle pouvant prolonger les négociations jusqu’à une décennie.

L’ACEUM — qui a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain — a protégé le Canada et le Mexique des pires répercussions des droits de douane imposés par le président américain Donald Trump. Le droit de douane mondial de 10 % ne s’applique pas aux marchandises conformes à l’accord commercial.

Le Canada continue toutefois d’être durement touché par les droits de douane distincts imposés par Donald Trump à des secteurs tels que l’acier, l’aluminium, l’automobile, le bois d’œuvre et les armoires.

L’avenir de l’accord commercial continental est remis en question par les commentaires du président américain. Il a qualifié l’ACEUM d’inutile et a allégué qu’il avait peut-être fait son temps.

M. Greer avait précédemment évoqué l’idée d’abandonner l’accord commercial au profit de deux accords bilatéraux distincts.

Mardi, le représentant américain a révélé qu’un processus de consultation publique avait permis de recueillir les avis de nombreuses parties prenantes exprimant leur soutien à l’accord commercial, tandis que d’autres estimaient qu’il n’allait pas assez loin pour résoudre les problèmes soulevés par l’ALENA.

Selon M. Greer, l’administration américaine souhaite du changement. «Le président Trump a clairement indiqué qu’il n’était pas satisfait d’une grande partie des résultats de l’ACEUM», a-t-il affirmé.

M. Greer a indiqué que l’ACEUM avait stimulé la production automobile en Amérique du Nord, mais a souligné une augmentation des importations de véhicules en provenance du Mexique.

Lors des négociations précédentes, M. Greer a indiqué qu’il existait un «accord tacite» selon lequel il n’y aurait pas de quotas stricts pour l’acier et l’aluminium. M. Greer a déclaré que les États-Unis s’attendaient à ce que le Canada et le Mexique «s’en tiennent aux niveaux historiques d’exportations d’aluminium et d’acier», mais «ils ne les ont pas respectés».

Il a toutefois reconnu qu’il existe des «piliers porteurs» dans l’accord commercial nord-américain qui fonctionnent bien.

Le gouvernement américain a entamé ses négociations officielles avec le Mexique le mois dernier, mais les pourparlers officiels entre le Canada et les États-Unis n’ont pas encore débuté.

M. Greer, qui avait précédemment affirmé que les discussions avec le Canada prenaient du retard, n’a pas répondu mardi lorsqu’on lui a demandé quand les négociations avec Ottawa pourraient débuter.

Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, a affirmé que les discussions avec ses homologues américains avaient été productives depuis leur reprise le mois dernier.

Donald Trump avait rompu toutes les discussions avec le Canada en octobre après s’être indigné d’une publicité commanditée par l’Ontario, qui montrait l’ancien président Ronald Reagan critiquant les droits de douane.

Lors de son intervention à l’Hudson Institute, M. Greer n’a pas précisé quels étaient les points à l’ordre du jour des négociations, hormis le système canadien de gestion de l’offre laitière.

Un document annuel préparé par le bureau de M. Greer et publié la semaine dernière met en avant les réglementations provinciales sur l’alcool, la politique fédérale «Achetez canadien» et les retards dans la validation des avions au Canada comme sources supplémentaires de tensions commerciales.

Ottawa a fait des progrès avec ses homologues mexicains. M. LeBlanc a mené une importante mission commerciale au Mexique en février et une délégation commerciale mexicaine doit se rendre au Canada en mai.

Le ministre LeBlanc a soutenu la semaine dernière que les Mexicains étaient également favorables à un accord trilatéral.

«Nous avons également toujours dit que ces discussions comporteraient un volet bilatéral et un volet trilatéral», a-t-il ajouté.

— Avec la contribution de Catherine Morrison et Sarah Ritchie à Ottawa

Kelly Geraldine Malone

Kelly Geraldine Malone

Journaliste